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Projet de budget 2027 : Les services destinés aux Tunisiens à l’étranger en débat

  • 6 novembre 2026
  • 5 min de lecture
Projet de budget 2027 : Les services destinés aux Tunisiens à l’étranger en débat
4 min de lecture

Les services diplomatiques et consulaires tunisiens ont facilité le rapatriement volontaire de près de 600 Tunisiens et leurs familles, suite au déclenchement de la guerre en Iran, a déclaré le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, à l’occasion d’un exposé sur le budget 2027 de son département, discuté jeudi en commission mixte regroupant des députés de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et leurs homologues du Conseil national des régions et des districts (Cnrd).

La Presse — L’audition était une occasion pour rappeler les principes constants régissant la diplomatie et les positions tunisiennes, soit de respecter la souveraineté des pays et de recourir aux solutions diplomatiques et pacifiques pour résoudre les conflits plutôt qu’à l’usage de la force. L’assistance aux Tunisiens résidant à l’étranger, en l’occurrence dans les régions secouées par des conflits, la simplification des procédures et la modernisation des services, sont également des segments sur lesquels le ministère des AE travaille et essaye d’avancer autant que possible et en fonction des moyens alloués par le budget qui s’élève en 2027 à 404 millions de dinars, contre 370 millions en 2026, soit 0,59% du budget de l’Etat.

Selon le ministre, mise à part l’importance de la dimension économique et sociale que représente la diaspora tunisienne, avec des transferts atteignant 7,5 milliards de dinars jusqu’au mois d’octobre passé, contre 8,7 milliards en 2025, le ministre a insisté sur l’aspect humain au sujet de l’assistance aux Tunisiens établis à l’étranger.

« Nous œuvrons à améliorer la qualité des services consulaires, à simplifier les procédures et à les rapprocher des citoyens, en tirant parti des solutions numériques et en développant un système consulaire électronique, afin de limiter les contraintes liées aux déplacements et aux longues attentes », a déclaré Nafti, annonçant le démarrage d’une phase pilote en coordination avec le ministère des Technologies de la communication, pour « intégrer le service de délivrance des passeports dans ce système, avec pour objectif une généralisation progressive à l’ensemble des postes consulaires au cours de l’année 2027. »

« Le ministère a également poursuivi ses efforts visant à améliorer la couverture géographique des services consulaires, notamment en ce qui concerne l’attribution et le renouvellement des passeports, par l’installation de nouvelles unités et le renforcement des équipements techniques au sein des missions diplomatiques et consulaires confrontées à une demande croissante. Dans ce cadre, de nouvelles unités d’impression de passeports ont été mises en place à Jakarta, à Pékin et à Montréal, tandis que l’installation d’unités supplémentaires est programmée dans plusieurs autres pays. »

Les députés évoquent des insuffisances

Lors des débats, les représentants du peuple et les élus des régions et des districts ont relevé de nombreuses difficultés auxquelles sont confrontés des Tunisiens établis à l’étranger qui sont parfois obligés de parcourir de longues distances pour une simple légalisation de signature ou juste pour accomplir une formalité administrative. Des députés ont également évoqué la cherté des billets, et les difficultés liées aux paiements en espèces. Certains pays n’acceptent plus ce mode de paiement, alors que les Tunisiens en voyage à l’étranger ne disposent pas de carte bancaire internationale. Une élue a exposé les difficultés dues à l’absence de passeport biométrique, alors que la loi avait été votée depuis 2023, suggérant de commencer progressivement, ne serait-ce que par les fonctionnaires de l’Etat en mission à l’étranger.

La facilitation de l’investissement, qu’il s’agisse de Tunisiens résidant à l’étranger et qui veulent investir en Tunisie ou d’étrangers qui veulent s’implanter sur notre territoire, a été également parmi les points évoqués par les intervenants. L’investissement dans les régions intérieures constitue un facteur de stabilisation offrant de meilleures perspectives aux jeunes, dont certains décident de prendre la mer pour fuir la pauvreté, selon un autre député.

La facilitation et l’accélération des procédures, la mise en place d’une plateforme numérique étaient parmi les suggestions exprimées pour encourager l’investissement.

Un député a attiré l’attention sur l’importance d’entretenir le sentiment d’appartenance à la mère patrie, surtout pour les descendants de Tunisiens nés à l’étranger, mais aussi pour favoriser le retour des compétences dont la Tunisie a besoin.

A ce sujet, le ministre a déjà évoqué lors de son exposé la négociation de conventions avec des pays partenaires pour accueillir des compétences tunisiennes, sans pour autant altérer les besoins en compétences pour atteindre les objectifs de développement. « L’action diplomatique n’est pas en rupture avec celle du gouvernement, concernant les objectifs nationaux », a déclaré le ministre. Dans ce contexte il a passé en revue les actions menées dans le cadre de la diplomatie économique, notamment en ce qui concerne l’exportation de l’huile d’olive et la promotion des investissements directs étrangers. Les actions relevant de la diplomatie culturelle ont été également évoquées à l’instar de la valorisation du patrimoine de Sidi Bou-Saïd ou encore du savant Ibn Khaldoun, fondateur de la sociologie.

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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