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Point de vue – Dons ou dettes ?

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  • 2 novembre 2026
  • 3 min de lecture
Point de vue – Dons ou dettes ?
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Les héritiers de Ahmed Karoui réclament plus d’un million de dinars au CAB. L’affaire remonte à 2006 où un groupe de joueurs recrutés pêle-mêle sur recommandation du fameux Nabil Maâloul et des litiges qui avoisinent à l’époque plus de 600 mille dinars. L’ex-président cabiste a-t-il avancé de l’argent pour payer ces dettes envers les joueurs ? Sinon, comment expliquer que le montant réclamé soit supérieur  au montant des litiges ? Sans rentrer dans les détails, la famille de l’ex-président du CAB considère que les montants injectés sont des dettes à régler pour ses héritiers. Et étant donné le cadre confus dans lequel les clubs évoluent, la nature des mouvements financiers reste parfois opaque. Chaque président ou dirigeant apporte des liquidités, et souvent, ces apports sont enregistrés comme des dettes. Les états financiers lors d’une assemblée générale stipulent, après approbation du commissaire aux comptes, que le club doit au président une telle somme. Les exemples sont nombreux, et coutume oblige, ces dettes ne sont pas généralement réglées mais traînent dans les comptes, dans le passif du club. Puisque nos clubs sont des associations qui bénéficient d’un certain nombre d’autorisations comptables et financières au moment d’exercer, les apports des présidents des clubs ainsi que d’autres opérations restent des zones d’ombre pour des années. L’exemple de Hamdi Meddeb à l’EST est édifiant : ses injections dans la trésorerie du club à titre personnel s’élèvent à plus de 10 millions de dinars par exercice, voire plus, mais à chaque fois, il déclare que ce ne sont pas des dettes et que c’est un don pour absorber un déficit. Réellement, le club lui doit ces sommes à moins qu’il y ait un document stipulant que ce sont des dons irrécupérables. Une question se pose : comment nuancer cette question d’avance de trésorerie de certains présidents-bailleurs de fonds ? Ce n’est pas une société commerciale, c’est une association, et ceci renvoie à la sensibilité de la question. Un club n’est pas la propriété de son président ni de quiconque. On n’est pas encore au stade des sociétés sportives dont le capital est souscrit aux actionnaires, et donc, tout apport financer ne peut être qu’une dette à court ou à moyen terme, sauf si le président du club indique par écrit que c’est un don. Ce qui se passe, c’est que les présidents des clubs injectent des liquidités et apportent de grandes sommes pour exercer une pression sur les adhérents. C’est un fardeau qui pèse sur des clubs qui n’ont pas de revenus importants et stables. Le président dit que c’est un apport personnel, mais comptablement, ce sont des dettes. Et ce jeu lui donne une marge pour gouverner et régner. Rien ne l’empêche un autre jour de réclamer son argent même en cas de départ. La loi est claire là-dessus. Certains disent que si un président de club considère que le moindre apport financier est une dette, alors pourquoi il est là. N’importe qui peut avancer de l’argent et le réclamer un autre jour. Sujet ouvert et confus étant donné le désordre juridique de notre football.

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Auteur

Rafik EL HERGUEM

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