Escalade au Moyen-Orient Nouvelles attaques houthies contre des aéroports et des sites énergétiques saoudiens
Le groupe yéménite houthi a déclaré hier qu’il avait mené quatre opérations avec des missiles et des drones contre des aéroports et des sites énergétiques en Arabie saoudite au cours des dernières 24 heures, alors que les hostilités transfrontalières continuent de s’intensifier.
La Presse — Une frappe aérienne saoudienne a touché hier dimanche l’aéroport international de Sanaa, dans la capitale yéménite tenue par les Houthis, alors que des opérations aériennes intensifiées ont pris pour cible des zones contrôlées par les Houthis à travers le pays, a rapporté la chaîne de télévision houthie Al-Massira.
Les Houthis ont renouvelé hier leurs mises en garde contre l’utilisation des aéroports saoudiens, au lendemain d’une attaque contre l’aéroport international de Riyad qui a fait 12 morts, appelant les compagnies aériennes, les employés des aéroports et les voyageurs à s’en tenir éloignés.
Le groupe soutenu par l’Iran a déclaré que les aéroports et l’espace aérien saoudiens demeuraient des cibles potentielles d’opérations militaires et a averti que le royaume porterait la responsabilité de toute interception qui échouerait.
Ces nouvelles menaces interviennent alors que l’Arabie saoudite a maintenu l’accueil d’un important congrès international de l’énergie à Riyad.
Le ministère saoudien de l’Énergie a annoncé que le 25e Congrès mondial de l’énergie (WPC Energy Congress), d’une durée de cinq jours, a débuté hier dimanche, avec la participation confirmée de plus de 70 ministres, 300 dirigeants d’entreprises et représentants de plus de 25 organisations internationales du secteur de l’énergie, selon la télévision d’État.
La réunion ministérielle de l’International Energy Forum aurait été tenue également hier, et sa séance plénière étant organisée à huis clos, selon un avis aux médias.
L’attaque de samedi, la troisième visant l’aéroport de Riyad en une semaine, a fait au moins 12 morts et 309 blessés, selon les autorités saoudiennes. Parmi les victimes figurent quatre Saoudiens, deux Bangladais ainsi que des ressortissants des États-Unis, de Jordanie, de Palestine, de Syrie, du Soudan et d’Égypte.
L’autorité saoudienne de l’aviation civile a déclaré que les opérations de l’aéroport avaient été temporairement suspendues dans l’attente d’une évaluation des dégâts et des conditions de sécurité, sans préciser quand les vols reprendraient. L’autorité avait annoncé, samedi, la mort de 12 personnes, dont un ressortissant syrien, et la blessure de 309 autres à la suite de l’attaque visant l’aéroport international du roi Khaled à Riyad. Cet incident a suscité de nombreuses condamnations à l’échelle internationale.
L’ambassade des États-Unis à Riyad a exhorté les citoyens américains à éviter l’aéroport et les zones environnantes. Elle a également précisé que les employés du gouvernement américain devaient obtenir une autorisation spéciale pour utiliser les aéroports de Riyad, Djeddah et Dammam.
Le président Donald Trump avait déclaré samedi que Washington envisageait de se joindre aux frappes saoudiennes contre les Houthis et qu’une décision serait prise rapidement après cette attaque meurtrière.
Large condamnation européenne
Les condamnations européennes de l’attaque visant l’aéroport international du roi Khaled à Riyad se sont poursuivies. La France, l’Autriche, l’Italie, la Grande-Bretagne, la Russie et la Hongrie ont exprimé leur solidarité avec le Royaume d’Arabie saoudite et leur rejet des attaques contre les civils et les infrastructures civiles.
La France a condamné l’attaque houthie réaffirmant sa pleine solidarité avec le Royaume d’Arabie saoudite et son soutien à ses efforts pour défendre son territoire et ses infrastructures.
Dans un communiqué publié hier dimanche et relayé par l’Agence France-Presse, AFP, le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères a déclaré que Paris a condamné l’odieuse attaque perpétrée par la milice houthie contre l’aéroport de Riyad, précisant qu’une ressortissante française avait été blessée lors de cette attaque. Le ministère a également affirmé que la France continuera de se tenir aux côtés de l’Arabie saoudite face aux agressions visant son territoire et ses infrastructures.
Dans une publication sur la plateforme X, le chancelier fédéral autrichien, Christian Stocker, a condamné avec la plus grande fermeté les attaques de la «milice houthie» contre l’Arabie saoudite. Il a affirmé que « cibler les infrastructures civiles est inacceptable et ne saurait être justifié ». Stocker a également réaffirmé « l’entière solidarité de l’Autriche avec l’Arabie saoudite et toutes les personnes touchées par ces attaques ».
De son côté, la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Beate Meinl-Reisinger, a condamné les attaques répétées visant les aéroports du Royaume d’Arabie saoudite et ayant coûté la vie à des civils. Elle a souligné que « les attaques indiscriminées contre les civils et les infrastructures civiles sont inacceptables sous quelque forme que ce soit ».
Pour sa part, la Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a condamné l’attaque et exprimé «la solidarité de son pays avec l’Arabie saoudite et les familles des victimes». Meloni a également appelé à « mettre fin aux attaques visant les civils et les infrastructures civiles, tout en poursuivant les efforts visant à réduire les tensions et à renforcer la stabilité dans la région ».
La Hongrie a, également, exprimé sa ferme condamnation des attaques de la « milice houthie » contre l’Arabie saoudite, affirmant que « le fait de prendre pour cible l’aviation civile et les infrastructures civiles est contraire aux principes du droit international ». La ministre hongroise des Affaires étrangères, Anita Orbán, a appelé à « la cessation immédiate des opérations militaires et à la reprise des négociations en vue de parvenir à une solution politique au conflit ». Elle a réaffirmé « la solidarité de son pays avec l’Arabie saoudite ainsi que son soutien aux efforts visant à protéger les civils et les infrastructures essentielles ».
Le ministre britannique de la Défense, Wes Streeting, a, de même, condamné hier l’attaque menée par les Houthis contre l’aéroport international du roi Khaled, dans la capitale saoudienne Riyad, la qualifiant d’« escalade dangereuse » et d’« acte ignoble ». Streeting a déclaré à la chaîne d’information Sky News: « Ce que nous avons observé la nuit dernière constitue une escalade dangereuse et reflète malheureusement une multiplication des attaques des Houthis visant des sites civils en Arabie saoudite. C’est un acte tout à fait ignoble ».
De son côté, la Russie a condamné l’attaque et appelé à « s’abstenir de cibler les infrastructures civiles et à trouver une solution de remplacement par des moyens politiques et diplomatiques, tout en garantissant les intérêts de tous les pays de cette région, sans exception ».
(Synthèse de médias)



