Eau, électricité : la Tunisie prépare l’été 2027
ON s’en souvient encore. L’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré en Tunisie depuis 1950. Les coupures d’électricité se sont multipliées et les rayons d’eau en bouteille se sont vidés. Le prochain ne promet guère mieux. Nul ne peut, bien sûr, prédire la météo à un an d’échéance, on reste dans le domaine des prévisions. Mais l’Institut national de la météorologie ne cesse de le souligner : nos étés seront de plus en plus chauds et secs.
Pour l’heure, une bonne nouvelle venue des barrages, remplis à 46 % au 23 octobre, soit 1,075 milliard de mètres cubes. C’est mieux que l’an dernier, et ce, malgré une saison peu pluvieuse. Mais cette embellie masque de fortes inégalités. Le Nord, bien arrosé, nourrit les retenues, tandis que le Sud, qui peine à atteindre la moitié de la normale, reste en déficit.
Face à ces fragilités, les autorités ne restent pas les bras croisés. La Sonede a préparé un plan d’urgence pour l’été 2027, qui prévoit des stations de pompage, des puits, des conduites et des pompes de secours dans toutes les régions, avec en renfort la station de dessalement de Sidi Abdelhamid. Ce plan s’inscrit dans une stratégie de longue haleine, du moins on l’espère, fondée sur les transferts depuis le Nord, le stockage, le dessalement et la remise en état des réseaux.
Côté électricité, la Steg ne veut pas rejouer le scénario de 2026, fait de délestages et de pannes. Son plan en onze mesures affiche une ambition, le « zéro coupure » en 2027. Il repose sur de nouvelles capacités de production, un grand programme de stockage par batteries, un essor des énergies renouvelables et une meilleure maîtrise de la demande grâce aux compteurs intelligents. Les deux enjeux sont étroitement liés, car sans électricité fiable, il n’y a ni pompage ni dessalement.
Il n’en demeure pas moins que ce sont là des engagements, non des résultats, et que les délais avant le prochain été sont courts. Mais gardons confiance, car les moyens sont identifiés et la prise de conscience est bien réelle. Si ces promesses se transforment en réalisations, l’été 2027 pourra enfin marquer le début d’une ère où la Tunisie est mieux préparée aux canicules.



