Actualités

Réconciliation pénale : Une réparation économique et sociale

  • 5 novembre 2026
  • 4 min de lecture
Réconciliation pénale : Une réparation économique et sociale
3 min de lecture

Le Chef de l’Etat revient, encore une fois, à la charge pour rappeler toute l’urgence d’accélérer la finalisation de la réconciliation pénale, un dossier qui n’a que trop duré, tout en réaffirmant un refus catégorique de toute « concession sur l’argent du peuple ». Quelle qu’en soit la valeur, bien entendu.
On reconnaît, en effet, que la finalisation de ce chantier, tout comme bien d’autres, pourrait apporter une bouffée d’oxygène aux finances publiques, qui seraient, tout au long de la prochaine étape, sous haute pression.

La Presse — L’année 2027 constituerait, sans aucun doute, un tournant décisif pour l’économie nationale. Une nouvelle étape qui s’annonce, déjà, très complexe, surtout que notre pays aurait à la charge, comme on l’a annoncé (La Presse du 3 novembre), un déficit budgétaire de plus de 15 milliards de dinars, des besoins de financement d’environ 28 milliards, un taux d’endettement de 85% du PIB et autant d’objectifs économiques assez exigeants, et notamment une moyenne de croissance de 3,1% et un taux d’investissement productif de 16,4%.

Une étape trop complexe qui, face au resserrement financier international, place la Tunisie devant l’obligation de consolider significativement ses propres ressources et de trouver les parades nécessaires capables d’imposer un bon rythme de création de richesses.

Cette quête ne repose uniquement pas sur les nouvelles créations mais également sur  la revalorisation de ce qui existe déjà, et notamment les dossiers qui sont en instance depuis quelques années.

C’est le cas de la réconciliation pénale qui, malgré la bonne volonté politique, n’arrive toujours pas à trouver une issue favorable en raison du manque d’implication de certains acteurs et de l’inaction d’autres. On parle même de blocage volontaire et de sabotage. D’ailleurs, le Chef de l’Etat a affirmé, en recevant le 2 novembre, le président de la Commission nationale de réconciliation pénale que «cette question a fait, depuis son lancement, face à de nombreuses tentatives visant à la faire avorter et à entraver son déroulement». Une attitude qui n’est plus permise.

Car il est temps, désormais, de récupérer «l’intégralité des fonds du peuple tunisien et préserver, ainsi, ses droits, sans concession ni renonciation».

Une approche souple et flexible

On estime même que le contexte est bien favorable pour en finir, définitivement, avec ce dossier, surtout que toutes les procédures juridiques et réglementaires ont été finalisées. Et n’oublions pas, également, que l’Etat a mis en place une approche souple et flexible pour la conclusion des accords. Et c’est bien là un avantage important.

Cette réconciliation est d’autant plus capitale qu’elle constitue une réelle chance pour ceux qui ont commis des erreurs afin qu’ils se reprennent, revoient leurs positions et, pourquoi pas, s’impliquent de nouveau dans l’œuvre nationale de développement, à travers l’injection de leurs capitaux dans le circuit formel.

Elle offre aussi, grâce à l’importance des injections financières prévues, une belle opportunité pour aider l’Etat à bien conduire certains axes stratégiques de son plan de développement grâce à des affectations ciblées, notamment la relance des régions défavorisées, la réactivation des investissements et l’élargissement des actions sociales.

On reconnaît, en effet, que face au blocage financier international et aux  fortes pressions sur le budget de l’Etat, cette réconciliation se positionne  comme une option souveraine pour injecter de nouvelles liquidités dans l’économie réelle. Et la question devient beaucoup plus significative lorsqu’on parle de montants assez colossaux.

Les fonds récupérés pourraient constituer, par ailleurs, une belle parade pour soutenir l’entrepreneuriat citoyen, en particulier communautaire, ce qui signifie une stimulation de l’emploi, un apport considérable à l’inclusion financière et un appui sérieux à l’économie sociale et solidaire.

En somme, cette réconciliation est, comme le rappellent les observateurs, «une réparation individuelle du bien-être collectif». Elle «cherche à apaiser le sentiment d’injustice populaire lié à l’impunité de la corruption. Elle présente, ainsi, une sorte de justice réparatrice subie par le peuple et compensée par des projets de développement local».

Auteur

Anis SOUADI

You cannot copy content of this page