L’histoire des… crevettes roses a fait couler beaucoup d’encre et de salive. Et chacun d’y aller de sa théorie. On a même osé remettre en question les habituelles crevettes blanches que nous côtoyons depuis des années. Cette espèce, appelée localement « harsha » ou « maqlouba», a été officiellement signalée pour la première fois dans le golfe de Gabès en 1993. Elle est originaire de l’océan Indien et de la mer Rouge et s’est propagée en mer Méditerranée via le canal de Suez où elle est répertoriée depuis 1924.
La Presse — D’aucuns n’ont pas trouvé mieux que d’expliquer qu’il y a des personnes qui ne doivent pas en manger ou ne pas exagérer.
Tout le monde sait que certaines personnes doivent éviter ou surveiller leur consommation de crevettes pour des raisons d’allergies, surtout pour les crevettes industrielles traitées au sulfite pour garder leur teint rose. Mais ce n’est pas le cas.
Commençons tout d’abord par ces crevettes roses que l’on a annoncées à six et huit dinars le kilo. Comment les a-t-on retrouvées dans nos eaux et comment elles feront dorénavant partie de nos nouvelles richesses, puisqu’elles ont proliféré comme ce fut le cas, il y a quelques années, des crabes bleus, qui ont commencé par être une catastrophe pour nos pêcheurs, avant de voir ces derniers s’adapter pour en faire un produit recherché, aussi bien pour le marché local, que pour l’exportation.
Comment certaines sortes de poissons se retrouvent-elles dans nos eaux territoriales?
Les gros bateaux appelés à charger des conteneurs viennent vides. Pour se stabiliser en mer, ils ont besoin de remplir des compartiments bien déterminés avec de l’eau de mer. Ils s’arrêtent là où ils se trouvent pour le faire. Dans cette zone, on peut retrouver des crabes, des crevettes ou autres genres de poissons qui, une fois le navire arrivé au port de destination, décharge sa cargaison d’eau de mer avec tout le reste. Il y a eu cette fois-ci des crevettes roses, qui se sont trouvées dans un milieu ambiant qui leur a permis de se multiplier. Voilà de manière schématique comment nous avons maintenant dans certaines zones de nos eaux territoriales, ces crevettes que l’on a annoncées abonder en grande quantité.
Venons-en au prix annoncé à six dinars. Il peut être vrai comme faux, étant donné qu’il n’a pas été annoncé par une autorité responsable. Le bouche-à-oreille change, déforme, amplifie et amenuise les informations. Il se peut qu’un pêcheur, pour clore sa vente, les cède à six dinars. Mais que sur l’étalage on les trouve à huit ou dix dinars, le vendeur calcule les frais de transport, la glace dont il a besoin, la quantité qu’il est obligé de jeter en fin de journée s’il n’arrive pas à tout écouler, etc.
Trouver ces crevettes à un prix aussi bas à Tunis par exemple est illogique. Il y a les frais énumérés ci-dessus qui se greffent et dont il faudrait tenir compte.
De ce fait, il est normal que ceux qui pensaient faire une bonne affaire, n’en trouvent pas à un prix aussi avantageux, mais d’une manière générale, dans le Grand Tunis par exemple, il oscille entre douze et quatorze dinars pour des crevettes de taille très acceptable. Ce qui est normal. Pour des tailles moindres de couleur rose, elles se vendent entre dix à douze dinars.
Pour les autres espèces de poisson, les prix ont baissé tel qu’on l’a annoncé.
Pourvu que ça dure !



