Editorial

Prix et pénuries : gouverner, c’est prévoir

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  • 24 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Prix et pénuries : gouverner, c’est prévoir

LA cherté des produits alimentaires pèse de plus en plus lourd sur la classe moyenne, dont les rangs se sont réduits au fil des années. Les écarts sociaux apparaissent plus nettement dans le mode de vie des Tunisiens. Le sujet est dans toutes les conversations, mais le constat demeure. Le pouvoir d’achat recule et les citoyens peinent à faire face à la hausse du coût de la vie.

L’inflation annuelle des produits alimentaires a atteint 8,4 % en septembre 2026, contre 7,5 % en août, selon l’Institut national de la statistique (INS). Cette accélération s’explique surtout par la hausse des prix des volailles, des fruits frais, des viandes ovine et bovine, des légumes frais et des poissons frais.

Dans cette optique, rappelons que le Président de la République, Kaïs Saïed, a souvent souligné l’urgence d’accélérer l’action gouvernementale pour répondre aux attentes sociales et économiques des Tunisiens, affirmant sa « volonté de voir des mesures concrètes adoptées rapidement pour lutter contre la précarité ». Les Tunisiens n’attendent plus des promesses, mais des décisions capables de produire des effets réels sur leur quotidien.

Dans ce contexte, le ministre du Commerce, Samir Abid, a réuni récemment les représentants des grandes surfaces pour examiner l’approvisionnement, les prix et leur maîtrise, afin de préserver le pouvoir d’achat du citoyen. Il a ensuite été annoncé que l’approvisionnement serait renforcé pour résorber les pénuries.

Une première série de baisses de prix sur une dizaine de produits de base (volailles, poissons, fruits) débute ce samedi dans les grandes et moyennes surfaces. D’autres produits, comme l’huile végétale et les produits d’entretien, suivront dans les semaines à venir. Un programme d’accélération des contrôles accompagnera ces mesures à tous les niveaux. Les prix de certaines variétés de riz importé ont par ailleurs été fixés, avec des sanctions en cas d’infraction, dans un contexte de pénurie de plusieurs produits de base, notamment le riz, le sucre et la farine.

Toutes ces mesures vont assurément dans le bon sens et méritent d’être saluées. Reste que l’inquiétude naît souvent lorsque les responsables évoquent un «programme spécial» ou une «étude» visant à améliorer l’offre et l’approvisionnement. Cela nous interpelle et soulève une question fondamentale : pourquoi attendre pour riposter, et où est l’anticipation dans les politiques de nos ministères? Programmes et études traduisent généralement une fuite en avant, un optimisme passif qui rappelle cette réplique de Scarlett O’Hara : « Demain est un autre jour ».

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Auteur

Samir DRIDI

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