Campagne oléicole 2026-2027 : 150 millions de dinars pour soutenir les achats d’huile d’olive
Le gouvernement tunisien a décidé de soutenir l’Office national de l’huile (ONH) à hauteur de 150 millions de dinars pour financer l’achat d’huile d’olive auprès des producteurs, dans le cadre des mesures destinées à assurer le bon déroulement de la campagne oléicole 2026-2027. Il a également prévu 20 millions de dinars de crédits à des conditions avantageuses au profit des petits agriculteurs et un programme de stockage pouvant atteindre 60 000 tonnes, selon un communiqué de la présidence du gouvernement publié vendredi 23 octobre 2026.
Ces décisions ont été prises lors d’un conseil ministériel restreint consacré au suivi de la mise en œuvre des mesures relatives à la campagne oléicole 2026-2027, présidé le même jour au palais du gouvernement à la Kasbah par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri.
Le financement de 150 millions de dinars, mobilisé auprès des secteurs bancaires public et privé, doit permettre à l’ONH de jouer son rôle de régulateur du marché et de soutenir les agriculteurs et les producteurs. Les petits agriculteurs bénéficieront également de crédits à des conditions avantageuses, d’un montant global de 20 millions de dinars, accordés par l’intermédiaire de la Banque tunisienne de solidarité. Ils seront prioritaires pour l’octroi des subventions destinées à l’acquisition d’équipements de récolte mécanisée.
Par ailleurs, le projet de loi de finances pour 2027 prévoit la création d’une ligne de financement de 100 millions de dinars pour la période 2027-2030. Cette enveloppe sera consacrée à l’octroi de crédits saisonniers et d’investissement à des taux d’intérêt préférentiels, par l’intermédiaire de la Banque nationale agricole, au profit des petits agriculteurs et des opérateurs de la filière oléicole.
Un programme de stockage de 60 000 tonnes
En matière de stockage, l’Office national de l’huile sera chargé, en tant que de besoin, de mettre en œuvre un programme portant sur des quantités pouvant atteindre 60 000 tonnes d’huile d’olive, stockées auprès des opérateurs du secteur pendant une période de trois mois. Ce dispositif prévoit l’octroi d’une prime de stockage et d’une prime supplémentaire aux agriculteurs, pour une enveloppe globale plafonnée à 20 millions de dinars.
Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit également la création d’un compte spécial au Trésor, intitulé « Compte de la filière huile d’olive », destiné à instaurer un mécanisme permanent de financement des opérations de stockage. Ce compte servira notamment à financer les primes de stockage ainsi que l’entretien des entrepôts et des citernes relevant de l’ONH.
Dans le cadre des préparatifs de la nouvelle campagne, les capacités de stockage de l’Office ont été portées à 100 000 tonnes, contre 90 000 tonnes lors de la campagne précédente, à la suite d’opérations d’entretien et de réhabilitation. Les huileries et les sociétés exportatrices disposent, de leur côté, de capacités supplémentaires dépassant 400 000 tonnes.
La prime de transport maritime portée à 60 %
Pour stimuler les exportations, le gouvernement a décidé de maintenir en 2027 l’augmentation des primes de transport maritime et aérien accordées aux exportateurs d’huile d’olive par le Fonds de promotion des exportations.
La prime de transport maritime applicable à l’huile d’olive conditionnée sera relevée de 50 % à 60 %, dans le but d’accroître la valeur ajoutée des exportations tunisiennes.
Un programme spécifique sera également mis en place pour soutenir et accompagner les jeunes entreprises exportatrices d’huile d’olive conditionnée. Il devra leur permettre de développer leurs capacités techniques et commerciales et de bénéficier d’un accompagnement pour élaborer des stratégies d’accès aux marchés étrangers.
Le gouvernement prévoit, en outre, l’élaboration d’un plan national de communication et de promotion de l’huile d’olive tunisienne afin de faciliter l’accès à de nouveaux marchés prometteurs, d’intensifier les négociations commerciales et de tirer parti des cadres de coopération africains et internationaux disponibles.
