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Prise en charge des séniors : De l’usure psycho-physique à la culpabilisation

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  • 19 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Prise en charge des séniors : De l’usure psycho-physique à la culpabilisation

Le placement des personnes âgées dans des maisons de retraite est toujours considéré comme un abandon, voire un signe d’ingratitude et d’égocentrisme inadmissibles. Ceux qui optent pour cette solution sont souvent stigmatisés par la société.

C’est que notre culture sacralise les relations familiales, surtout celles qui lient les enfants à leurs parents et à leurs aïeuls. Se délester de cette responsabilité fragilise cette union et remet en cause les principes qui la fondent. Pourtant, dans bien des cas, ce placement se révèle être l’unique possibilité face à une réelle impasse !

C’est que la prise en charge d’un sénior risque, dans certains cas, de rimer avec difficultés. En proie à l’épuisement psychique, physique et matériel, la famille est souvent au bout du rouleau et devient incapable de mener sa vie normalement et encore moins d’honorer ses engagements à l’égard de la personne âgée en question.

La Presse — D’emblée, il y a lieu d’admettre que la prise en charge des séniors coûte cher. Le panier des soins comportant les traitements médicamenteux et paramédicaux indispensables au quotidien des séniors atteints de maladies chroniques et/ou en déficit d’autonomie nécessite un budget imposant.

«Ces moyens manquent à moult familles. Parfois, les dépenses sont assumées par une seule personne, soit le fils ou la fille, ce qui est grandement contraignant», indique Dr Olfa Brigui Blouza, gériatre, à La Presse. Etant en contact permanent avec ses patients et leurs familles, la spécialiste reconnaît les difficultés qui se présentent à eux dont l’absence de personnel qualifié pour donner un coup de main…

«Les honoraires des aides-malades sont inaccessibles pour la classe moyenne. Les familles ayant un sénior alité ou sénile dépensent assez d’argent pour payer les médecins, les infirmiers, l’acquisition des médicaments, etc. Compter sur un aide-malade s’avère utopique pour certaines familles. Financièrement parlant, note la gériatre, la gestion de la situation n’a rien d’aisé».

Endurance, résilience, disponibilité

Aux difficultés matérielles, qui pèsent déjà lourd sur le budget des familles, s’ajoutent les contraintes de la vie moderne. Les adultes d’aujourd’hui sont en proie aux angoisses les plus impensables ; un état d’esprit à la limite du psychogène les hante en permanence. Du coup, la prise en charge d’un sénior enfonce le clou en raison de l’endurance et de la résilience qu’elle exige.

Nul ne doute des répercussions psychologiques et autres, physiques d’une telle épreuve. Dr Brigui Blouza parle d’une condition élémentaire à la prise en charge des séniors qu’est la disponibilité des ressources humaines notamment celle physique et mentale.

Cette disponibilité risque de faire défaut chez certaines familles. Cependant, elle est garantie infailliblement dans les maisons de retraite. «Généralement, les familles se débrouillent, un tant soit peu, pour ne pas enfreindre à cette logique. L’idée du placement du senior dans une maison de retraite est écartée dans la majorité des cas en raison de ses connotations sociales péjoratives.

Or, poursuit la gériatre, elle pourrait être la solution la mieux indiquée pour le bien de la famille et du sénior. Il est plus convenable de placer le sénior dépendant dans un établissement conçu pour prendre soin de lui que de le livrer à son propre sort, à défaut de disponibilité ou de moyens».

Et d’ajouter que les établissements de protection et de prise en charge des séniors relevant tant du secteur public que de celui privé, garantissent des prestations de qualité en faveur de cette tranche d’âge. Même les activités de loisir sont au programme. «Le recours à la maison de retraite comme solution ultime doit être adopté dans le cas où la famille endurerait l’épuisement physique et mental mais aussi en l’absence d’un appui familial.

La place d’un sénior est dans son cocon familial, certes.  Toutefois, la prise en charge doit être répartie entre plusieurs membres de la famille. Il faut que ces personnes aient la possibilité de marquer une pause salvatrice, de temps à autre, pour ne pas succomber à l’épuisement psycho-physique. En un mot : l’entraide est de mise», recommande-t-elle.

La gériatre appelle à déculpabiliser les personnes qui recourent au placement de leurs proches dans des maisons de retraite; une décision prise souvent dans la nécessité absolue et non sans déchirement…

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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