Société

Huile d’olive tunisienne : Innover pour protéger notre or vert

  • 28 octobre 2026
  • 6 min de lecture
Huile d’olive tunisienne : Innover pour protéger notre or vert

Bonne nouvelle que la majorité des médias ont donnée et commentée. Mais elle tranche avec les habituelles jérémiades d’un certain nombre de «responsables», qui oublient que la clientèle étrangère, les importateurs, sont assez bien organisés pour être à l’écoute et se prémunir contre différents aléas, pouvant être en relation avec la qualité d’un produit importé. C’est une manière de protéger leur clientèle d’abord, une façon d’avoir en main des arguments de négociation le cas échéant. C’est la raison pour laquelle il est à conseiller de ne jamais fournir aux vis-à-vis des raisons de douter de quoi que ce soit, surtout qu’une simple intervention des autorités concernées est en mesure de tout remettre en ordre. Sans donner à la question autant d’écho qui dessert les intérêts d’un produit. Nous ne trouvons jamais autant de tentatives de couper les cheveux en quatre sur les différents médias des grands producteurs exportateurs qui sont, qu’on le veuille ou non, nos concurrents.

La Presse — Certes, il ne s’agit pas de refuser le dialogue qui devrait être engagé avec ou entre les différentes parties prenantes du secteur, mais il est stratégiquement utile de raisonner avant de dénoncer des situations circonstancielles ou accidentelles, pour réagir d’une manière plus appropriée. Cette relance au niveau de l’exportation de notre huile a été un vœu que l’on attendait depuis longtemps.

Surprendre le consommateur

Nous avons eu l’occasion de lire un reportage figurant sur une revue étrangère et relatif à un produit vendu en bouteille, dans lequel on a mis en évidence le prix de cette bouteille qui revient presque aussi cher que le précieux liquide qu’elle contient et protège. Une véritable œuvre artistique. Parce que tout simplement l’emballage et sa conception sont des arguments de vente importants. Il attire, capte l’attention, rehausse la valeur du contenu et marque les esprits. Une bouteille, c’est une bouteille, pourraiton dire, mais en faire un emballage conçu en fonction des goûts du consommateur, ses préférences, sa prise en main et autres arguments que le producteur exportateur est tenu d’étudier avec attention pour répondre aux vœux de la clientèle, compte. Chaque pays possède ses spécificités et il faudrait les connaître pour y répondre et s’adapter. Cela compte au niveau des campagnes marketing que l’on mène et que mettent en valeur les participations aux foires ou expositions spécifiques organisées. Une foire, ce n’est pas seulement une présence pour présenter et vendre, c’est aussi une étude menée par des spécialistes du terrain, qui côtoient les visiteurs, discutent avec eux, s’enquièrent de leurs remarques et aspirations, les notent pour tirer des conclusions à prendre en considération. Il faudrait que l’Office de l’huile mette en place une cellule chargée de faire progresser le rôle de cet organisme qui donne l’impression qu’il se contente de gérer la prospection des marchés et la vente. Alors qu’il se doit de devenir le fer de lance de tout projet conçu pour se projeter vers l’avenir de cette richesse nationale. Cela va du contrôle de la collecte au stockage, en passant par l’emballage. Rien n’est laissé au hasard. Espagnols, Italiens, Grecs, Turcs, etc. le font et disposent d’une active cellule d’études de marchés qui conçoit les programmes de conquête des marchés. Ce n’est pas au premier ministère de rappeler ces recommandations qui, en principe, font partie des attributions des Offices chargés des différents secteurs.

Les Offices doivent progresser

Le même raisonnement est valable pour le groupement responsable du secteur des dattes. L’huile tunisienne que l’on vend en  vrac, ce n’est pas un secret, s’en va enrichir celles de nos concurrents directs. Elle leur permet en effet d’améliorer la valeur marchande en agissant sur le goût, la couleur, la valeur nutritionnelle, organoleptique et chimique de la leur. Et le seul moyen de gagner de nouveaux marchés est d’innover pour protéger cette valeur marchande qui fait la différence. La réussite du secteur de l’huile bio est une preuve que l’innovation est payante. Innover en engageant les investissements et en faisant appel aux hommes et femmes dont la formation et l’esprit innovant imposent, pour surprendre la clientèle acquise et attirer l’attention de celle que l’on se doit de conquérir. Le client a besoin de rentrer chez lui avec l’impression d’avoir fait une bonne affaire. Il doit être satisfait. A tous points de vue. Il faudrait de ce fait se rapprocher des têtes pensantes, engager des frais pour la recherche et éviter de s’endormir sur ses lauriers. C’est la règle du jeu.

Le marché local

A chaque début de campagne, on s’enfonce dans les petits comptes d’épiciers. A propos de l’huile, une marque que l’on a mise en vente la saison passée a brusquement augmenté son prix de vente ces derniers jours. Pourquoi? Au contraire, elle devrait baisser alors que la nouvelle récolte n’est pas encore dans les cuves et que ces réservoirs de stockage sont à dégager. Théoriquement, l’huile provenant de la campagne passée n’est pas encore épuisée. Il est inconcevable de la mélanger avec la nouvelle (on ne le fera pas). D’ailleurs, nous avons cherché en vain la date de mise en bouteille, pour savoir s’il s’agit d’une huile provenant de la nouvelle campagne.

Qui contrôle pour prévenir ce genre d’arnaque ? C’est toujours cet appât du gain qui dessert les intérêts du consommateur, lequel se retrouve à la merci de ceux qui veulent gagner plus en vendant moins, alors que c’est le contraire qui devrait se produire : gagner moins mais vendre plus, pour que le consommateur tunisien profite au maximum des produits de son pays, sans qu’il y ait des préjudices pour les producteurs. Dans un pays voisin, on a mis fin à l’exportation des dattes, parce que le prix de vente à l’étranger est inférieur à celui qu’on exige sur le marché local. Autant que le consommateur local profite, a-t-on décidé raisonnablement. Faudrait-il encore que le ministère du Commerce intervienne pour que tout rentre dans l’ordre?

 

Auteur

Kamel GHATTAS

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