France – Mobilisation contre la «vie chère» : 855 interpellations à Paris, décès d’un manifestant
Certains des organisateurs ont annoncé souhaiter «élargir le cadre de mobilisation de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre, et d’en faire un point d’appui d’un mouvement social unitaire capable de contraindre le gouvernement».
La Presse — Un manifestant est décédé à la suite d’un arrêt cardiorespiratoire samedi à Paris lors des manifestations contre la vie chère, pendant lesquelles 855 interpellations ont été effectuées, ce qui représente un «chiffre record», a déclaré hier la préfecture de police.
Quelque 800.000 personnes ont participé aux actions et défilés partout en France samedi contre la «vie chère», selon un bilan actualisé diffusé par plusieurs organisations associées à cette mobilisation nationale. La CGT avait diffusé une première estimation de 500.000 participants à 17h00, mais a annoncé en soirée s’aligner désormais sur le chiffre de 800.000 participants retenu par les organisations de jeunesse, dont l’Union étudiante, et un site de Gilets jaunes après les «remontées de plusieurs grandes villes, notamment Montpellier, Strasbourg, Lille, Bordeaux, Nantes et Marseille».
De son côté, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a fait état d’environ 550.000 manifestants en France, dont 110.000 à Paris, et d’environ 400 personnes interpellées, «en majorité des majeurs», en pointant la responsabilité de «casseurs» issus de «l’ultragauche» dans les actions violentes.
Dans un communiqué distinct, certains des organisateurs ont annoncé souhaiter «élargir le cadre de mobilisation de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre, et d’en faire un point d’appui d’un mouvement social unitaire capable de contraindre le gouvernement».
De Paris à Marseille, la journée de mobilisation contre la «vie chère» a réuni des centaines de milliers de personnes samedi, à six mois de la présidentielle. Mais elle s’est accompagnée d’affrontements et de scènes de chaos d’une intensité rare, des «casseurs» se livrant jusque dans la soirée à des pillages et dégradations vivement condamnés par le gouvernement.
Treize policiers et gendarmes et deux sapeurs-pompiers ont été blessés, a ajouté la préfecture de police qui a fait état de «groupes violents, caractérisés par leur volume inhabituel (500 à plus de 1.000)». Le bilan des dégradations et pillages de commerces est en cours mais «l’ampleur des dégâts constatée est significative», poursuit-elle.
La première adjointe au maire socialiste de Paris, Lamia El Aaraje, a évoqué hier «un niveau de violence que nous n’avons, je crois, jamais vu» à Paris. Elle a également déploré «un manque de moyens» policiers pour mettre un terme aux scènes de pillages constatées samedi jusque dans la nuit dans de nombreux secteurs de la capitale.
Il n’est «pas acceptable de voir à l’image des gens saccager des commerces et s’en prendre physiquement» à des bâtiments, a ajouté le bras droit d’Emmanuel Grégoire.
Le cortège principal a rassemblé 110.000 personnes dans la capitale, qui ont défilé sans incident majeur, tandis que plusieurs groupes violents, notamment d’ultragauche, ont multiplié les tentatives de blocages, les cortèges sauvages dans le centre de Paris et des pillages», a-t-elle poursuivi. Le maire de Paris, Emmanuel Grégoire, a condamné «avec la plus grande fermeté» des violences «inacceptables».
«Nous avons une ville dans une situation de délabrement total», a déploré hier matin sur franceinfo la première adjointe chargée de la sécurité, Lamia El Araaje. «Nous avons assisté à des scènes de pillage méthodiques qui n’ont rien à voir avec les revendications sociales.» «A l’évidence, les forces de l’ordre ont été débordées (…) Il y a eu clairement un manque de moyens», a-t-elle ajouté.
Emmanuel Grégoire, ainsi que Benoît Payan et Grégory Doucet, les maires de Marseille et Lyon où des violences ont également été commises, ont demandé à être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu.
(Synthèse de médias)



