Investissements : Miser sur la technologie et le transfert de compétences
Au-delà des capitaux, les investissements suisses peuvent contribuer à moderniser l’industrie tunisienne, à améliorer l’efficacité énergétique et à développer des solutions pour la gestion de l’eau et l’agriculture. La préparation de projets viables et le transfert de compétences doivent être au cœur de cette coopération.
La Presse —L’attraction des investissements étrangers ne peut se limiter aux montants financiers mobilisés. Leur contribution au développement dépend aussi des technologies introduites, des emplois qualifiés créés, des compétences transférées et des débouchés ouverts aux entreprises locales.
La relation économique tuniso-suisse offre des possibilités dans plusieurs secteurs où les besoins de modernisation de l’économie tunisienne peuvent rencontrer le savoir-faire des entreprises suisses.
Réduire les coûts et moderniser les équipements
L’automatisation, la robotisation, la digitalisation des chaînes de production et le contrôle de qualité constituent des domaines de coopération possibles. Les entreprises tunisiennes pourraient bénéficier de partenariats leur permettant d’améliorer leur productivité, de réduire les pertes et de répondre aux exigences de clients internationaux.
La maintenance prédictive et l’utilisation des données industrielles peuvent également contribuer à limiter les arrêts de production et à mieux maîtriser les coûts.
Pour produire des effets durables, ces investissements devraient être accompagnés de programmes de formation destinés aux ingénieurs, aux techniciens et aux responsables de production.
La transition énergétique représente un autre domaine à explorer.
Les partenariats peuvent concerner l’efficacité énergétique des usines et des bâtiments, les systèmes intelligents de gestion de l’électricité, le stockage et les solutions destinées à mieux intégrer les énergies renouvelables.
L’intérêt économique est double: attirer des investissements et réduire les coûts énergétiques supportés par les entreprises tunisiennes. Les projets doivent, toutefois, être évalués sur la base de leurs coûts, de leurs besoins techniques et des économies attendues afin de garantir leur viabilité.
La gestion de l’eau constitue un enjeu majeur pour l’agriculture tunisienne. Les technologies d’irrigation intelligente, les capteurs, l’agriculture de précision et le traitement ou la réutilisation des eaux peuvent contribuer à une utilisation plus efficace des ressources.
Des partenariats entre entreprises technologiques, exploitations agricoles et organismes de recherche permettraient de tester des solutions adaptées aux conditions locales avant leur éventuelle généralisation.
La coopération pourrait également porter sur la formation des utilisateurs et la maintenance des équipements, deux éléments indispensables à la durabilité des projets.
Présenter des projets bien ficelés et mesurer les retombées
Pour attirer les investisseurs suisses, la Tunisie doit présenter des projets suffisamment préparés. Chaque dossier devrait préciser le coût de l’investissement, le foncier disponible, les besoins énergétiques, les compétences requises, les marchés visés, les risques et les perspectives de rentabilité.
Fipa-Tunisia et la TIA peuvent contribuer à l’accompagnement des investisseurs et à la facilitation des démarches relevant de leurs attributions.
Le «Focus Market», programmé le 27 janvier 2027 à Genève, pourrait servir à identifier des partenaires intéressés par des projets précis, plutôt qu’à se limiter à une présentation générale des opportunités tunisiennes.
La réussite d’un investissement devrait être évaluée à travers plusieurs indicateurs : emplois qualifiés créés, personnels formés, technologies transférées, exportations générées et entreprises locales intégrées aux chaînes d’approvisionnement. L’objectif est de construire une coopération dans laquelle les capitaux soutiennent aussi la montée en compétences et la transformation productive.
La question n’est donc pas seulement de savoir combien la Suisse peut investir en Tunisie, mais aussi quelles nouvelles capacités industrielles, technologiques et agricoles ces investissements peuvent permettre de développer durablement.



