Le CA perd face à l’USBG à quelques jours du match contre TP Mazembé : L’effet de l’obstination…
Quand on vide son équipe titrée de son ossature défensive et qu’on insiste sur des choix discutables et sur des changements insensés, le résultat est fatal. N’est-ce pas Mehdi Miled et Maher Kanzari ?
La Presse — Après plus d’une année, le CA perd en championnat. Normal, ça arrive à tous les clubs du monde. Le problème n’est nullement ici. Le problème est ailleurs : la fragilité défensive et le manque de caractère des attaquants, et de tous les joueurs au fait, sont flagrants. Et pourtant, tout le monde a avisé Mehdi Miled au lendemain du titre gagné qu’il fallait ne pas répéter les mêmes erreurs de l’après-titre au CA. Il n’a rien entendu, il a continué son triste « one man show » au parc A : euphorie et entêtement, le premier responsable de l’équipe de football avait pensé que ce qui s’est passé la saison dernière peut se reproduire encore même en comptant sur des joueurs moyens à bon prix. L’état pitoyable, dans lequel se trouvait la défense clubiste à Ben Guerdene, était évident et prévisible. Quand on laisse partir tout l’axe défensif à commencer par Ali Youssef, et surtout le duo Ben Abda et Chrifi, duo solide et complémentaire, et quand on ne fait rien pour garder son latéral gauche, Shili, toute la défense allait être affectée. Pas seulement cela, le pivot Zemzmi est aussi parti, et le problème c’est que Mehdi Miled, obsédé par l’austérité financière et le raisonnement des années 80, n’a pas su remplacer tout ce beau monde. Soumis aux diktats d’un malicieux et opportuniste Faouzi Benzarti (en pleine harmonie avec son fils et agent en même temps), il a fait débarquer un Yassine Meriah terminé qui a donné ses derniers restes avec l’EST, blessure oblige. Aucun défenseur central valable recruté, et entretemps, Benzarti lui a collé des joueurs comme Harzi, Bouguerra, et à l’intersaison Chikhaoui, avant de fuir comme d’habitude. Dans l’urgence et sans moyens financiers, Miled a dû ramener Mahressi et Simpara, qui n’ont pas d’énormes qualités et qui ont besoin de temps. Un nouvel entraîneur en urgence est intronisé, Kanzari. Il ne semble pas trouver l’astuce en défense. Simpara et Abdelhak étaient avant-hier très faibles, aux erreurs interminables, tout comme Zaâlouni (encore dans le fantsame de son but au derby) et Ben Ali. Saydou Kahn, et Zaddem n’étaient pas aussi bien inspirés dans la couverture et à chaque fois que Chachia et ses équipiers jouaient en vertical, ils avaient des espaces pour percer et créer le danger. Le comportement défensif des Clubistes était très amorphe, trop pour un tenant en titre. En football, la défense a besoin de stabilité, les départs ont laissé du vide parce que les recrutements de Mehdi Miled étaient ratés.
Chamekh aussi a été léger et mou avec un problème majeur : ses réflexes lents sur les tirs croisés. Il est bon dans les airs, et aussi quand la balle est tirée au milieu des cages, mais depuis le mondial, il ne fait aucun effort pour se reprendre.
Maher Kanzari à côté de la plaque
On aurait parlé de la même manière sur la défense clubiste même si le CA avait gagné et concrétisé les quatre occasions faciles. Cette distraction défensive collective, on l’a vu à Bamako, mais ce jour-là, la chance a été du côté des Clubistes. Parlons de Maher Kanzari. L’entraîneur clubiste a-t-il pris tout ce temps-là pour présenter cette copie ? Deux mois et demi et aucune trace d’une solidité défensive. Les joueurs assument une grande part, c’est sûr, mais l’entraîneur clubiste, par son entêtement à répéter les mêmes choix, y est aussi pour beaucoup. Qu’il nous explique pourquoi il insiste sur Ammar Abdelhak, un jeune défenseur reconverti en axial et qui a beaucoup de lacunes, alors qu’il a Bouabid, plus expérimenté et aussi Rayen Zouabi, un jeune axial de qualité et prometteur qui n’a obtenu aucune chance. Le même Kanzari insiste sur Ben Ali et Zaâlouni qui se transforment en points faibles, alors que Houssam Romdhane et Ghassen Mahresi ne peuvent pas jouer pire. Face à l’USBG, Kanzari a fait sortir Mansri (incroyables ratages !), le seul attaquant de pointe ce jour-là, pour faire rentrer Mahmoud, en méforme et bloqué et le mettre sur le couloir gauche à la place d’un effacé Khadhraoui (un cas désespéré vraiment). Des changements qui ont déséquilibré l’approche offensive avec Kinzumbi qui se trouve avant-centre, et un milieu qui s’est perdu. Kanzari a ignoré Bouguerra et Ait Malek, qui restent deux solutions qui ne peuvent pas être pires que ceux qui jouent, et aussi Kanté, dont on parle beaucoup mais qui ne joue pas du tout. Depuis qu’il a succédé à Benzarti, Kanzari n’a pas donné l’image d’un entraîneur qui change l’équipe vers le meilleur et qui séduit son public.
C’est vrai qu’il n’a pas un effectif flamboyant, mais il est le maître à bord. C’est lui qui choisit, qui prépare les plans de jeu, l’animation, qui connaît les joueurs en forme et ceux en baisse de forme. Les mêmes erreurs défensives se répètent, l’équipe crée du jeu, oui, mais les joueurs sont perdus dans la finition. Kanzari ne vas pas rentrer pour marquer certainement, mais c’est lui qui doit corriger et essayer, au moins, de mettre les bons joueurs dans leurs postes et de lire les matches. Un accident de parcours peut-être, mais pour viser un bon parcours en Ligue des champions et en championnat, l’entraîneur clubiste a besoin de prendre du recul et de se poser beaucoup de questions. Pour Mehdi Miled et les dirigeants clubistes, vouloir tout sans rien donner et diriger une équipe comme dans les années 80 finira par se retourner contre eux. L’intersaison a été mal approchée, et pourtant, tout le monde les a avisés et conseillés. Mais que voulez-vous faire contre l’obstination ?



