Société

Dépression automnale : Le jour rétrécit, le bonheur aussi !

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  • 16 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Dépression automnale : Le jour rétrécit, le bonheur aussi !

L’automne arrive, après une saison chaude et tenace qui a duré plus de cinq mois d’affilée! Sa survenue n’a jamais été aussi escomptée, lui qui représente la fragilité de la nature, les feuilles mortes, la grisaille pesante ainsi que les intempéries capricieuses et imprévisibles.

Dans la culture occidentale comme orientale et arabo-musulmane, l’automne rime avec déclin et morosité, d’où d’ailleurs la reprise d’une dépression étroitement liée à cette saison-charnière entre la chaleur de l’été et le froid de l’hiver.

Le spleen ou la dépression automnale est vécu par une minorité de personne pour qui le changement de saison est difficile à vivre. Néanmoins, cette minorité se chiffre en milliers, voire en millions de personnes à travers le monde…

La Presse — En effet, si certaines personnes se trouvent en proie au spleen ou à la dépression automnale, cela est dû, entre autres, au facteur génétique. Selon le Dr Anas Laâouini, consultant en psychologie et en sexologie clinique, les personnes qui succombent à la dépression automnale y sont prédisposées.

Leur structure mentale censée les habiliter à s’acclimater au changement touche à sa limite. Outre le facteur génétique, ces personnes sont plus vulnérables que d’autres face aux changements climatiques et cycliques qui s’opèrent en automne. «D’abord, nous sommes face à une réduction des heures du jour et donc de la lumière.

La grisaille reprend souvent, ce qui atténue la présence du soleil dans notre quotidien. Or, plus le soleil s’éclipse, plus la sécrétion de la sérotonine chute; cette dernière étant l’hormone du bonheur. En outre, le jour raccourcit et le soir se rallonge, ce qui favorise la sécrétion précoce de la mélatonine, l’hormone du sommeil. Rien que ces deux changements, qui s’opèrent au niveau de la sécrétion de ces deux hormones, sont largement susceptibles de rendre certaines personnes moins épanouies, moroses et démotivées», explique le Dr Laâouini.

Perturbations chronologiques au détriment des loisirs

Ces mutations sont, également, à l’origine de grandes perturbations chronologiques, lesquelles réduisent les moments de loisirs dans un timing et dans des conditions météorologiques nettement moins avantageux. Le consultant en psychologie rappelle que le temps estival, et en dépit de la canicule et de certains désagréments, demeure propice aux activités : les veillées nocturnes, le farniente, les cérémonies et les heureux évènements ainsi que les  sorties, les baignades, la sieste.

Bref, autant d’activités qui contribuent au bonheur et donc à la sécrétion de la sérotonine. L’automne, en revanche, rime avec reprise du temps du labeur, d’une routine qui risque de déplaire à bon nombre de gens. «D’ailleurs, à défaut de temps libre et suite au rétrécissement des journées, les activités précitées diminuent et les plaisirs y relatifs aussi», renchérit-il.

Pour résister à cette énergie qui tire vers le bas, le spécialiste recommande de remédier aux défaillances responsables du spleen. Il suggère d’effectuer une marche à pied quotidienne, d’une trentaine de minutes au minimum, en plein air et surtout en plein soleil. L’idée étant de compenser la diminution des heures du jour et donc, de la réception des rayons de soleil.

«Dans certains pays occidentaux et nordiques, où le soleil se fait rare en automne et en hiver, l’on recours souvent à la luminothérapie pour traiter la dépression automnale et réduire son impact sur la psychologie. Avouons que cette technique est nettement meilleure que la prise de psychotropes», souligne le Dr Laâouini.

Hisser la sécrétion de l’endorphine

Par ailleurs, et dans le but de garder le tonus, il convient d’opter pour le sport. Une activité physique régulière favorise la sécrétion de l’endorphine, laquelle a pour fonction de lutter contre la fatigue. Le consultant en psychologie recommande, également, la prise de vitamine D et la lutte contre les perturbations du sommeil. «Mieux vaut fixer l’heure du coucher et veiller à dormir entre sept et huit heures d’affilée», note-t-il.

Ces recommandations sont adressées aux personnes qui passent par une période de spleen sans grande gravité. En revanche, dans le cas d’une tristesse profonde qui persiste et qui risque de devenir handicapante, le spécialiste incite à la consultation d’un psychothérapeute et d’un psychiatre.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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