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Prix Nobel de la paix 2026 : Les Arabes nobélisés

  • 12 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Prix Nobel de la paix 2026 : Les Arabes nobélisés

Pour une fois, le prix Nobel a été décerné à celui qui le mérite. Cette année, la prestigieuse distinction est allée à une personnalité qui a défrayé la chronique et agacé les suprémacistes et leurs acolytes aussi haut placés soient-ils. Le Comité du prix Nobel a bel et bien estimé que cette personnalité a été honorée cette année «pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international».Cela ne veut pas dire que les nobélisés antérieurement n’étaient pas à la hauteur. Tant s’en faut. Mais on pouvait avoir de grosses réserves.

La Presse — Navanethem Pillay, la Nobel de paix 2026, n’est pas une inconnue. Elle s’est distinguée par sa longue lutte pour la dignité humaine dans son pays d’origine, à savoir l’Afrique du Sud. Ensuite, son combat s’est étendu à l’échelle internationale en occupant pendant seize ans le poste de haut commissaire des Nations unies pour les droits de l’homme. 

Mais là où elle a été l’objet d’attaques et de polémiques malveillantes, c’est lors de son passage à la CPI (Cour pénale internationale) et particulièrement à la tête de la Commission d’enquête indépendante de l’ONU qui a reconnu que l’État sioniste avait commis un génocide à Gaza.

Bien sûr, cet État a vite fait de dégainer ce qu’il croit être son arme de destruction massive (l’antisémitisme !). Mais, malheureusement pour lui, cette argutie ne prend plus.

Curieuse coïncidence: N. Pillay a appris la nouvelle de sa distinction alors qu’elle assistait à un sommet sur le droit international au Tribunal de Nuremberg. Rappelons-nous que c’est dans ce tribunal que les criminels nazis ont été jugés pour leurs crimes. C’est d’ailleurs ce qui devrait attendre les criminels sionistes qui continuent de commettre des crimes pires que ceux commis par les nazis.

Lorsque les responsables sionistes s’en prennent à la nouvelle récipiendaire du prix Nobel de la paix, il n’y a pas de quoi s’étonner. 

Dans son communiqué, le Comité Nobel a bien fait de souligner «que la lauréate a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites judiciaires». C’est justement, ce que craignent les auteurs de telles atrocités à travers le monde et, particulièrement, contre le peuple palestinien.

Ceux qui s’opposent à l’attribution de ce prix ne méritent même pas qu’on parle d’eux parce qu’ils ne représentent qu’une minorité insignifiante.

Toutefois, l’enthousiasme suscité par la désignation de la Sud-Africaine est à tempérer, notamment si on revient quelques années auparavant. 

Car il y a un constat selon lequel ce prix n’est accordé à des originaires des pays du Sud qu’à des conditions trop rigides.

Il suffit, par exemple, de rappeler des noms comme le leader palestinien Yasser Arafat qui a obtenu ce prix en 1994 en même temps que l’Israélien Yithzak Rabin. Ce dernier a, d’ailleurs, été assassiné par un de ses compatriotes.

Pourquoi y a-t-il un Arabe ? Il faut rappeler qu’à cette époque on avait amorcé ce qu’on appelle un début de «processus de paix».

Attribuer une telle distinction à ce dirigeant arabe était un moyen d’encourager le développement d’une politique de «normalisation».

On peut dire la même chose pour le président égyptien Mohamed Anouar Sadate et l’autre israélien Menahem Begin qui ont tout deux reçu le prix Nobel de la paix en 1978.

C’est dans la même optique de reconnaissance de l’État sioniste.

Il reste néanmoins, le prix Nobel de littérature (celui-là) attribué à Naguib Mahfouz en 1988. C’est une autre histoire. Bien sûr, on n’a pas besoin de démontrer le génie de ce «Balzac arabe» ou encore le «Zola du Nil». Il mérite plus qu’un Nobel pour son œuvre gigantesque. Mais il y a lieu de mettre en relief la position de cet auteur face aux religieux intégristes et son soutien à la voie suivie par Sadate envers l’État sioniste. C’est aussi pour ces raisons qu’il a échappé à une tentative d’assassinat dont les auteurs étaient des extrémistes religieux. C’était en 1994.

Auteur

Amor CHRAIET

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