Un programme spécifique sera également consacré à l’augmentation des exportations d’huile d’olive conditionnée et biologique, avec pour objectif de doubler les volumes actuels.
Les textes réglementaires seront révisés afin de maintenir la prime d’encouragement à l’exportation de l’huile d’olive conditionnée et d’y intégrer les emballages d’une capacité supérieure à trois litres et allant jusqu’à cinq litres.
L’ONH appelé à soutenir le marché intérieur
Sur le marché intérieur, l’Office national de l’huile sera chargé de commercialiser des quantités d’huile d’olive conditionnée à des prix tenant compte des coûts de production et du pouvoir d’achat des consommateurs, afin de contribuer au soutien des agriculteurs.
Les hôtels et les restaurants seront également encouragés à utiliser de l’huile d’olive tunisienne conditionnée et commercialisée sous marque.
Le gouvernement entend, par ailleurs, renforcer l’accompagnement technique des professionnels de la filière en intensifiant les programmes de formation destinés aux techniciens, aux agriculteurs et aux propriétaires d’huileries. Ces formations porteront notamment sur les techniques modernes de production, la qualité, la taille des oliviers, la lutte contre les maladies et la mécanisation. La valorisation de la margine dans les terres agricoles figure également parmi les sujets abordés.
La Banque centrale de Tunisie sera chargée d’intervenir auprès des établissements bancaires pour soutenir les petits agriculteurs en matière de financement et de rééchelonnement de leurs dettes. Les banques publiques et privées seront également appelées à leur fournir les financements nécessaires à toutes les étapes de la campagne 2026-2027, de la récolte à la transformation, au stockage, à la commercialisation et à l’exportation.
Une production de 500 000 tonnes lors de la campagne précédente
Lors du conseil ministériel restreint, le ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche, Ezzeddine Ben Cheikh, et le président-directeur général de l’Office national de l’huile, Moez Ben Amor, ont présenté les principaux indicateurs de la filière oléicole sur la période 2021-2025 ainsi que les résultats de la campagne 2025-2026.
Selon les données présentées, la production nationale d’huile d’olive a atteint 500 000 tonnes lors de la campagne 2025-2026, contre une moyenne de 303 000 tonnes au cours des cinq campagnes précédentes, soit une progression de 65 %.
Les exportations totales ont augmenté de 89 %, pour atteindre 399 000 tonnes à fin septembre 2026. Elles devraient s’élever à 415 000 tonnes sur l’ensemble de la campagne.
Les exportations d’huile d’olive conditionnée ont atteint 60 000 tonnes, en hausse de 100 %, tandis que celles d’huile d’olive biologique se sont établies à 58 000 tonnes, soit une progression de 12 %. La consommation intérieure a, pour sa part, atteint 50 000 tonnes, contre une moyenne de 35 000 tonnes sur la période 2021-2025.
Le ministre de l’Agriculture a également indiqué que les quantités totales exportées à fin septembre 2026 avaient progressé de 49 % par rapport à la campagne précédente. Les exportations d’huile d’olive conditionnée ont, quant à elles, augmenté de 47 %.
Enfin, le conseil ministériel restreint a recommandé la réalisation d’une étude stratégique sur les perspectives de développement de la filière oléicole, ainsi que l’élaboration d’un plan de restructuration de l’Office national de l’huile. Il a également souligné la nécessité d’améliorer les accords conclus avec les partenaires économiques et d’adapter les actions de promotion aux marchés ciblés.
À l’ouverture des travaux, la cheffe du gouvernement avait rappelé que le secteur agricole constitue un pilier essentiel de la croissance économique et une priorité nationale pour garantir la souveraineté alimentaire, considérée comme un fondement de la sécurité nationale. Elle avait insisté sur la nécessité d’améliorer la productivité et la compétitivité de la filière, de préserver la qualité de l’huile d’olive et de diversifier les marchés d’exportation, conformément aux orientations du président de la République, Kaïs Saïed.
R.I




