Emploi : La CONECT lance une initiative pour structurer et protéger les 8 000 travailleurs indépendants de Tunis
La cinquième édition de la Journée nationale du travail indépendant, orchestrée ce mardi par la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT) à travers le Groupement professionnel des conseillers et des bureaux d’études, en partenariat avec le réseau Prod’IT, a mis en relief l’importance de la population des travailleurs indépendants, dont le nombre dépasse désormais les 8 000 jeunes professionnels en Tunisie.
A cet effet, le président de l’organisation, Aslan Berrejeb, a expliqué, dans une déclaration accordée à la radio Jawhara FM, qu’en dépit de leur existence, les cadres réglementaires actuels s’avèrent inadaptés aux spécificités de l’activité indépendante. « Cette catégorie professionnelle évolue selon des rythmes non réguliers comparativement aux emplois traditionnels salariés, ce qui la prive des mécanismes fondamentaux de protection sociale et d’une couverture médicale adéquate », a-t-il noté. Il a ajouté que les travailleurs indépendants sont en outre confrontés à des contraintes majeures liées aux réglementations de change et aux procédures douanières, des obstacles structurels qui freinent le déploiement de leurs activités à l’échelle internationale.
Face à ces barrières juridiques et financières, l’organisation a officialisé le lancement d’une initiative visant à fonder une coopérative dédiée au travail indépendant et à l’auto-entrepreneuriat. « Ce projet a pour objectif de structurer les prestataires de services au sein d’une entité juridique unifiée, capable de mener des négociations collectives avec les structures de l’État et les deux chambres parlementaires afin de formuler des textes législatifs répondant aux exigences des métiers d’avenir » souligne Aslan Berrejeb tout en ajoutant que l’auto-entrepreneuriat ne peut à lui seul répondre aux aspirations de cette nouvelle génération de diplômés. Il a lancé à cet effet un appel pressant au gouvernement, aux composantes de la société civile et aux organisations professionnelles pour fédérer leurs efforts afin d’édifier un cadre législatif équitable, susceptible de sortir les travailleurs indépendants de la précarité informelle et de sécuriser leur insertion économique et sociale.
Cette transition vers l’institutionnalisation du statut de travailleur indépendant intervient dans un contexte mondial où l’économie des plateformes bouscule les architectures contractuelles classiques du marché de l’emploi. Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse le simple cadre de la régularisation administrative. Il s’agit d’un levier macroéconomique névralgique pour capter et sédentariser les compétences hautement qualifiées, notamment dans l’économie numérique, le développement de logiciels et l’ingénierie-conseil, des secteurs fortement touchés par la fuite des cerveaux.



