Afrique News
Notation de crédit
L’Afrique lance sa propre agence
La Presse — L’Afrique a officiellement lancé sa propre agence de notation de crédit, marquant une étape importante dans les efforts visant à améliorer l’évaluation des économies africaines, à répondre aux préoccupations de longue date concernant les coûts d’emprunt élevés et à attirer davantage d’investissements pour le développement.
L’agence est une institution indépendante portée par le secteur privé et créée pour apporter des données, des connaissances et des perspectives supplémentaires à l’évaluation des économies africaines. Elle complétera les agences de notation internationales existantes plutôt que de les remplacer.
Le lancement fait suite à des années de travail de l’Union africaine et du Mécanisme africain d’évaluation par les pairs (Maep), avec le soutien de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), d’institutions financières africaines et d’autres partenaires.
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a qualifié ce lancement d’étape majeure pour le développement économique du continent, tout en soulignant que l’agence doit préserver son indépendance pour gagner la confiance des investisseurs et des marchés financiers.
Il a également indiqué que l’Afcra ne suffirait pas, à elle seule, à réduire de manière significative le coût du capital pour l’Afrique, soulignant la nécessité de réformes plus larges pour relever les défis de financement du continent.
Pour les pays africains, les enjeux sont considérables. Les notations de crédit influencent les coûts d’emprunt, la confiance des investisseurs et l’accès aux marchés des capitaux.
Lorsque la perception du risque ne reflète pas adéquatement les réalités économiques, les gouvernements peuvent être confrontés à des coûts de financement plus élevés, réduisant ainsi les ressources disponibles pour les infrastructures, la santé, l’éducation et d’autres priorités de développement.
La création de cette agence s’inscrit dans le cadre des efforts plus larges du continent visant à réformer l’architecture financière mondiale, à mobiliser des capitaux nationaux et internationaux et à améliorer l’accès à des financements pour le développement durable.
L’île Maurice a été choisie pour accueillir le siège de l’Afcra.
Industrie pharmaceutique
En quête de souveraineté sanitaire
L’Afrique importe entre 70 et 80 % des médicaments qu’elle consomme et 95 % des principes actifs nécessaires à leur fabrication. Cette dépendance expose les systèmes de santé africains aux crises mondiales et souligne les limites des capacités de production locales.
Lancé en 2005 par l’Union africaine, le Plan de fabrication pharmaceutique pour l’Afrique (Pmpa) ambitionne de développer une industrie continentale capable de répondre aux besoins des populations. Vingt ans plus tard, près de 36 pays d’Afrique subsaharienne ne disposent toujours pratiquement d’aucune capacité de fabrication de médicaments.
Hydrogène vert
5,7 millions de dollars pour le projet « Ornx » au Maroc
Les États-Unis renforcent leur engagement dans le développement des énergies propres au Maroc. L’Agence américaine pour le commerce et le développement (Ustda) a accordé une subvention de 5,7 millions de dollars au consortium « Ornx » Green Hydrogen afin de financer les études d’ingénierie du futur complexe d’ammoniac vert de Laâyoune.
Cette subvention permettra de financer les études techniques préalables au développement du projet, notamment les phases Pre-Feed et Feed (Front-End Engineering Design), indispensables avant le lancement de la phase de construction. À terme, le complexe de Laâyoune devrait produire près de 560.000 tonnes d’ammoniac vert par an grâce à de l’hydrogène issu d’électricité renouvelable.
Les installations comprendront plus de 2 GW de capacités éoliennes et solaires, environ 900 MW d’électrolyseurs, des systèmes de stockage par batteries ainsi qu’une unité de dessalement d’eau de mer. Il s’agit d’un premier financement accordé par une agence fédérale américaine à un projet d’énergie verte situé dans les provinces du sud.
Ce soutien intervient alors que le Maroc accélère le déploiement de sa stratégie nationale pour l’hydrogène vert, avec l’ambition de s’imposer comme un futur hub régional de production et d’exportation d’ammoniac et d’hydrogène bas carbone à destination des marchés internationaux.



