Économie mondiale : Dynamiques et ruptures
L’année 2025 aura confirmé l’entrée dans une ère de « conflictualité économique » généralisée. Les tensions ne se limitent plus aux seuls échanges commerciaux : elles touchent désormais les domaines technologique, énergétique, et monétaire. Elle restera dans les mémoires comme une période de basculements profonds pour le monde des affaires.
Entre tensions géopolitiques, réajustements monétaires et accélérations technologiques, le paysage économique et financier a été totalement redessiné.
La Presse — Le premier événement majeur de l’année est la mesure radicale décidée par Donald Trump : celle de la majoration massive des droits de douane. Cette mesure représentait un changement de paradigme historique, une situation que l’économie mondiale n’avait pas connue depuis les années 1930. Le taux moyen « statutaire » des droits de douane aux Etats-Unis — calculé sur la base de la composition passée des importations — a été relevé d’environ 14 points de pourcentage depuis le début de l’année 2025, pour atteindre 18 %.
Cette moyenne recouvre néanmoins de fortes disparités : plus de 35 % sur les importations en provenance de Chine et d’Inde, un peu au-dessus de 10 % sur les grands pays de l’Union européenne, et moins de 5 % sur Singapour et l’Irlande. Au cours des six mois qui ont suivi le relèvement des droits de douane américains — mai-octobre 2025 comparé à la même période de 2024 —, le volume des exportations chinoises s’est contracté de plus d’un quart en direction des Etats-Unis, mais a augmenté de 14 % en direction des économies émergentes d’Asie et d’un peu plus de 10 % en direction de l’Union européenne.
Par ailleurs, l’année 2025 a marqué un tournant salutaire pour le financement des entreprises. Sous l’impulsion des banques centrales, et plus particulièrement de la Banque Centrale Européenne (BCE), les taux d’intérêt ont entamé une baisse significative.
L’IA : de l’innovation à l’intégration massive
Le troisième fait marquant de 2025 est l’ancrage définitif de l’Intelligence artificielle (IA) dans le tissu économique. Cette diffusion exponentielle est devenue une révolution structurelle qui impacte désormais l’ensemble des secteurs d’activité. L’IA n’est plus l’apanage des géants de la tech. Elle s’invite dans les PME et les TPE pour optimiser les processus de production, la gestion client ou encore l’analyse de données financières.
L’inflation stabilisée
En zone euro, le retour de l’inflation autour de l’objectif de 2 % s’est confirmé en 2025, et cela sans que la décrue de l’inflation ne s’obtienne au prix d’une récession, contrairement aux épisodes inflationnistes antérieurs. L’inflation se révèle toutefois plus persistante dans les autres grandes économies avancées, qui partagent le même objectif de 2 %. Aux Etats-Unis, la remontée du prix des biens résultant de la répercussion progressive des hausses de droits de douane s’oppose au mouvement de décélération des prix des services.
Au Japon, la faiblesse du taux de change du yen et la pénurie de la main-d’œuvre continuent d’exercer une pression haussière sur l’inflation.
Endettement public
En 2025, les ratios d’endettement public des grandes économies sont à peu près inchangés (Allemagne, Royaume-Uni, Etats-Unis) ou en hausse (France, Italie).
L’Allemagne — juste au-dessus de 60 % du PIB — et l’Italie — près de 140 % du PIB — se situent aux deux extrémités de la hiérarchie. Au milieu se trouvent le Royaume-Uni — un peu supérieur à 100 % — et les Etats-Unis et la France — tous deux entre 115 % et 120 %.
Outre l’alourdissement de leur charge d’intérêts, les pays européens ont fait face à l’augmentation de leurs dépenses de défense (ainsi que des dépenses d’infrastructure dans le cas de l’Allemagne dans le cadre de son plan de relance).
Le dollar trébuche, l’or au sommet
Le dollar a plongé de 12 % face à l’euro, victime des incertitudes liées à la politique de Donald Trump aux Etats-Unis. Il a aussi fait les frais de la volonté « de plus en plus de banques centrales de réduire leurs réserves en dollar, perçu comme un instrument de puissance américaine », relève Vincent Juvyns, stratégiste. La monnaie d’échange internationale est « devenue un actif risqué ». L’or, valeur refuge ultime, a profité de cette situation, atteignant un nouveau record à 4.383,76 dollars l’once en décembre et bondissant d’environ 60% depuis début 2025.
Croissance atone
Les projections mondiales des dernières Perspectives de l’économie mondiale (PEM) ont montré que la croissance mondiale devrait ralentir, de 3,3 % en 2024 à 3,2 % en 2025 et 3,1 % en 2026, et s’établir autour de 1,5 % dans les pays avancés, et juste au-dessus de 4 % dans les pays émergents et les pays en développement.
Ce ralentissement de la croissance mondiale, est dû à une forte augmentation des barrières commerciales et une incertitude politique accrue liée aux politiques économiques mondiales. La croissance pourrait être plus faible qu’anticipé en cas d’escalade des restrictions commerciales ou de persistance de l’incertitude liée aux politiques économiques mondiales.
