L’énergie, l’industrie manufacturière et l’agrobusiness figurent parmi les principaux secteurs ciblés par la Société financière internationale (IFC) en Tunisie, où l’institution prévoit d’attirer au moins 300 millions de dollars d’investissements en 2026. Au-delà des financements, l’objectif est de renforcer la compétitivité des entreprises, de soutenir les exportations et de favoriser la création d’emplois à valeur ajoutée.
Dans un entretien accordé à La Presse de Tunisie, Ary Naïm, directeur de division de l’IFC pour l’Afrique du Nord et la Corne de l’Afrique, identifie plusieurs filières présentant des perspectives de développement, notamment les énergies renouvelables, le phosphate, l’agrobusiness, l’industrie manufacturière et la logistique.
L’énergie solaire occupe une place particulière dans cette stratégie. Selon Ary Naïm, le coût de l’électricité produite à partir du solaire représente aujourd’hui environ un tiers de celui de l’électricité produite à partir du gaz, un différentiel susceptible d’améliorer la compétitivité des entreprises tunisiennes.
L’IFC a déjà participé au financement du projet solaire de Kairouan, pour un montant total de 86 millions de dollars. Cette installation devrait permettre d’éviter l’émission de 108 000 tonnes de dioxyde de carbone par an. Trois autres projets solaires sont également en cours de développement, précise le responsable.
L’agrobusiness constitue un autre axe d’intervention. L’IFC a notamment accompagné des activités liées à l’huile d’olive, aux dattes et à la tomate, trois filières tunisiennes qui offrent encore des possibilités de développement. Son financement de 70 millions de dollars en faveur de Hicha vise à soutenir l’expansion de cette entreprise du secteur agroalimentaire, qui emploie des milliers de personnes dans la région de Gabès.
Dans l’industrie manufacturière, un financement de 60 millions de dollars en faveur de Marquardt Tunisie doit accompagner le développement des activités de l’entreprise et permettre la création de 1 000 à 1 500 emplois industriels qualifiés supplémentaires.
Ary Naïm souligne également le potentiel du secteur du phosphate, qui pourrait contribuer à renforcer les capacités exportatrices du pays et à améliorer sa balance des paiements.
La logistique représente, elle aussi, une opportunité encore insuffisamment exploitée. Grâce à sa position au carrefour des routes commerciales méditerranéennes, la Tunisie pourrait attirer davantage d’investissements dans les services portuaires et logistiques, tout en développant des emplois qualifiés.
Enfin, le soutien aux petites et moyennes entreprises reste essentiel. Selon le responsable, le système financier tunisien dispose de liquidités, mais des mécanismes de garantie supplémentaires seraient nécessaires pour faciliter l’accès des PME au financement.
Au total, l’IFC dispose d’environ 100 millions de dollars d’investissements en portefeuille actif en Tunisie, avec près de 300 millions de dollars supplémentaires dans son portefeuille prévisionnel pour l’année. Pour Ary Naïm, l’enjeu est de transformer ces perspectives en projets concrets, capables de générer des retombées économiques durables.



