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JMC – « Hor Al Insan » de Broua : La musique au-delà des frontières

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  • 11 octobre 2026
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JMC – « Hor Al Insan » de Broua : La musique au-delà des frontières

La scène du Théâtre des Régions de la Cité de la culture Chedli-Klibi, à Tunis, a accueilli, le 8 octobre, six artistes de nationalités et d’horizons culturels différents réunis autour de « Hor Al Insan », un concert placé sous le signe de l’humanisme. Porté par le groupe Broua, le spectacle fait dialoguer les expériences et les sensibilités musicales de ses membres pour tisser une œuvre collective autour de l’appartenance, de la liberté et de la nostalgie du pays natal.

La Presse — À travers des chansons mêlant dialecte tunisien et arabe classique, portées par des rythmes et des sonorités multiples, le groupe a proposé une expérience musicale où se rencontrent les ancrages locaux et les influences venues d’ailleurs. Une démarche inscrite dans un parcours artistique entamé en 2014, qui fait de la musique un espace d’expression des trajectoires personnelles et des préoccupations humaines partagées.  Broua réunit trois musiciens tunisiens : Wissem Ziadi, violoniste, chef d’orchestre, auteur-compositeur et porteur du projet, installé aux Pays-Bas, le oudiste Nabil Ben Rjeb et le guitariste Tarek Maaroufi.

À leurs côtés, le percussionniste syrien Madar Salama, le flûtiste français Frank Normand et le contrebassiste bosnien Jasmin Ljuti composent une formation où les différences culturelles nourrissent un même langage musical. Le nom du groupe est emprunté à un terme employé par les marins de Kélibia ( gouvernorat de Nabeul), pour désigner le fait d’aller tout droit. Une expression qui évoque autant l’élan que l’ouverture vers de nouveaux horizons.

La ville occupe également une place particulière dans l’univers du leader du groupe Wissem Ziadi, qui lui a consacré la chanson « Comme si tu étais à Kélibia » (traduis du tunisien), écrite aux Pays-Bas et interprétée au cours de cette soirée. Ce lien avec la ville du Cap Bon dépasse le nom du groupe et les références glissées dans ses chansons. Il se prolonge dans la relation tissée avec un public qui suit ses musiciens depuis leurs débuts.

Dans la salle, où les natifs de la région étaient nombreux, le concert a pris des allures de retrouvailles. Les regards complices et l’attention portée aux morceaux traduisaient une familiarité entre les artistes tunisiens de la formation et une partie de l’assistance.Dans des déclarations à l’agence TAP, plusieurs spectateurs ont d’ailleurs évoqué leur attachement au groupe et leur volonté de retrouver des musiciens qu’ils ont l’habitude de suivre sur les scènes locales.

Pour eux, l’évolution de Broua vers une formation réunissant des artistes de différentes nationalités n’a pas altéré l’esprit du projet ni la portée de ses textes, toujours tournés vers les préoccupations humaines. Certains ont également souligné la dimension militante de cette démarche, au-delà de la musique.

L’engagement de membres du groupe dans la protection de l’environnement et des espaces naturels de la région de Kélibia nourrit, à leurs yeux, un projet artistique qui ne se réduit pas à sa dimension commerciale, mais s’inscrit dans une réflexion plus large sur la responsabilité humaine et collective.

Au fil du concert, les chansons « Ton état est semblable au mien » et « Les proches » ont donné corps à cet univers où les sentiments intimes rejoignent des préoccupations universelles. Puis « L’Homme libre », dédiée au peuple palestinien et aux peuples opprimés à travers le monde, a porté sur scène un message de solidarité et de soutien aux luttes pour la liberté et la justice.

De l’exil à la nostalgie du pays natal, de la quête identitaire aux aspirations à la liberté, les textes de «Broua» puisent dans les expériences quotidiennes pour aborder des questions existentielles. Leur écriture, qui repose notamment sur le croisement de l’arabe classique et du dialecte tunisien, privilégie une expression accessible, sans renoncer à la profondeur des thèmes abordés. Une simplicité qui favorise la rencontre avec un public venu d’horizons divers, et auquel la musique offre un terrain commun.

Cette première participation de Broua aux JMC a également revêtu une dimension personnelle pour Wissem Ziadi car son père assistait pour la première fois à l’un de ses concerts. Un moment chargé d’émotion pour le musicien, après les nombreuses scènes investies par la formation dans différents pays, notamment en France, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, ainsi que sa participation à des festivals et manifestations artistiques en Tunisie, dont Sicca Jazz, au Kef. Broua a refermé cette parenthèse musicale avec « Mon amour », laissant au public des JMC le souvenir d’une soirée où la diversité des parcours et des sonorités a trouvé un point de rencontre dans une même aspiration humaniste. Une escale musicale parmi les propositions de cette 11e édition .

Meysem MARROUKI

(Avec TAP)

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Meysem MARROUKI

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