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Point de vue : Les autres ont avancé

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  • 23 octobre 2026
  • 4 min de lecture
Point de vue : Les autres ont avancé

La Presse — L’un des problèmes les plus épineux de notre football est sans doute cette fausse prétention  qui gagne tous les observateurs en parlant de nos clubs et de notre sélection. Le moindre faux pas est perçu comme la fin du monde, la moindre performance est élevée au rang de l’exploit. Jusqu’à aujourd’hui, on ressasse l’exploit de l’équipe de Tunisie au Mondial 1978 comme si aucune autre sélection ne l’avait fait après nous. Cette équipe merveilleuse et si talentueuse  restera dans nos cœurs, mais elle a fait son temps et alors que l’Algérie, par exemple, a brillé au Mondial 1982 et le Maroc a réussi sa présence au Mondial mexicain de 86. Le Cameroun et le Nigeria ont aussi pris la relève dans les autres mondiaux. Et ils se sont remis au travail avec des hauts et des bas.

Cela fait 50 ans presque qu’on s’est arrêté là, et chaque fois qu’un club tunisien ou l’équipe de Tunisie réussit quelque chose, on en reste là. On ne veut pas avancer et confirmer. Et le plus dangereux, c’est que l’on n’accepte plus que les autres nations du football africain nous devancent. Le football africain a changé de physionomie, de  structure, avec des petites nations qui ont travaillé pour réussir. Nous, nous sommes restés dans notre tour d’ivoire, vivant sur les vestiges du passé et sur les souvenirs et les anecdotes qui, parfois, tournent aux mensonge.

Entre-temps, nos clubs s’enlisent dans leurs dettes et leurs crises financières et de gouvernance, notre équipe nationale recule et le dernier Mondial est la meilleure preuve de son effondrement.

Au lieu de se pencher sur les vrais problèmes de fond et de débarrasser le football de tous ses maux et bourreaux, on continue de vivre dans le déni collectif : si un club perd en Afrique, c’est à cause de l’arbitre, et non à cause des joueurs ou de l’entraîneur. Nous avons toujours cette arrogante tendance à snober les concurrents africains, et malheureusement, ce faux message passe dans les têtes des entraîneurs et des joueurs, qui pensent que le football se gagne dans les coulisses (il l’est en partie seulement) et sur le papier. Alors, regardons bien la réalité, soyons humbles pour pouvoir avancer. Si l’on reste enfermé dans ce fantasme de fausse supériorité, on n’avancera jamais.

On restera toujours sur un nuage, les autres clubs et sélections, qui travaillent et qui progressent, vont en profiter pour nous battre. Et à chaque fois, floué par ce préjugé transmis à travers les générations, on râlera au moment de perdre au point de déraper, ou on fera du surplace en cas de victoire. Dans les deux cas, on ne pourra jamais faire le recul nécessaire, chose sacrée dans ce football impitoyable d’aujourd’hui où tout se passe vite et tout change en un clin d’œil. Et surtout qu’on arrête de croire à tout ce que les ex-joueurs disent. Parfois, la plupart d’entre eux racontent des « bobards »  et projettent des jugements et des événements survenus dans les années 70 et 80 et même avant (avec ce risque de déformation des faits, étant donné qu’à l’époque, il n’y avait pas de moyens pour filmer et archiver tous les matches et s’assurer de la véracité des versions que l’on entend). Les autres ont avancé parce qu’ils ont su soigner leurs défaillances. Et avant cela, ils les ont reconnues.

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Auteur

Rafik EL HERGUEM

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