À l’approche des examens de fin d’année, le sociologue Mohamed Nakouâ a mis en garde contre le double poids de la pression psychologique, interne et externe. Entre attentes familiales démesurées et quête de valorisation sociale, cette pression pèse lourd sur les élèves ce qui menace aussi bien l’équilibre de la santé mentale que le rendement des candidats.
Mohamed Nakouâ, spécialiste en sociologie de l’éducation, a déclaré ce mardi 5 mai 2026 qu’à l’approche des examens et de la fin de l’année scolaire, les élèves des classes terminales spécifiquement mais aussi les élèves des autres niveaux sont soumis à deux sortes de pression psychologique. La première pression est interne et est liée aux propres attentes de l’élève, et la seconde pression est externe et est liée aux attentes du noyau familial et de l’environnement social. Ce phénomène, alerte-t-il, affecte directement la santé mentale et le rendement scolaire du sujet.
Dans une déclaration accordée à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP), M. Nakouâ a expliqué que l’élève s’expose à une pression interne en plaçant la barre de ses attentes au-delà de ses capacités réelles. Il peut également devenir la proie de comparaisons avec ses pairs, qu’ils soient du même âge, plus avancés ou de niveau inférieur, précisant que ce facteur externe peut s’avérer à double tranchant. Il a ajouté que l’élève peut soit assumer ses responsabilités, soit, au contraire, se complaire dans l’oisiveté durant l’année tout en nourrissant des espoirs de réussite disproportionnés sans fournir l’effort nécessaire.
Trop de précautions nuit
Le spécialiste estime que la pression externe réside principalement dans les attentes excessives de la famille. Cette pression se traduit souvent par une surcharge de cours particuliers visant des résultats immédiats, ce qui transforme l’apprentissage en un simple processus de mémorisation au détriment de la construction de la pensée. Et ce, tout en épuisant les ressources financières des parents. Dans certains cas, ajoute-t-il, et spécifiquement pour les élèves du baccalauréat, les parents cumulent même plusieurs enseignants pour une seule matière.
M. Nakoua a par ailleurs souligné que de nombreuses familles recherchent une « valorisation sociale » en privilégiant certaines professions au détriment d’autres. Ce déterminisme social conditionne fortement l’orientation scolaire, sans laisser à l’élève la marge de liberté nécessaire pour choisir sa filière en fonction de ses aptitudes et de ses propres aspirations.
En guise de conclusion, Mohamed Nakoua appelle les familles à instaurer une atmosphère positive, loin des comparaisons toxiques. Il recommande de soutenir l’enfant psychologiquement tout en favorisant des moments de détente pour évacuer les énergies négatives et en veillant à une hygiène de vie saine notamment une alimentation équilibrée, l’évitement des stimulants (caféine) et le respect des cycles de sommeil.
