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La mer tunisienne au bord de l’asphyxie ? L’alerte de Abdelmajid Dabbar

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  • 25 octobre 2026
  • 7 min de lecture
La mer tunisienne au bord de l’asphyxie ? L’alerte de Abdelmajid Dabbar

La dégradation des ressources halieutiques, la destruction des herbiers de posidonie, la pollution marine et le manque de contrôle des activités de pêche figurent parmi les principales menaces pesant sur le patrimoine marin tunisien, selon le militant écologiste Abdelmajid Dabbar.

Dans une publication sur sa page officielle Facebook, il dresse un constat alarmant de la situation en Méditerranée et critique la gouvernance du secteur de la pêche, qu’il estime marquée par un manque de coordination, des défaillances dans l’application de la réglementation et une multiplication des stratégies sans résultats concrets.

“Actuellement, nous n’avons pas besoin de stratégies, nous avons besoin d’un sapeur-pompier qui arrête d’urgence des agressions et les atteintes qui vont exterminer notre faune et notre flore marines”, affirme-t-il, appelant à des interventions immédiates pour enrayer la dégradation des écosystèmes marins.

Plus de 34 stratégies sans coordination

Au cœur de ses critiques figure la gestion de l’économie bleue en Tunisie. Abdelmajid Dabbar affirme que le pays dispose de plus de 34 stratégies dans ce domaine, chacune pilotée par une administration, sans coordination suffisante entre les structures concernées, ni véritable consultation ou collaboration.

Il dénonce une dispersion des efforts et des ressources, estimant que cette multiplication des stratégies constitue une perte de temps, d’énergie et d’argent, alors que les atteintes au milieu marin nécessitent, selon lui, des mesures urgentes et concrètes.

Le militant écologiste interpelle également le ministère de l’Agriculture et de la Pêche sur la place accordée à la préservation de l’espace marin et des ressources halieutiques dans ses priorités. Il critique, par ailleurs, le fonctionnement du ministère de l’Environnement, qu’il accuse de consacrer des moyens aux bureaux d’études et aux experts sans obtenir de résultats à la hauteur des enjeux.

Des pratiques de pêche qui menacent les écosystèmes

Abdelmajid Dabbar consacre une partie importante de sa publication aux pratiques de pêche qu’il considère comme destructrices pour les fonds marins et les ressources halieutiques.

Il dénonce notamment le recours à des méthodes de pêche interdites, le braconnage, le non-respect du repos biologique et des profondeurs réglementaires de chalutage, ainsi que la propagation de l’engin de pêche appelé “kiss” dans l’ensemble du golfe de Gabès.

Selon lui, ces pratiques contribuent à la dégradation des habitats marins et compromettent le renouvellement des stocks de poissons. Il déplore également le non-respect des tailles minimales de capture et des calibres autorisés, ainsi que la multiplication, selon ses observations, des ventes de poissons tunisiens à des pêcheurs étrangers en haute mer, dans des conditions qu’il juge insuffisamment contrôlées.

Le militant pointe, dans le même contexte, les défaillances du contrôle des activités de pêche, mettant en cause l’action des services chargés de la surveillance, notamment la garde-pêche et la garde nationale maritime.

La posidonie et le golfe de Gabès au cœur des inquiétudes

La destruction des prairies de posidonie constitue une autre source majeure d’inquiétude dans son réquisitoire. Cette plante marine endémique de la Méditerranée joue un rôle essentiel dans le fonctionnement des écosystèmes côtiers, en offrant des habitats à de nombreuses espèces et en contribuant à la reproduction des organismes marins.

Abdelmajid Dabbar affirme que ces herbiers sont détruits par le chalutage pratiqué à faible profondeur par des bateaux utilisant l’engin de pêche “kiss”. Il dénonce également la présence de bateaux dont les immatriculations auraient été effacées, ce qui compliquerait, selon lui, leur identification et le contrôle de leurs activités.

Le golfe de Gabès apparaît ainsi comme l’un des espaces au centre de ses préoccupations, en raison des pressions exercées sur les habitats marins et les ressources halieutiques.

Le militant critique en outre la gestion et la conservation des aires marines protégées en Tunisie. Il estime que ces espaces sont confiés à des pratiques de gestion improvisées, sans les compétences spécialisées ni les connaissances scientifiques nécessaires à leur préservation.

Pollution marine et recul des ressources halieutiques

La pollution constitue un autre volet majeur de l’alerte lancée par Abdelmajid Dabbar. Il dénonce la prolifération des déchets ménagers contenant du plastique dans la mer et sur les plages, ainsi que les rejets de produits dangereux et d’eaux usées non traitées dans le milieu marin.

Dressant un tableau particulièrement sombre de la situation, il affirme que la Méditerranée est devenue, dans certaines zones, “un désert sans vie”, où les déchets plastiques domineraient désormais les ressources halieutiques en nombre et en quantité.

Il établit également un lien entre la dégradation des ressources marines et l’évolution des prix du poisson. Selon lui, les prix ont été multipliés par sept à douze entre 2012 et 2026. Cette estimation, avancée dans sa publication, n’est toutefois pas accompagnée d’une série statistique permettant d’en vérifier la portée pour l’ensemble des espèces et des marchés concernés.

Pour le militant, la raréfaction des ressources et les difficultés croissantes du secteur menacent également les emplois liés à la pêche, dans un contexte où les professionnels sont confrontés à des tensions autour de l’exploitation des ressources disponibles.

Des accusations de corruption et des défaillances du contrôle

Abdelmajid Dabbar formule enfin de graves accusations concernant la gouvernance du secteur. Il évoque une corruption qu’il estime largement répandue, des pratiques de banditisme dans les ports et un climat de peur susceptible, selon lui, de décourager les interventions des autorités, particulièrement dans le golfe de Gabès.

Il accuse certaines structures administratives de complicité, reproche aux contrôleurs de fermer les yeux sur des infractions et dénonce les insuffisances de la surveillance maritime. Ces affirmations relèvent de ses déclarations et n’ont pas été étayées, dans la publication, par des éléments documentaires permettant de les vérifier indépendamment.

Le militant met aussi en cause les conflits entre pêcheurs et l’incapacité des dispositifs de contrôle à faire respecter efficacement la réglementation.
Au-delà des pratiques individuelles, ses critiques visent ainsi l’ensemble du système de gouvernance du patrimoine marin, de la conception des politiques publiques à leur mise en œuvre sur le terrain.

Un appel à une intervention urgente

En conclusion, Abdelmajid Dabbar met en garde contre le risque de voir les atteintes au patrimoine naturel atteindre un seuil difficilement réversible. Il craint qu’une prise de conscience tardive ne permette plus de restaurer les écosystèmes dégradés ni de rétablir durablement les ressources halieutiques.

Son message se veut un appel à l’action, adressé aux autorités, aux responsables du secteur de la pêche et à l’ensemble des acteurs concernés par la protection de la Méditerranée. Il réclame des interventions urgentes contre les pratiques destructrices, un contrôle plus efficace des activités de pêche et une gestion plus cohérente des ressources marines.

“Réveillons-nous”, conclut-il, appelant à une prise de conscience collective face à ce qu’il considère comme une menace croissante pour le patrimoine naturel tunisien, la sécurité alimentaire et la pérennité des activités économiques liées à la mer.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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