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Visa Schengen : vers des démarches simplifiées et davantage de visas à entrées multiples pour les Tunisiens ?

  • 11 octobre 2026
  • 7 min de lecture
Visa Schengen : vers des démarches simplifiées et davantage de visas à entrées multiples pour les Tunisiens ?

Le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) appelle les pays européens à accélérer la mise en place du visa Schengen numérique, à rétablir le recours aux visas à entrées multiples et à faciliter les déplacements internationaux. Ces mesures figurent parmi les huit priorités stratégiques présentées par l’organisation dans un rapport publié le 9 octobre 2026, à l’occasion de son 26e sommet mondial organisé à La Valette, à Malte.
Intitulé “Travel & Tourism in Europe: A Deep Dive Into Growth, Outlook and Policy”, le rapport préconise une série de mesures visant à renforcer l’attractivité, les investissements et la compétitivité du secteur touristique européen au cours de la prochaine décennie.
Selon le WTTC, les États de l’espace Schengen ont délivré 5,3 millions de visas à entrées multiples en 2025, soit 40 % de moins qu’en 2019. La part de ces visas dans l’ensemble des visas délivrés a également reculé, passant de 59 % à 51,7 % sur la même période.
Pour inverser cette tendance, l’organisation recommande d’accélérer la numérisation des visas Schengen, de favoriser à nouveau la délivrance de visas à entrées multiples et de créer un dispositif européen commun destiné aux voyageurs de confiance, reposant sur la reconnaissance réciproque de programmes existants, à l’image du système américain Global Entry.
Le WTTC préconise également de mettre en place un cadre opérationnel adapté à l’utilisation des données biométriques dans les aéroports européens.

Diversifier les marchés et renforcer les investissements

Au-delà des formalités de voyage, le rapport souligne la nécessité de diversifier les marchés émetteurs de touristes. En 2025, près des trois quarts des arrivées internationales en Europe, soit 74,3 %, provenaient d’autres pays européens.
Le WTTC estime que cette concentration limite le potentiel du continent sur les marchés lointains. Hors déplacements à l’intérieur de l’Europe, la balance des dépenses touristiques, excédentaire de 33,9 milliards de dollars, se transforme en un déficit d’environ 45 milliards de dollars, les Européens dépensant davantage lors de leurs voyages hors du continent que les visiteurs extra-européens n’y dépensent.
Les arrivées en provenance de la région Asie-Pacifique restent, par ailleurs, inférieures de 4,8 % à leur niveau de 2019. Les arrivées chinoises accusent un retard de 43,2 % par rapport à la période prépandémique, tandis que celles du Japon et de la Corée du Sud demeurent inférieures d’environ 30 %.
Pour attirer davantage de visiteurs issus de ces marchés, le WTTC recommande de renforcer les partenariats entre les secteurs public et privé, de stabiliser les budgets de promotion touristique et d’associer les campagnes de communication à un accès plus facile aux visas.
L’investissement constitue un autre axe majeur. Celui consacré au secteur du voyage et du tourisme en Europe a atteint 259 milliards de dollars en 2025, en hausse de 7,1 % sur un an, mais toujours inférieur de 3,6 % à son niveau de 2019. Ce montant reste également en deçà des investissements enregistrés en Asie-Pacifique, à 395 milliards de dollars, et en Amérique du Nord, à 273 milliards de dollars.
L’organisation appelle ainsi à reconnaître le tourisme comme un secteur stratégique dans le prochain cadre financier pluriannuel de l’Union européenne pour 2028-2034, tout en améliorant l’accès des petites et moyennes entreprises au financement et en garantissant une meilleure stabilité réglementaire.

Durabilité, emploi et intelligence artificielle

Le rapport accorde également une place importante à la durabilité. Le secteur touristique représentait 6,3 % des émissions de gaz à effet de serre de l’Europe en 2024, même si l’intensité de ses émissions a diminué de 14,8 % entre 2019 et 2024.
Le WTTC recommande notamment d’investir dans l’adaptation au changement climatique, la gestion de l’eau et des déchets ainsi que la protection de la nature. Il préconise également d’accélérer le recours aux carburants durables dans les transports aérien et maritime et d’améliorer l’accessibilité physique et numérique des destinations.
La gestion des flux touristiques figure parmi les autres priorités. Les arrivées internationales en Europe devraient atteindre 1,14 milliard en 2036, contre 757,3 millions en 2025. Face à cette progression attendue, le WTTC préconise une planification intégrant le logement, la mobilité et les services locaux, ainsi qu’une évolution des objectifs privilégiant la valeur économique des visites plutôt que leur seul volume.
Le développement des compétences et l’adoption de l’intelligence artificielle sont également mis en avant. Le tourisme représente un important secteur d’emploi pour les jeunes, qui occupent 13,1 % des emplois directs du secteur, contre 8,3 % dans l’ensemble de l’économie européenne.
Toutefois, les besoins en main-d’œuvre devraient dépasser l’offre dans plusieurs pays. D’ici à 2035, l’écart entre la demande et les effectifs disponibles pourrait atteindre 26 % en Allemagne et 27 % en Grèce, selon les projections citées par le WTTC.
L’organisation recommande de développer l’apprentissage, de faciliter la reconnaissance des compétences professionnelles et de soutenir l’adoption de l’intelligence artificielle, notamment par les petites et moyennes entreprises, au moyen de subventions, de formations et d’outils numériques partagés.
Enfin, le WTTC appelle à améliorer les connexions aériennes, ferroviaires, maritimes et routières, notamment vers les îles, les zones rurales et les régions périphériques, afin de faciliter les déplacements et de mieux répartir les retombées économiques du tourisme.

Une contribution de près de 3 000 milliards de dollars en 2025

Le secteur du voyage et du tourisme a contribué à hauteur de près de 3 000 milliards de dollars au produit intérieur brut (PIB) européen en 2025, soit 9,4 % de l’économie régionale. Il a soutenu 40,7 millions d’emplois, représentant environ un emploi sur dix.
Selon les estimations du WTTC, le secteur devrait enregistrer une croissance de 3,1 % en 2026, contre 1,1 % pour l’économie européenne dans son ensemble.
L’Europe demeure par ailleurs la première région touristique mondiale, avec 757,3 millions d’arrivées de touristes internationaux ayant passé au moins une nuit sur place en 2025, soit 49,1 % du total mondial. Les dépenses des visiteurs internationaux ont atteint 835 milliards de dollars, représentant 41 % du total mondial.
À l’horizon 2036, la contribution du tourisme au PIB européen devrait atteindre 3 800 milliards de dollars, sur la base d’une croissance annuelle moyenne de 2,2 %. Le secteur pourrait alors soutenir plus de 50 millions d’emplois, soit 8,3 millions de plus qu’en 2026.
Le WTTC estime que les stratégies touristiques nationales actuellement élaborées dans plusieurs pays européens, la future stratégie de l’Union européenne consacrée au tourisme et les négociations sur le cadre financier pluriannuel 2028-2034 offrent une occasion de renforcer la place du secteur dans les politiques économiques du continent.
Ces recommandations présentent également un intérêt pour les voyageurs tunisiens se rendant dans l’espace Schengen, notamment en matière de simplification des démarches de demande de visa et de délivrance de visas à entrées multiples. Si elles étaient suivies d’effets, les mesures préconisées par le WTTC pourraient faciliter certaines formalités pour les demandeurs remplissant les conditions requises. Elles ne constituent toutefois pas une décision européenne déjà adoptée et ne remettent pas en cause, à ce stade, l’obligation de visa applicable aux ressortissants tunisiens.

 

Auteur

R. I

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