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Tribune – Une vision présidentielle pour bâtir la Tunisie : Les entrepreneurs, partenaires de l’avenir

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  • 5 novembre 2026
  • 7 min de lecture
Tribune – Une vision présidentielle pour bâtir la Tunisie : Les entrepreneurs, partenaires de l’avenir
6 min de lecture

Par Halim Boussema *

La Tunisie dispose d’une véritable occasion de transformer ses compétences, son expérience et ses relations internationales en investissements, en projets et en emplois. Parmi ces richesses, figurent les entrepreneurs tunisiens, établis dans le pays ou à l’étranger, qui ont fait leurs preuves sur les marchés internationaux et gagné la confiance de leurs partenaires.

Ils ne sont pas de simples investisseurs potentiels. Ils peuvent ouvrir de nouvelles perspectives à l’économie tunisienne, attirer des entreprises et des capitaux, transmettre des savoir-faire et des technologies, et rapprocher notre pays des marchés internationaux. Il est donc temps que l’État s’adresse à eux avec une stratégie claire, les invite à investir en Tunisie et leur garantisse un cadre juridique et administratif qui encourage l’initiative et le développement.

Dans cette perspective, les positions du Président de la République, Kaïs Saïed, revêtent une importance particulière. Lors de sa rencontre avec le ministre de l’Équipement et de l’Habitat, également chargé de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, le Chef de l’État a abordé plusieurs projets d’infrastructure et de routes, dont la liaison entre la Tunisie et l’Algérie ainsi que le projet d’un pont reliant l’île de Djerba au continent, afin de mettre un terme aux difficultés rencontrées par les voyageurs. Il a également insisté sur la nécessité de réviser les textes régissant les marchés publics, de lutter contre la corruption et les dépassements, de raccourcir les délais de réalisation et de garantir la qualité des travaux.

Ces positions traduisent sa volonté de s’attaquer aux causes qui retardent les projets, désenclaver les régions et transformer les ressources et les possibilités du pays en développement concret, perceptible dans la vie quotidienne des citoyens. De bonnes infrastructures ne se résument pas à des routes et à des ponts : elles sont indispensables pour attirer les investisseurs, relier les zones de production aux marchés et ouvrir de nouvelles perspectives d’emploi et de développement.

La révision des marchés publics et la simplification des procédures ne sont donc pas de simples questions administratives. Elles s’inscrivent dans un projet économique plus large, qui exige une volonté politique et des décisions fermes. L’investisseur a besoin de lois lisibles, de démarches rapides, d’une administration qui accompagne son projet et d’un État qui protège son investissement tout en faisant respecter la loi et la qualité de l’exécution.

Le parcours de Badr Eddine Ouali, fondateur de la société Vermeg, illustre ce qu’un entrepreneur tunisien peut accomplir. Lors de la cession de l’entreprise, implantée en Tunisie, à un groupe d’investissement américain, il a posé comme condition le maintien de l’investissement dans notre pays et la poursuite du développement des activités depuis la Tunisie. Le groupe a accepté cette condition. Cet exemple montre que les entrepreneurs tunisiens établis à l’étranger peuvent, grâce à leur expérience, leur réputation et la confiance dont ils bénéficient auprès des investisseurs étrangers, contribuer à maintenir et développer l’activité économique dans notre pays.

Badr Eddine Ouali avait également vendu, environ trois ans auparavant, une entreprise à des investisseurs allemands, en veillant à ce que l’activité se poursuive en Tunisie. Depuis, l’entreprise allemande a fortement développé ses activités dans notre pays. Cette expérience mérite d’être saluée : elle démontre que les entrepreneurs tunisiens peuvent faire de l’investissement étranger un levier d’expansion, de production et de création d’emplois en Tunisie.

