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6G : la Tunisie prévoit d’achever ses études sur les fréquences en janvier 2027

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  • 23 octobre 2026
  • 5 min de lecture
6G : la Tunisie prévoit d’achever ses études sur les fréquences en janvier 2027

La Tunisie poursuit ses préparatifs en vue des futurs réseaux mobiles de sixième génération (6G), avec des études sur la réorganisation et la réattribution des bandes de fréquences dont l’échéance est fixée à janvier 2027. En parallèle, l’Agence nationale des fréquences (ANF) mise sur le partage des infrastructures, la réduction des coûts et les communications satellitaires pour accompagner l’évolution des télécommunications et étendre la couverture aux zones les moins bien desservies.

Cette échéance concerne la préparation des fréquences aux besoins de la 6G et ne correspond pas à une date annoncée pour le lancement commercial de cette technologie en Tunisie.

L’information a été mise en avant par l’ANF dans un communiqué consacré à sa participation à la deuxième journée du sommet régional 6G MENA Summit 2026, organisée le 20 octobre. L’Agence était représentée par Rahma Gharsallaoui, ingénieure générale et cheffe de la division de planification et de coordination des fréquences. Cette rencontre a porté sur les perspectives des télécommunications et les défis liés au développement des réseaux de sixième génération au Moyen-Orient et en Afrique du Nord.

Des études pour anticiper les besoins de la 6G

Au cœur des préparatifs figure la réorganisation et la réattribution des bandes de fréquences radioélectriques, une étape nécessaire pour adapter les ressources disponibles aux évolutions technologiques et aux besoins des prochaines générations de réseaux mobiles.

Selon le communiqué officiel de l’ANF, des études ont été menées dans cette perspective, avec une échéance fixée à janvier 2027. L’objectif est d’anticiper les besoins liés à la 6G en matière de spectre radioélectrique, tout en tenant compte des impératifs économiques et de l’extension de la couverture des réseaux.

Cette préparation s’inscrit dans un contexte d’évolution progressive des infrastructures tunisiennes. En Tunisie, les trois opérateurs (Tunisie Telecom, Ooredoo Tunisie et Orange Tunisie ) ont lancé commercialement leurs réseaux 5G en février 2025. Les travaux actuellement évoqués par l’ANF portent donc sur l’anticipation des besoins futurs, et non sur un déploiement commercial imminent de la 6G.

À l’échelle internationale, il est à rappeler que l’Union internationale des télécommunications (UIT) prévoit l’achèvement, d’ici à 2030, de la définition des normes techniques de la 6G, désignée sous l’appellation IMT-2030. Le sommet d’Abou Dhabi a également abordé l’intégration de l’intelligence artificielle dans les réseaux mobiles, l’utilisation de la bande des 6 GHz et la coordination internationale des fréquences en prévision de la Conférence mondiale des radiocommunications de 2027.

Le partage des infrastructures atteint près de 50 %

Au-delà de la planification des fréquences, l’ANF souligne que la préparation des réseaux futurs passe aussi par une meilleure utilisation des infrastructures existantes et par la maîtrise des coûts supportés par les opérateurs.

Lors de son intervention au sommet, Rahma Gharsallaoui a rappelé que l’accès universel aux services de télécommunications ne dépend pas uniquement de la disponibilité du spectre radioélectrique. Il nécessite également de réduire le coût d’utilisation des fréquences, d’étendre la couverture et d’encourager le partage des sites radioélectriques entre les opérateurs mobiles.

Sur ce dernier volet, les résultats enregistrés ces dernières années témoignent d’une progression importante. Le taux de partage des sites radioélectriques est passé de 15 % en 2019 à près de 50 % en 2025, selon les données communiquées par l’ANF.

Pour soutenir cette dynamique, une réduction de 50 % des redevances applicables aux stations radioélectriques installées sur des sites partagés a été mise en place. Cette mesure vise à inciter les opérateurs à mutualiser davantage leurs infrastructures, à améliorer leur efficacité économique et à limiter les investissements nécessaires au développement des réseaux.

L’Agence étudie également les modèles économiques des sociétés spécialisées dans la gestion des tours de télécommunications, communément appelées tower companies. Ces entreprises peuvent permettre de mutualiser la gestion de certaines infrastructures et d’optimiser leur utilisation par les opérateurs.

Le satellite pour étendre la couverture aux zones mal desservies

La stratégie présentée par l’ANF accorde également une place aux communications par satellite. L’Agence a évoqué la révision des redevances applicables aux services spatiaux, compte tenu du rôle de ces technologies dans l’extension de la couverture aux zones les moins connectées.

L’enjeu est notamment de mieux desservir les zones rurales et périphériques, où le déploiement des infrastructures terrestres peut se révéler plus difficile, et de réduire les inégalités d’accès aux services numériques.

Dans son communiqué, l’ANF inscrit ces mesures dans une démarche plus large visant à accompagner les évolutions technologiques, à renforcer la coopération régionale et internationale en matière de gestion du spectre radioélectrique et à améliorer la qualité des services de télécommunications.

La préparation de la 6G apparaît ainsi comme un chantier de planification à long terme, qui associe anticipation des besoins en fréquences, optimisation des infrastructures et extension de la couverture. Si l’échéance de janvier 2027 marque une étape dans les études préparatoires, le déploiement commercial de cette nouvelle génération de réseaux reste distinct de ce calendrier.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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