Le coordinateur sous-régional pour l’Afrique du Nord du bureau de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et son représentant en Tunisie, Nabil Assaf, a indiqué vendredi, que « la Tunisie regorge de compétences humaines dans le domaine agricole, lui permettant d’accroître sa production et renforcer sa sécurité alimentaire, à condition d’optimiser ces ressources et de réunir les conditions adéquates pour les valoriser. »
Intervenant à l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation célébrée, le 16 octobre de chaque année, Assaf a souligné « l’importance de valoriser le capital humain dont dispose le pays dans le secteur agricole, et de créer un environnement favorable pour en faire un levier permettant d’améliorer la productivité et de réaliser une sécurité alimentaire durable. »
Il a exhorté à réfléchir à des modes de production plus efficients grâce à l’adoption des technologies modernes, au développement des méthodes de travail et à l’innovation.
Cela permettra d’améliorer la rentabilité des activités agricoles, de rationaliser l’exploitation des ressources et de renforcer la résilience du secteur face aux changements climatiques et aux divers chocs susceptibles d’impacter la production.
Assaf a, également, mis l’accent sur l’importance d’attirer les jeunes et de les intégrer dans le système agroalimentaire.
Selon lui, le secteur peut se transformer en un domaine prometteur pour la création d’emplois, le soutien à l’initiative privée et l’investissement, à condition de moderniser les mécanismes d’encadrement et de formation et de fournir un cadre incitatif à l’innovation et aux solutions innovatrices.
Dans ce contexte, il a appelé à mieux distinguer le rôle de l’agriculteur de celui de l’investisseur agricole, tout en œuvrant à renforcer leur complémentarité. Cela permettra d’une part de valoriser l’expérience des producteurs et leur connaissance, et d’autre part de mobiliser les besoins financiers, les moyens technologiques et organisationnels des investisseurs.
Il a indiqué que le développement du partenariat public-privé est à même de contribuer à impulser l’investissement agricole, améliorer la production et la commercialisation, développer les chaînes de valeur et à répondre aux exigences du marché en fournissant les produits locaux.
L’objectif, a-t-il dit, est de soutenir la durabilité de l’activité agricole et de renforcer sa contribution à l’économie nationale.
Il a estimé que la célébration de la Journée mondiale de l’alimentation constitue une occasion de renouveler l’engagement international en faveur de la lutte contre la faim et de mettre en lumière les défis croissants auxquels le monde est confronté pour garantir le droit à l’alimentation et assurer la sécurité alimentaire pour tous.
645 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde et les défis de la sécurité alimentaire s’accentuent
Le représentant de la FAO en Tunisie a indiqué que près de 645 millions de personnes dans le monde souffrent de la faim, selon les données des rapports internationaux sur la sécurité alimentaire pour l’année 2025, élaborés par la FAO en collaboration avec d’autres organisations de l’ONU.
Il a ajouté qu’environ 2,1 milliards de personnes dans le monde ont été confrontées à l’insécurité alimentaire. A cet égard, il a précisé que ces chiffres reflètent l’ampleur du fossé qui sépare encore la communauté internationale de la réalisation de l’objectif d’élimination de la faim et de l’accès à l’alimentation en tant que droit humain fondamental.
Selon Assaf, cette situation nécessite l’importance d’intensifier les efforts internationaux et de coordonner les politiques et les investissements visant à réduire la faim et la malnutrition, notamment, dans les pays qui enregistrent des conflits prolongés où les chaînes d’approvisionnement, de production et de distribution alimentaires subissent des perturbations continues, étant donné que cela aggrave la vulnérabilité des populations les plus exposées aux dangers.
Il a estimé que la garantie de la sécurité alimentaire ne se contente pas à fournir la nourriture en quantité suffisante, mais concerne également la continuité de la production, tout en tenant compte de sa qualité, sa salubrité et son accès équitable pour les différentes catégories sociales, dans un contexte de mutations climatiques, économiques et géopolitiques ayant un impact sur les marchés et les ressources naturelles.
Initiatives internationales pour soutenir la transformation agricole et alimentaire
Dans le cadre des efforts visant à relever les défis de la sécurité alimentaire, Assaf a rappelé l’Initiative » Main dans la main » de la FAO, qui vise à accélérer la transformation agricole, réduire la pauvreté, la faim et la malnutrition, en orientant les investissements vers les zones et les catégories les plus nécessiteuses, et en renforçant la coopération entre les gouvernements, les partenaires au développement et le secteur privé.
Cette approche repose sur une planification fondée sur les données, l’identification des opportunités d’investissement prometteuses et l’adéquation des ressources disponibles aux priorités de développement. Cela aide les pays à moderniser leurs secteurs agricoles et alimentaires et à améliorer les moyens des producteurs, notamment les petits agriculteurs.
Le représentant de la FAO a souligné que la lutte contre la faim et la concrétisation d’une sécurité alimentaire durable nécessitent de passer de solutions conjoncturelles à des politiques à long terme axées sur l’innovation, l’investissement et le partenariat.
Ces politiques doivent placer l’humain au cœur de la transformation agroalimentaire pour garantir une nourriture suffisante, saine et durable, et renforcer la capacité des pays à faire face aux crises et à assurer les besoins des générations actuelles et futures.
Les célébrations de la Journée mondiale de l’alimentation s’organisent cette année autour du thème « Innover aujourd’hui pour nourrir demain », ce qui montre le rôle primordial de l’innovation dans la transformation des filières agroalimentaires, l’amélioration de la productivité et la réponse aux pressions croissantes dues aux conflits, aux guerres et aux changements climatiques, ainsi qu’à la croissance démographique et à la hausse de la demande de l’alimentation.



