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Smartphones, tablettes, écrans TV : Une véritable épidémie de myopie chez les enfants

  • 14 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Smartphones, tablettes, écrans TV : Une véritable épidémie de myopie chez les enfants

C’est l’habituel empressement des enfants qui se bousculent pour rejoindre leurs parents qui les attendent. Il est donc normal que l’on se fasse écraser les pieds avec un cartable à roulettes ou écorcher l’avant-bras avec un gros sac en bandoulière. Mais ce qui attire le plus l’attention, c’est le nombre d’élèves portant des… lunettes que compte cette école privée d’El Menzah V.

La Presse — La directrice à qui nous avions posé la question a répondu avec beaucoup d’assurance. «Effectivement, le nombre d’élèves qui portent des lunettes de vue augmente de manière régulière. Notre école existe depuis des décennies et cette augmentation est allée crescendo depuis au moins une dizaine d’années.  Je crois que c’est l’effet des portables, tablettes et autres matériels informatiques que les enfants commencent à utiliser à un âge très avancé».

Pour vérifier et appuyer cette conclusion, il fallait commencer par rendre visite à un occultiste de l’Ariana. D’ailleurs, sur la bretelle reliant l’Ariana à La Soukra, les boutiques de fabricants de  lunettes de vue se suivent. Si elles se multiplient, c’est qu’il y a du travail pour tout le monde.

Entrons au hasard chez l’un d’eux et posons-lui la question.

«En effet, le plus gros du travail ces derniers temps se fait à l’adresse des enfants. Les adultes, en raison du renchérissement des verres et des problèmes de remboursements par les caisses, retardent le changement ou l’acquisition de leurs lunettes de vue.

Pour les enfants, on dirait que c’est une pandémie.  Voir des parents d’enfants de trois à quatre ans commander des lunettes de vue n’est pas quelque chose d’habituel.

Les Smartphones, tablettes et autres mauvaises habitudes devant les postes télé y sont pour quelque chose ».

« Mettons nous d’accord. Ce qui suit est à titre purement indicatif. Le diagnostic et l’avis médical sont nécessaires. Il faut de ce fait consulter un professionnel», nous confie le Docteur A. G.

Une  analyse  a révélé que chaque heure quotidienne passée devant un écran augmente le risque de myopie de 5 %, et ce risque s’envole pour atteindre +97 % au-delà de 4 heures d’écran par jour.

Le problème ne vient pas directement de l’image de l’écran en elle-même, mais des comportements qu’elle entraîne.

La vision de près prolongée (tenir un Smartphone ou une tablette) oblige les muscles internes de l’œil à se contracter en permanence pour faire la mise au point (le mécanisme d’accommodation). Comme l’œil de l’enfant est en pleine croissance, cette pression constante pousse le globe oculaire à s’allonger excessivement, ce qui provoque la myopie (la vision de loin devient floue).

La fatigue visuelle numérique

Regarder un écran de trop près réduit drastiquement le réflexe de clignement des yeux, causant une sécheresse oculaire, des maux de tête et des flous visuels.

Comment protéger la vue des enfants ?

Les ophtalmologistes et pédiatres conseillent d’adopter des règles de prévention strictes. Comme par exemple les mamans qui, pour occuper leurs bébés, leur mettent entre les mains un portable. Alors qu’il ne faut jamais exposer les bébés aux Smartphones ou tablettes, car leur système visuel est en pleine formation.

D’une façon générale, il faudrait que l’appareil soit  tenu au minimum à la distance de l’avant-bras de l’enfant (environ 35 à 40 cm) et jamais dans le noir. Alors que les enfants adorent regarder (souvent en cachette) leur portable dans le noir ou dans la pénombre.

Que conclure?

Tout simplement que les conseils et recommandations des médecins, organisations civiles et autres parties prenantes qui multiplient les  interventions paraissent pour le moment vaines. Les enfants réussissent d’une manière ou d’une autre à contourner les ordres de leurs parents et les heures passées à jouer ou à regarder un programme se multiplient.

Rien n’y fait. Toute une éducation est donc à faire et ce n’est pas facile. La présence d’un aîné dans la famille fausse la donne dès le départ. Il n’en demeure pas moins qu’il ne faudrait pas baisser les bras et se rapprocher davantage des enfants pour expliquer et convaincre. La sanction est à éviter car elle pousse à la rébellion et aux épreuves de force.

Auteur

Kamel GHATTAS

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