Pour un positionnement stratégique à l’international
Depuis quelques années déjà, les exportations d’huile d’olive tunisienne enchaînent les records, notamment en termes de volume. La nouvelle récolte devrait confirmer cette tendance. On parle même de performance exceptionnelle puisque, selon les différents indicateurs, la barre des 500 000 tonnes serait, de toute évidence, dépassée.
Ce résultat aurait été beaucoup plus intéressant et significatif s’il était accompagné d’une performance qualitative. Justement, les exportations de ce produit phare, malgré toutes les dispositions prises, n’arrivent toujours pas à gagner en valeur, ce qui explique des recettes de loin en deçà des attentes et qui ne reflètent guère le potentiel réel disponible.
Et c’est certainement la question de la transformation, du conditionnement et, aussi, du stockage qui continue de se poser. Les statistiques révèlent, en effet, que plus de 87% des exportations sont effectuées en vrac, ce qui, comme on l’a soulevé à plusieurs reprises, impacte significativement le prix de vente sur le marché international, porté exclusivement sur le conditionné.
Un manque à gagner, donc, désolant, surtout pour un pays en pleine reconstitution économique et financière et qui a besoin de consolider, régulièrement, ses ressources.
Il faut reconnaître, toutefois, que le manque de financement nécessaire a freiné, dans une large proportion, les programmes de transformation et de conditionnement, généralement très coûteux.
Une contrainte sérieuse qui a amené les décideurs à multiplier les dispositions pour aider les professionnels à présenter une offre de qualité et innovante sur le marché international.
L’engagement, en octobre 2025, du secteur bancaire à mobiliser des lignes de financement souples et conséquentes au profil de tous les intervenant du secteur, à les soutenir et à les accompagner dans toutes les étapes traduit cette nouvelle volonté de réinventer l’offre tunisienne.
En plus du secteur bancaire, nos décideurs multiplient, depuis quelque temps, les réflexions pour instaurer tout un système de financement fiable et durable au profit de cette filière stratégique. D’ailleurs, la tenue, hier, d’une journée d’information sur les mécanismes de financement de l’huile d’olive et des dattes devrait approfondir davantage cette question sensible.
Mieux encore, le nouveau projet de loi de finances pour l’année 2027 a introduit de multiples réformes et mécanismes de soutien financier majeurs dans la filière de l’huile d’olive. On parle, ainsi, de l’instauration, entre le 1er janvier 2027 et le 31 décembre 2030, d’une nouvelle ligne de financement de 100 millions de dinars au profit des petits exploitants et les sociétés coopératives de services agricoles. Il est également question de la création du «compte de la filière de l’huile d’olive» qui aurait pour mission essentielle, comme le souligne le PLF 2027, de « moderniser durablement le secteur et de garantir un meilleur niveau de promotion à l’export ».
Autant de dispositions importantes qui ne manqueront pas, en cas de bonne application, d’assurer à l’offre tunisienne un nouveau positionnement stratégique à l’international.



