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Cyberharcèlement à l’égard des enfants : Protéger les petits internautes des prédateurs numériques

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  • 6 novembre 2026
  • 6 min de lecture
Cyberharcèlement à l’égard des enfants : Protéger les petits internautes des prédateurs numériques
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Photo : © Koutheir KHANCHOUCH

Le harcèlement cybernétique à l’égard des enfants a fait l’objet, hier, au pôle technologique d’El Ghazela, d’un forum national organisé conjointement par le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Séniors et le bureau de l’Unicef à Tunis. L’évènement s’inscrit à la fois dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de lutte contre la violence à l’égard des enfants et dans la continuité des démarches prises par le ministère de tutelle pour le renforcement de la sécurité de l’enfant, y compris dans l’espace virtuel.

La Presse — Le cyberharcèlement constitue, en effet, l’une des formes de violence à laquelle l’enfant est confronté dans un espace insécurisé ; un espace qui, faute de précautions et d’accompagnement, présente un réel danger pour les mineurs. La banalisation et la normalisation du harcèlement et de l’intimidation ne doivent plus être tolérées. Une prise de conscience collective est de mise afin d’y faire face, de la manière la plus efficace et la plus pérenne, afin de garantir infailliblement les droits de l’enfant à la sécurité et à l’intégrité psychologique et corporelle.

Au cours de la séance de bienvenue, Mme Asma Jebri, ministre de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Séniors, a rappelé l’engagement de l’Etat pour la protection des enfants. Cette dernière représente un droit constitutionnel  établi noir sur blanc dans l’article 52 de la Constitution. La Tunisie dispose de tout un arsenal juridique pro-enfance dont le Code de protection de l’enfant et la signature de la Convention des droits de l’enfant. Cependant, l’invasion du numérique revêt l’aspect d’une arme à double tranchant. Elle apporte aux enfants autant de risques que d’atouts. Protéger les enfants dans l’espace virtuel, en général, et contre le harcèlement cybernétique, en particulier, doit être une responsabilité nationale. La ministre a mis en garde contre les redoutables répercussions psychologiques et sociales du harcèlement numérique sur les enfants, d’où l’impératif pour la famille, le cadre enseignant et pour toutes les parties prenantes de redoubler de vigilance pour endiguer ce fléau.

Renforcement des acquis juridiques

Rappelons que le ministère de tutelle, en collaboration avec l’Unicef, se penche sur la réalisation d’un plan national de protection des enfants dans l’espace numérique à l’horizon 2028. L’idée étant d’organiser les actions des parties prenantes et de répartir les tâches en fonction des rôles de chacune d’entre elles. Par ailleurs, on retrousse les manches pour établir un projet de loi pour la protection des enfants dans l’environnement numérique. La ministre a rappelé l’adoption, l’an dernier, d’une charte nationale pour la protection des enfants dans l’espace numérique, laquelle a préparé le terrain à une série d’actions et de mobilisations institutionnelles fructueuses. Par ailleurs, le ministère s’engage dans une campagne nationale de sensibilisation sur les méfaits des écrans et l’impératif de la supervision parentale pour une navigation sécurisée. Autre action envisagée : une exposition nationale de contes numériques qui se tiendra du 25 au 27 novembre 2026 à la Galerie de l’Information à Tunis. La ministre a rappelé, en outre, que la sensibilisation des jeunes va bon train. D’ailleurs, le nombre d’ambassadeurs numériques, relevant du Centre national de l’informatique pour enfant, est passé de 200 à 500 jeunes.

Coordonner les actions autour de quatre priorités

De son côté, Michel Le Pechoux, représentant de l’Unicef en Tunisie, a souligné l’importance de garantir un environnement numérique sûr, protecteur et respectueux des droits de l’enfant. En effet, selon une enquête réalisée par le ministère de l’Education et l’Unicef auprès d’un échantillon représentatif de 3.500 adolescents, 61% des enquêtés ont déclaré avoir subi des formes d’abus émotionnels ou humiliants l’année précédant l’enquête dont 10% en ligne. Le Pechoux a attiré l’attention sur la corrélation entre la violence et les abus cybernétiques, d’une part, et la vie quotidienne, d’autre part ; une corrélation qui affecte sensiblement la scolarité des mineurs et leurs liens sociaux. «Le virtuel et le réel sont en connexion permanente. Ils sont de surcroît dépourvus de frontières. Certains enfants victimes de harcèlement numérique ignorent à qui s’adresser. Or, il ne faut surtout pas les laisser seuls face à ces abus. Les adultes doivent les protéger en les écoutant et en rendant cet environnement sain et sécurisé», a-t-il souligné. Le représentant de l’Unicef en Tunisie a avancé quatre priorités à garantir. D’abord, le renforcement de la prévention en usant du dialogue, du respect et du développement de l’esprit critique des enfants. Il a insisté, ensuite, sur l’accessibilité de la protection et de l’accompagnement des enfants victimes de harcèlement cybernétique. L’objectif étant de leur permettre de parler sans pour autant avoir peur d’être jugé ou grondé. D’autant plus que la réponse à la déclaration doit être à la fois rapide et confidentielle. Il conviendrait, en troisième lieu, de consolider la responsabilité des acteurs numériques, notamment les responsables des opérateurs dans le but de signaler les contenus inappropriés ou pouvant présenter un risque pour les enfants. L’orateur recommande, enfin, d’agir d’une manière coordonnée. «La Tunisie dispose de bases importantes à la protection des enfants dans l’espace virtuel. Notre défi étant, désormais, de traduire ces engagements en des actions concrètes», a-t-il ajouté.

De son côté, Mme Imene Bennour, directrice générale adjointe de Smart Tunisian Technoparks, a indiqué que la capacité à instaurer un environnement numérique sécurisé et sain pour les jeunes générations doit être vue comme un pilier fondamental à l’essor technologique et numérique. Elle a aussi insisté sur l’importance de l’éducation numérique auprès des enfants.

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Auteur

Dorra BEN SALEM

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