Ces entrepreneurs savent dialoguer avec les investisseurs étrangers, comprennent leurs attentes et ont acquis une place reconnue dans les milieux des affaires internationaux. L’État doit tirer parti de cette expérience, créer des canaux de communication avec eux et les encourager à lancer de nouveaux projets ou à développer leurs entreprises déjà implantées en Tunisie.

La Banque centrale joue, à cet égard, un rôle essentiel pour faciliter l’entrée des fonds destinés à l’investissement. Les procédures doivent être claires, les dossiers étudiés dans des délais raisonnables et les investisseurs tunisiens établis à l’étranger, comme les investisseurs étrangers, doivent obtenir rapidement des réponses et des garanties concrètes. Les retards et la complexité peuvent conduire un investisseur à orienter ses capitaux vers un autre pays, privant ainsi la Tunisie d’un investissement susceptible de soutenir l’économie et de créer des emplois.

L’amélioration du climat des affaires passe également par la révision des lois et des procédures qui freinent l’initiative, notamment celles relatives au change, à l’investissement et aux marchés publics, ainsi que des textes qui affectent l’activité des entreprises. Il s’agit de lever les obstacles et de réduire la bureaucratie, tout en garantissant la transparence et le respect de la loi. L’objectif est de créer un environnement stable qui encourage l’investisseur à produire et à se développer.

La richesse nationale ne se limite pas aux entrepreneurs. La Tunisie dispose aussi d’ingénieurs, de médecins, d’experts et de compétences dans de nombreux domaines. L’État doit agir pour freiner le départ de nouveaux talents, mettre en place des mesures concrètes pour attirer les compétences tunisiennes établies à l’étranger et les encourager à revenir contribuer au développement de leur pays.

Le secteur privé productif est un moteur essentiel de l’économie. Il crée des emplois, contribue aux recettes fiscales, stimule l’investissement et soutient la croissance. Il faut donc l’accompagner et lui offrir les conditions nécessaires pour jouer pleinement son rôle, tout en orientant les efforts de l’État vers la lutte contre le secteur parallèle, qui fragilise l’économie nationale et pénalise les entreprises respectueuses de la loi.

Le peuple tunisien a longtemps fait preuve de patience et s’est tenu aux côtés du Président de la République et de l’État du 25 juillet face aux tentatives de ramener le pays à la situation antérieure au 25 juillet 2021, ainsi qu’aux campagnes visant à discréditer le processus en cours. Ceux qui pensent que cette patience conduira au désespoir ou au recul se trompent. La Tunisie peut bâtir un avenir meilleur, à condition que la volonté se traduise en décisions, en programmes et en réalisations tangibles.

Le Président de la République a affirmé que le peuple tunisien est capable de réaliser ses aspirations et que les décisions et les réalisations qui permettront de transformer les possibilités en réalité viendront, si Dieu le veut. Il appartient à toutes les institutions de l’État de traduire cette volonté en actes, d’ouvrir aux Tunisiens les portes de la production et de créer les conditions qui leur permettront de retrouver leur activité et leurs sources de revenus.

Toute personne qui régularise sa situation, s’acquitte de ses obligations envers l’État et respecte la loi doit pouvoir reprendre une activité productive dans un cadre intègre et légal. Le retour des entreprises à l’activité signifie la préservation des emplois, la mobilisation des compétences, le renforcement des ressources de l’État et l’ouverture de nouvelles perspectives pour l’économie nationale.

La Tunisie possède, parmi ses citoyens et ses citoyennes, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays, les ressources humaines nécessaires pour construire un avenir meilleur. Elle doit désormais placer ces compétences au cœur de son projet de développement et donner à ses entrepreneurs et à ses experts la confiance et les conditions requises pour contribuer à l’effort de redressement et de construction. Sous la conduite du Président de la République et avec la volonté des Tunisiens, les réussites de nos compatriotes à l’étranger peuvent se transformer en investissements, en production, en emplois et en prospérité en Tunisie.

H.B.

(*) Député indépendant à l’Assemblée des représentants du peuple

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La Presse

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