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TOURISME: Le printemps de Nefta

  • 31 octobre 2026
  • 5 min de lecture
TOURISME:  Le printemps de Nefta

Chef-lieu de la spiritualité en Tunisie, la «Ville aux cent coupoles» est mère de mille et un miracles. Y compris celui de faire s’épanouir le printemps en pleine saison automnale.

La Presse — Grâce à ses atouts naturels et patrimoniaux, Nefta a été considérée, des décennies durant au milieu du siècle dernier, comme étant la capitale du tourisme haut de gamme en Tunisie. Son oasis, sa fameuse «Corbeille» au creux de laquelle reposait le miroir liquide de la «Berka», son architecture, autant que son mirifique Sahara Palace attiraient l’élite de la clientèle européenne, principalement française, qui venait ici se ressourcer en parfaite communion avec la Nature et l’Homme.

Et voilà qu’au tournant du siècle suivant, Tozeur, sa grande sœur, sous la conduite d’un grand visionnaire appelé Abderrazak Chéraït, lui ravit le titre de capitale touristique de la région. D’un naturel patient et doux, les Naftis n’en prirent aucun ombrage en dépit de la trahison de ceux qui se sont employés à démanteler le Sahara Palace, l’un des piliers de la destination. Et se sont mis à cultiver leurs spécificités pour rayonner et se tailler une juste place sous le soleil du Jérid.

Entre autres surnoms pour désigner Nefta, celui de La Petite Koufa. Cette distinction lui a été décernée par les chroniqueurs médiévaux en raison de son rôle dans la promotion de la culture soufie, inspiration et pratiques. On y dénombre une centaine de marabouts dont le célèbre Sidi Bou Ali qui, au XIIIe siècle, fit de la ville un véritable bastion de l’islam sunnite en pleine ère schismatique (chiisme et ibadisme). Et pourquoi ne pas commencer par l’épopée de la résurrection ? Ce fut alors le lancement, en 2016, de Rouhaniyèt, premier festival, en Tunisie, de la musique soufie et mystique. Le succès en fut remarquable pour une première édition.

Généralement étalée sur trois jours, cette manifestation, qui en est aujourd’hui à sa neuvième édition (le Covid-19 s’étant invité pour le cinquième rendez-vous) comporte plusieurs volets qui, outre la liturgie et les rituels, inclut conférences, débats et découvertes patrimoniales de toutes sortes : cuisine, artisanat architecture, environnement, paysages, etc. Cette année, la neuvième session de Rouhanyèt s’est tenue du 29 au 31 courant.

Des dizaines de caméras pour contrôler les sites transformés en décharges sauvages
L’organisation de ce rendez-vous annuel et la mobilisation ont requis la mise à contribution de toutes les ressources de la cité, matérielles, logistiques, en particulier pour l’hébergement, mais aussi humaines sous le régime du volontariat. Cela a permis le développement parmi les acteurs sur le terrain du sens de l’action au profit de la communauté et de la cité. C’est ainsi qu’on a assisté, ces derniers mois, à l’éclosion de plusieurs initiatives pour contribuer à l’amélioration de l’image de Nefta par des campagnes de propreté de la ville, de plantation d’arbres ornementaux, etc.

L’opération la plus spectaculaire, initiative populaire et tout à fait spontanée qui s’est étendue sur une assez longue période et qui a impliqué toutes les tranches d’âge, est celle du curage du lit de l’oued de l’oasis. Un travail d’envergure d’autant plus ample que ce cours d’eau emblématique de la ville et de l’oasis aujourd’hui asséchée a été laissé à l’abandon des décennies durant. Aujourd’hui complétement assaini, l’oued n’attend plus qu’y revienne cette eau génératrice du miracle oasien et son enchantement.

Une nouvelle organisation dénommée «Association jeunesse créative de Nefta» vient d’être fondée avec pour objectif la réhabilitation de l’oasis de Ras el-Aïn, la protection de son patrimoine culturel et écologique et la promotion du développement durable de «la Perle du Jérid».

Pour ne pas être en reste, la municipalité vient d’installer des dizaines de caméras pour contrôler les sites transformés en décharges sauvages par des administrés peu scrupuleux tant dans les oasis qu’en d’autres endroits du périmètre communal.

Parallèlement à ce travail de fond se multiplient les événements à caractère promotionnel, tel ce premier raid féminin solidaire appelé Les Roses du Jérid, un rallye automobile qui a mis en lice une trentaine de participantes venues à Nefta découvrir ses richesses multiples mais aussi pour manifester leur solidarité avec les femmes des lieux à travers plusieurs actions à caractère social et médical. Rendez-vous a été pris pour les 15, 16 et 17 octobre prochain.
A peine ce Rallye bouclé que s’installait le Meeting des montgolfières à Nafta qui s’achèvera le 2 novembre prochain.
Alors, n’est-il pas vrai que Nefta vit un véritable printemps en cette rentrée automnale ?

Auteur

Tahar Ayachi

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