Foire nationale du livre tunisien : le palmarès de la 5e édition dévoilé
Le palmarès de la 5e édition de la Foire nationale du livre tunisien (FNLT) a été dévoilé vendredi à Tunis, marquant le retour de cette manifestation après deux ans d’absence.
Soixante-six éditeurs participent à cette 5e édition placée sous le slogan « Avec la lecture… ta vie sera ensoleillée », qui se tient à la Cité de la Culture jusqu’au 1er novembre, sous l’égide du ministère des Affaires culturelles et de l’Union des éditeurs tunisiens.
Les prix, dotés chacun de 10 000 dinars tunisiens (environ 3 000 euros), seront officiellement remis aux lauréats le mardi 27 octobre, a annoncé le président du comité directeur de cette édition 2026, Taoufik Grira.
Au total, 52 ouvrages ont été présentés en compétition, avant qu’une présélection ne ramène la liste à 19 finalistes, comprenant des œuvres en français et en anglais.
Le verdict du jury s’est accompagné de critiques sévères. Les commissions de lecture ont notamment relevé des faiblesses techniques récurrentes, un manque général de rigueur et une « précipitation manifeste à publier » chez une grande partie des candidats.
En poésie, le prix a été attribué ex æquo à deux recueils, l’un en français et l’autre en arabe. Imen Daoud a été récompensée pour « Murmures d’un cœur euphorique » (Éditions Washma). Le jury a salué une proposition poétique reflétant des « représentations nobles de l’univers et du moi ».
Le poète Mohamed Hédi Jaziri a également été distingué pour son recueil en arabe « Ama kana ajda bika al-intidhar… » (Éditions Al-Amina), salué pour l’expérience poétique et humaine ainsi que pour l’exploration de différentes dimensions artistiques et thématiques, témoignant d’une maîtrise des genres poétiques.
Dans son rapport sur cette catégorie, la commission a souligné la diversité des formes, de la poésie classique à la poésie en prose. Elle a toutefois invité les candidats à approfondir leurs lectures afin de mieux s’imprégner de la poésie arabe et à faire preuve de « plus de patience avant de publier », en consacrant davantage de temps au travail de révision et de polissage des textes.
Dans la catégorie du roman, le prix est revenu à l’écrivain Lazhar Sahraoui pour son ouvrage en arabe « Assal Addonia » (Miskiliani Éditions). Le jury a estimé que l’œuvre avait atteint « un niveau de créativité remarquable », grâce à une intrigue captivante, une imagination fertile et une dynamique convaincante dans l’évolution des personnages. Il a néanmoins invité l’auteur à approfondir le travail sur la structure narrative, notamment la cohésion entre les chapitres.
À l’échelle de la catégorie, la commission a relevé une « faiblesse dans la conception artistique » et un « effondrement de l’écriture narrative dans un grand nombre d’œuvres participantes ». Elle a recommandé aux organisateurs de distinguer, lors des prochaines éditions, les romans en langue arabe de ceux écrits dans d’autres langues, en attribuant un prix à chaque catégorie.
Le prix de la nouvelle courte a été décerné à Yasmine Khadouma pour son recueil en arabe « Fi dakhili Sekakon men Hadid » (Éditions Waraqa). Le jury a distingué l’originalité de l’ouvrage et sa description des souffrances humaines, développées dans un style proche du haïku japonais, une proximité stylistique considérée comme un atout majeur.
Le constat s’est révélé particulièrement sévère à l’égard des autres œuvres présentées dans cette catégorie. Les textes ont été jugés « dépourvus d’intrigue narrative », structurellement faibles sur le fond comme sur la forme, et marqués par un manque de soin dans la mise en page ainsi que par une « ignorance des règles de ponctuation ».
La langue française s’est également illustrée dans la catégorie des études intellectuelles ou pédagogiques destinées aux enfants, introduite cette année. Le prix a été attribué à Najoua Kadri pour son ouvrage « Enfance du récit, naissance du sens dans les récits pour enfants d’une perspective cognitive » (Éditions Arcadia).
Le jury a salué la rigueur scientifique de cette étude, fondée sur l’application de l’approche cognitive à l’analyse des capacités de l’enfant et sur l’exploitation de données concrètes recueillies directement dans des écoles tunisiennes.
Palmarès complet de la 5e édition de la FNLT
Prix de poésie (ex æquo)
Imen Daoud, pour « Murmures d’un cœur euphorique » (Éditions Wachma, 2026).
Mohamed Hédi Jaziri, pour « Ama kana ajda bika al-intidhar… » (N’aurait-il pas été préférable pour toi d’attendre un peu ?), en arabe (Éditions Al-Amina, 2025).
Prix des études intellectuelles ou pédagogiques destinées aux enfants
Najoua Kadri, pour « Enfance du récit, naissance du sens dans les récits pour enfants d’une perspective cognitive » (Éditions Arcadia, 2026).
Prix du roman
Lazhar Sahraoui, pour « Assal Addonia » (« Le Miel du monde »), en arabe (Miskiliani Éditions).
Prix de la nouvelle courte
Yasmine Khadouma, pour « Fi dakhili Sekakon men Hadid » (« En moi, des voies ferrées »), en arabe (Éditions Waraqa).



