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Loi de finances 2027 : La justice sociale au cœur de l’équilibre économique

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  • 18 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Loi de finances 2027 : La justice sociale au cœur de l’équilibre économique

Réuni mardi au Palais de Carthage, le Conseil des ministres a planché sur la situation générale du pays et sur le projet de loi de finances 2027. Le Président Kaïs Saïed y a placé la justice sociale au cœur de l’équilibre économique, en défendant l’allègement de la pression fiscale et en réclamant des résultats concrets.

La Presse — D’emblée, il faut dire que la justice sociale est omniprésente dans le discours du Président de la République. Elle constitue le socle de sa politique depuis son accession à la magistrature suprême. C’est surtout au niveau des projets de loi de finances que cette orientation prend le plus clairement forme. L’équilibre économique est, de ce fait, une tâche ardue à laquelle le gouvernement est appelé à s’atteler avec rigueur et responsabilité.

Il s’agit en effet de concilier l’allègement de la pression fiscale et le renforcement de la protection sociale avec la maîtrise du déficit public et de l’endettement. Cet arbitrage exige une gestion rationnelle des ressources et une répartition plus équitable de l’effort entre les citoyens, les régions et les secteurs. C’est à ce prix que le climat de stabilité sociale, que le Chef de l’État juge indispensable à l’investissement, pourra être préservé, et que les attentes des Tunisiens se traduiront enfin en résultats concrets dans leur quotidien.

Lors de cette réunion, le Chef de l’État a affirmé que l’investissement ne peut porter ses fruits que dans un climat de stabilité sociale fondé sur la justice et l’équité. La satisfaction des besoins des citoyens, dans tous les domaines et toutes les régions, demeurera, a-t-il ajouté, « une priorité absolue ».

Pas d’investissement sans stabilité, pas de stabilité sans équité

L’investissement a surtout besoin de stabilité. Un investisseur, local ou étranger, engage des capitaux sur le long terme. Or un climat marqué par les grèves, les blocages et les tensions sociales augmente le risque, renchérit le coût du capital et pousse à différer l’exécution des projets. Le message est clair. Sans paix sociale, pas d’investissement durable, une règle que confirment d’ailleurs de nombreuses expériences.

Mais cette stabilité doit être fondée sur la justice et l’équité. C’est un point crucial, car une paix sociale durable naît du sentiment que l’effort et les richesses sont partagés de manière équitable. Ce n’est que lorsque les citoyens estiment être traités avec équité qu’ils adhèrent davantage aux réformes et acceptent mieux les arbitrages difficiles. La justice sociale devient ainsi une condition sine qua non de la croissance.

Il est à rappeler toutefois qu’en Tunisie, les déséquilibres entre le littoral et l’intérieur ont depuis longtemps nourri le sentiment d’exclusion. À ce titre, le Plan de développement 2026-2030, présenté par le ministère de l’Économie et de la Planification, vise à corriger les écarts historiques entre les régions intérieures et le littoral, appuyé en cela par le nouveau découpage territorial.

Allègement fiscal : un débat ouvert

Évoquant le projet de loi de finances, le Président Saïed a mis en avant l’orientation de ce texte aussi vers l’allègement de la pression fiscale. Il a estimé qu’une divergence de vues autour de sa teneur est « un fait normal », pourvu qu’elle ne lèse pas les intérêts de la patrie et ne porte pas atteinte au droit des citoyens à une vie digne.

Et pour parler de divergence, le député indépendant à l’Assemblée des représentants du peuple Halim Boussema s’est exprimé dans la Tribune libre de notre journal La Presse, le 14 octobre 2026, en soulignant : « Pour 2027, la Tunisie n’a pas besoin d’une loi de finances qui cherche de nouvelles recettes par la voie la plus facile, en augmentant les impôts supportés par les salariés et les entreprises en règle, ou en multipliant les taxes qui renchérissent les coûts de production et réduisent davantage le pouvoir d’achat. Elle a besoin d’un texte qui élargisse l’assiette fiscale, intègre l’activité informelle, allège la charge pesant sur le travail et l’investissement et oriente les ressources publiques vers la création de richesses et d’emplois. »

Reste à savoir comment concilier cet allègement avec les besoins de financement de l’État, sans alourdir la charge des contribuables déjà en règle. Il est évident qu’alléger la pression fiscale redonne du pouvoir d’achat aux ménages et de l’oxygène aux entreprises, ce qui est susceptible de stimuler à la fois la consommation et l’investissement.

Le Chef de l’État a également rappelé que les citoyens ne sont pas de « simples chiffres », mais des êtres humains dotés de droits naturels. À ses yeux, chaque responsable en poste a le devoir de veiller scrupuleusement à ce que ces droits se concrétisent dans la réalité. Il lui revient de lever les obstacles qui les entravent, en gardant à l’esprit les sacrifices des martyrs et les aspirations du peuple tunisien.

En définitive, justice sociale, stabilité et investissement durable sont intrinsèquement liés. Mais l’épreuve des chiffres reste à venir. Le Président a d’ailleurs averti que le peuple tunisien attend des réalisations concrètes, à la hauteur de ses attentes, et il a mis en garde ceux qui croient, en secret ou au grand jour, pouvoir faire chanter l’État ou entraver son fonctionnement.

Samir DRIDI

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Samir DRIDI

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