Santé animale : Le Dr Ahmed Rajeb fait le point sur la progression de la maladie de la langue bleue en Tunisie
La fièvre catarrhale ovine, communément appelée « maladie de la langue bleue », enregistre hélas une recrudescence notable en cette période. Mais ce, sans présenter de caractère contagieux direct. C’est ce qu’a affirmé Ahmed Rajeb, professeur hospitalo-universitaire en médecine vétérinaire, ce lundi 2 novembre 2026. Le Dr Rajab a également précisé que la transmission du virus s’opère exclusivement d’un animal à un autre par l’intermédiaire d’insectes vecteurs.
Intervenant ce matin sur les ondes de la radio Jawhara FM dans l’émission Sabah El Ward, le spécialiste a expliqué que la propagation actuelle découle de facteurs environnementaux favorables de la maladie, notamment l’association de températures clémentes et d’un taux d’humidité élevé. « Ce sont des conditions qui catalysent la prolifération des insectes piqueurs », a-t-il indiqué. Le professeur a souligné que le taux de guérison du bétail affecté dépend intrinsèquement de la rapidité de détection des premiers symptômes et de la rapidité de la prise en charge clinique par un médecin vétérinaire dans des délais extrêmement courts afin de sauver le cheptel. Pour l’occasion, il a rappelé qu’il est strictement interdit de procéder à l’abattage des animaux en dehors des abattoirs officiels soumis au contrôle sanitaire permanent de l’État. Ahmed Rajeb a insisté sur le fait que la riposte face à cette épizootie repose sur une approche participative intersectorielle s’inscrivant dans le cadre du concept global de santé unique, « One Health ».
Le virus de la langue bleue, faut-il noter, affecte principalement les bovins, les ovins, les caprins, les cervidés, les camélidés ainsi que d’autres mammifères ruminants. La pathologie tire son nom du fait que, dans les formes cliniques sévères, la langue et les muqueuses buccales de l’animal peuvent présenter un œdème important et une coloration bleutée, consécutive à des hémorragies internes et à un déficit d’oxygénation des tissus.
Bien que ce virus ne constitue aucune menace pour la sécurité alimentaire ou la santé humaine, il s’avère potentiellement mortel pour le bétail et ses vagues d’apparition peuvent entraîner de lourdes restrictions sur les mouvements et le commerce de la viande. Ainsi, même si la cyanose linguale est considérée comme le signe pathognomonique de la maladie, elle ne se manifeste pas pour autant une infection systématique chez tous les sujets touchés.
Chez les moutons, la symptomatologie clinique englobe l’apparition d’ulcérations buccales et nasales, des écoulements oculaires ou nasaux, une salivation excessive ainsi qu’un gonflement des lèvres, de la tête, du cou et de la bande coronaire située à la jonction entre le sabot et la patte.



