Vieillir chez soi dans la dignité
Les garderies et les jardins d’enfants se multiplient pour répondre aux besoins des parents qui travaillent. Paradoxalement, le nombre d’auxiliaires de vie pour personnes âgées ne suit pas la progression de cette population. Le vieillissement de la société est pourtant une réalité statistique majeure, sans que des mesures anticipatives aient été prises pour les centres d’hébergement ni pour la formation d’un personnel adapté, alertent les socio-démographes.
Les chiffres de l’Institut national de la statistique (INS) révèlent un basculement démographique profond, marqué par l’allongement de l’espérance de vie et une chute historique de la natalité. Parallèlement, la maladie d’Alzheimer touche plus de 100.000 Tunisiens, soit près de 4,7 % des plus de 60 ans, selon la présidente de l’Association tunisienne de lutte contre l’Alzheimer. Comme elle exige une présence continue auprès du malade, le recours aux auxiliaires de vie devient inéluctable.
Face à ces défis, renforcer les effectifs de gériatres est devenu une priorité. Or ils restent largement insuffisants pour faire face à un vieillissement démographique accéléré, d’autant que la gériatrie n’a été officiellement reconnue comme spécialité médicale à part entière qu’en août 2025 par le ministère de la Santé.
Le même constat vaut pour les auxiliaires de vie : la formation existe et reste accessible, mais les professionnels formés demeurent trop peu nombreux face à la demande croissante.
Pour autant, de plus en plus de personnes âgées refusent de quitter leur foyer. Elles s’y sentent à l’aise et y retrouvent leurs souvenirs. Le maintien à domicile s’impose alors comme la solution, et les structures d’aide à la personne doivent, par conséquent, se multiplier pour y répondre. Mais si les familles aisées peuvent recourir à leurs services, ces institutions restent difficiles, voire impossibles, d’accès pour la majorité, en raison d’honoraires élevés.
Plusieurs pistes méritent donc d’être explorées, notamment une aide financière aux familles, davantage de places dans les formations publiques, une revalorisation du métier d’auxiliaire de vie pour le rendre plus attractif et une formation des proches aidants. Vieillir chez soi ne doit pas rester un privilège.



