Moez Soussi, expert et professeur d’économie à l’Université de Carthage, a indiqué aujourd’hui mardi 13 octobre 2026, que les services de la dette extérieure reculeront de manière notable durant l’année prochaine.
Intervenant ce matin dur les ondes de Jawhara FM, Soussi a expliqué que durant les années passées, le remboursement de la dette a atteint jusqu’à 25 000 millions de dinars, alors qu’il est attendu qu’il recule à 17 000 millions de dinars durant l’année 2027.
Evoquant les grandes lignes du budget de 2027, Soussi a dit que ces lignes s’articulent autour du déficit budgétaire, de la limitation du recours à l’emprunt extérieur, de l’amélioration du recouvrement des recettes fiscales et non fiscales, de la rationalisation des dépenses et de l’orientation des besoins prioritaires tout en honorant les engagements de l’État, de la poursuite du soutien aux catégories à revenu limité et de l’amélioration de l’accès aux services de base parallèlement aux systèmes de la santé et de la sécurité sociale, aux côtés de la sécurité alimentaire, hydrique et énergétique, soulignant que ces choix ont besoin d’une grande marge de manœuvre.
Il est en effet à noter que cette baisse projetée du service de la dette s’inscrit dans un contexte de stabilisation relative des indicateurs financiers extérieurs du pays. Ceci dit, selon les dernières notes de conjoncture de la Banque centrale de Tunisie, les réserves de change ont maintenu un niveau de couverture supérieur à 110 jours d’importations, consolidées par la performance des recettes touristiques et le flux constant des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger.
Toutefois, les analystes de la commission des finances de l’Assemblée des représentants du peuple rappellent que cette accalmie sur le front du remboursement souverain reste conditionnée par la capacité de l’État à mobiliser ses ressources intérieures.
L’enjeu majeur de la loi de finances réside ainsi dans la transformation des recettes exceptionnelles en rentrées fiscales pérennes, à travers l’élargissement de l’assiette de l’impôt et la numérisation des circuits de recouvrement, afin de ne pas compromettre les enveloppes allouées aux investissements publics et à la compensation des produits de première nécessité.



