Réforme de l’éducation en Tunisie : Kaïs Saïed appelle à revoir le système éducatif
Le président de la République, Kaïs Saïed, a réaffirmé, vendredi 6 novembre 2026, la nécessité d’engager une réforme profonde du système éducatif tunisien, fondée sur l’égalité des chances, l’indépendance des choix nationaux et l’accès à l’enseignement pour tous les élèves, y compris dans les régions les plus reculées.
Lors d’une rencontre au palais de Carthage avec le ministre de l’Éducation et président du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, Noureddine Nouri, ainsi que le secrétaire général de cette institution, Mohamed Ali Boughdiri, le chef de l’État a souligné qu’il ne saurait y avoir d’avenir pour les générations futures sans un enseignement national, démocratique et accessible à tous les jeunes, sur l’ensemble du territoire.
Kaïs Saïed critique les anciennes réformes éducatives
Selon un communiqué de la présidence de la République, Kaïs Saïed a insisté sur le rôle central du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, une institution constitutionnelle appelée à contribuer à la modernisation du système éducatif et à la construction de la société tunisienne.
Le président de la République a également porté un regard critique sur les réformes éducatives entreprises au cours des dernières décennies, estimant qu’elles répondaient davantage à des orientations imposées de l’extérieur qu’aux aspirations du peuple tunisien.
Évoquant le slogan du « tarissement des sources », il a dénoncé ce qu’il considère comme un processus ayant conduit à « l’assassinat de la pensée ». Il a averti que ce phénomène persistait, notamment sous l’influence des réseaux sociaux, dont certains contenus pourraient, selon lui, favoriser une forme d’aliénation intellectuelle.
Vers de nouvelles méthodes pour réformer l’enseignement
Pour faire évoluer l’éducation en Tunisie, Kaïs Saïed a plaidé en faveur de nouvelles approches pédagogiques et d’une réflexion collective reposant sur la multiplication des rencontres et des échanges d’idées.
Il a appelé à éloigner le débat éducatif des calculs politiques et des considérations partisanes, critiquant au passage certains acteurs qui, selon ses propos, prétendent détenir le savoir sans disposer des compétences nécessaires.
Le chef de l’État a toutefois reconnu l’intérêt de s’inspirer d’expériences éducatives étrangères ayant fait leurs preuves, tout en soulignant que les solutions devaient avant tout être élaborées à partir des réalités tunisiennes et des propositions des citoyens.
Il a estimé que la Tunisie disposait des compétences nécessaires pour concevoir un modèle éducatif susceptible, à terme, de devenir une référence pour d’autres pays.
Transport scolaire et régions rurales : l’égalité des chances au cœur des priorités
La situation des élèves vivant dans les zones rurales et les régions éloignées a également occupé une place importante dans cette rencontre.
Kaïs Saïed a insisté sur la nécessité de renforcer leur accompagnement, de garantir un transport scolaire adapté et de mettre à leur disposition les moyens indispensables à la poursuite de leurs études.
L’objectif affiché est de réduire les disparités territoriales en matière d’accès à l’éducation et de permettre à chaque élève, indépendamment de son lieu de résidence ou de sa situation sociale, de bénéficier des mêmes possibilités d’apprentissage.
Le président de la République a conclu en rappelant que l’éducation constitue un droit fondamental qui doit être garanti à tous, sans discrimination et sur un pied d’égalité.



