Transport public : Cap sur la digitalisation
Le secteur du transport public est toujours confronté à des défis d’efficacité et de régularité. Pourtant, le Chef de l’Etat ne cesse, à chaque fois, de souligner l’urgence d’une refonte profonde et globale qui permettrait au secteur de retrouver un statut conforme aux normes internationales.
L’annonce du lancement prochain d’un système numérique d’information au profit des voyageurs pourrait constituer un premier pas vers une modernisation plus élargie.
La Presse — Décidément, on ne finira jamais de parler du secteur du transport public, tellement les défaillances restent graves et pénalisantes. La refonte du secteur, tant promise, tarde encore à se dessiner. Et malgré l’acquisition de nouveaux équipements et les multiples et importantes dispositions retenues à cet effet, le secteur est toujours défaillant. En effet, faute, certainement, d’implication et d’engagement, notre transport est encore confronté à des défis d’efficacité et de régularité : pannes fréquentes, retards structurels, opérationnalité défectueuse et qualité de services disproportionnée. En plus simple, un dysfonctionnement total ou presque.
Et pourtant, le Président de la République ne rate aucune occasion pour donner sa pleine mesure à cette question de modernisation.
Ce qui désole réellement, c’est que le redressement de la situation n’est aucunement complexe, surtout que ce sont les mêmes problèmes qui remontent, à chaque fois, à la surface. On parle, ainsi, de l’absence d’une culture de suivi et de contrôle pour s’assurer de la bonne opérationnalité des réseaux, du manque d’un système fiable d’entretien et de maintenance pour éviter les immobilisations, notamment, prolongées du parc et d’un déficit flagrant d’information et de communication, ce qui justifie cette complexité qui caractérise le fonctionnement du secteur.
Vers une restructuration globale
On parle aussi d’une gouvernance peu transparente, d’une gestion rigide et de l’absence d’indicateurs de performance précis et réguliers, ce qui empêche le maintien d’une politique d’évaluation systématique et permanente.
On estime, également, que le facteur humain reste pénalisant. En effet, tous les observateurs conviennent que le personnel opérant dans le secteur assume une bonne part de responsabilité dans les dysfonctionnements, faute de professionnalisme, d’engagement et même de civisme. D’où le besoin de tout un système de formation et de requalification approprié. Cette question de requalification doit s’inscrire, toutefois, dans un programme total de modernisation et de refonte.
D’ailleurs, depuis quelque temps, on parle du lancement d’une stratégie de restructuration profonde de tout le secteur, qui miserait, en priorité, sur l’amélioration du niveau de gouvernance à travers, notamment, le recours à des contrats performance et la garantie d’une gestion contrôlée en accordant plus de responsabilité à la partie actionnaire.
Elle devrait miser, en parallèle, sur l’assainissement financier et le lancement d’une vaste opération de recapitalisation pour aider les opérateurs à se réformer rapidement. Cette disposition est d’autant plus importante que les sociétés du secteur sont asphyxiées, depuis quelques années déjà, par d’importantes dettes croisées, empêchant toute initiative de remise à niveau.
La nouvelle stratégie devrait tenir compte, également, de l’instauration de tout un système d’entretien et de maintenance, conforme aux normes internationales, ainsi que d’un programme de numérisation et de digitalisation progressif.
Sur ce point, le ministère de tutelle a annoncé, le 20 octobre dernier, un projet de mise en place d’un Système intégré d’aide à l’exploitation et d’information des voyageurs (Sieiv).
Ce projet, financé par le Fonds de développement des communications et des technologies de l’information et de la communication, devrait permettre d’informer les voyageurs, en temps réel et à travers des écrans installés dans les principales stations, des horaires actualisés, de proposer des itinéraires adaptés, de faciliter les correspondances et d’améliorer le suivi et l’organisation des parcs.
Ce projet se positionne, selon les premiers responsables du secteur, comme un premier pas pour une digitalisation beaucoup plus élargie. Un beau programme, surtout en cas de concrétisation.



