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La STEG prépare 300 MW de stockage par batteries sur dix sites pour prévenir les délestages

  • 4 novembre 2026
  • 4 min de lecture
La STEG prépare 300 MW de stockage par batteries sur dix sites pour prévenir les délestages
4 min de lecture

La Tunisie franchit une nouvelle étape dans le renforcement de ses capacités de stockage électrique. La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a lancé un appel d’offres international pour la réalisation de systèmes de stockage d’énergie par batteries, d’une capacité totale de 300 mégawatts (MW), soit 600 mégawattheures (MWh). Le projet, baptisé BESS, prévoit l’installation de dix unités réparties entre le Nord, le Centre et le Sud du pays. Une initiative qui intervient alors que les autorités cherchent à mieux maîtriser l’équilibre entre la production et la consommation d’électricité et à prévenir de nouveaux délestages.

Référencé sous le numéro 2026 E 4017, cet appel d’offres porte sur la réalisation clé en main des installations. Il couvre l’ensemble des opérations, depuis la conception et la fourniture des équipements jusqu’à leur installation, leur mise en service et leur maintenance. Les systèmes devront répondre aux standards internationaux en matière de performance, de sécurité et de cybersécurité.

Le dispositif sera déployé sur dix sites, répartis en trois lots. Dans le Nord, quatre installations sont prévues à Ben Arous, Gaâfour, Mateur et Kchabta, pour une capacité cumulée de 105 MW et 210 MWh. Le lot du Centre regroupe trois sites, à Msaken, Ksour Essef et Bir Lahfey, représentant 90 MW et 180 MWh. Dans le Sud, les installations de Gabès Sud, Médenine et Midoun totaliseront 105 MW et 210 MWh.

Dans le détail, les capacités prévues varient entre 15 MW et 37,5 MW par site. Les installations de Gaâfour, Kchabta, Médenine et Midoun afficheront chacune une puissance de 37,5 MW, tandis que celles de Ben Arous et Mateur atteindront 15 MW chacune. Les autres sites disposeront d’une capacité de 30 MW chacun.

Une première tranche de 150 MW visée avant l’été 2027

Ce projet s’inscrit dans les orientations présentées par le ministre de l’Industrie par intérim, Slah Zouari, mardi 3 novembre 2026, devant les commissions de l’industrie et des secteurs productifs du Parlement et du Conseil national des régions et des districts.

Le ministre a confirmé le lancement d’un appel d’offres portant sur une première capacité de stockage de 150 MW, tout en précisant que le choix des fournisseurs et la détermination définitive des sites d’installation des batteries n’étaient pas encore achevés. L’objectif global du département reste fixé à 300 MW.

Selon Slah Zouari, le ministère ambitionne de mettre en place une première tranche de 150 MW avant l’été 2027, avec une mise en exploitation initiale de 50 % de cette capacité. Une fois l’ensemble des batteries installé et prêt à fonctionner, la capacité totale de stockage devrait atteindre au moins 300 MW.

Les précisions apportées par le cahier des charges de la STEG donnent une dimension concrète à cette ambition, avec dix sites identifiés et une répartition territoriale couvrant les principales régions du pays. La procédure prévoit la participation d’entreprises ou de groupements disposant de références et d’une expérience confirmée dans les systèmes de stockage par batteries. Les offres doivent être déposées via la plateforme nationale des marchés publics TUNEPS.

La date initiale de remise des offres, fixée au 29 octobre 2026, a été reportée au 11 novembre 2026 à 9h30, à la suite de la publication de deux additifs au dossier. Le premier concerne notamment plusieurs modifications administratives et financières, tandis que le second porte sur les spécifications techniques des onduleurs. L’ouverture des offres technico-financières est prévue le même jour à 10h, au siège de la STEG.

Réduire l’écart entre l’offre et la demande

Au-delà de l’investissement dans les équipements, l’enjeu est aussi celui de la sécurité de l’approvisionnement électrique. Slah Zouari a indiqué que la Tunisie continue d’importer régulièrement des quantités d’électricité depuis l’Algérie. Le ministère travaille parallèlement sur des mécanismes de redistribution et la mobilisation de capacités supplémentaires afin de mieux gérer la demande et de réduire l’écart entre l’offre et la consommation.

L’objectif affiché est d’éviter la répétition des délestages enregistrés en 2026 et de mieux répondre aux besoins du réseau en 2027. Dans ce contexte, le développement du stockage par batteries constitue un levier supplémentaire pour renforcer la flexibilité du système électrique et améliorer la gestion de l’électricité disponible.

Auteur

R. I

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