Tunisie-UE : entre renforcement et rééquilibrage
Dans le cadre de la diversification de ses relations de coopération avec les différents pays frères et amis, la Tunisie veille à entretenir des partenariats positifs et fructueux dans le respect de sa souveraineté et de l’indépendance de ses décisions.
En effet, dans cet esprit, notre pays maintient ses relations privilégiées avec l’Union européenne qui demeure, malgré certaines difficultés dues à des contentieux du passé, ce qui vient d’être confirmé à l’occasion de la célébration, le 9 mai, de la Journée de l’Europe qui a permis de lever le voile sur les perspectives d’avenir entre les deux parties.
Il s’agit d’une occasion pour le ministre tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger de mettre en exergue l’importance de procéder à une révision dans le sens du rééquilibrage du partenariat tuniso-européen, dans le but de l’adapter aux profondes mutations économiques et géopolitiques enregistrées sur la scène régionale et internationale.
Plus encore, notre ministre va plus loin en estimant que l’Accord d’association, datant de plus de trente ans, ne répond plus, comme il se doit, ni aux mutations profondes de l’économie mondiale ni aux répercussions présentes et à venir des conflits en Europe et au Moyen-Orient.
Le ministre assure que le rééquilibrage de ce partenariat peut être possible grâce à un meilleur accès au marché européen, à une consolidation du renforcement des investissements à haute valeur ajoutée, au soutien à la transition énergétique et à la transformation digitale, ainsi qu’à une intégration accrue de la Tunisie au sein des chaînes de valeur internationales.
Il convient de mentionner que la Tunisie reste foncièrement attachée aux principes marquant son partenariat avec l’UE, qualifié d’historique, tout en appelant à des relations plus équitables et davantage respectueuses des priorités nationales et des choix souverains de chaque partie, sachant qu’il faut placer le capital humain réel de la Tunisie dans son véritable contexte, surtout qu’une bonne partie de citoyens tunisiens résidant dans les pays de l’Union européenne où ils contribuent à leur développement économique et scientifique.
Quant au dossier de la migration, la Tunisie demeure engagée dans une approche globale et équilibrée fondée sur la responsabilité partagée, la promotion des voies de migration légale et la lutte contre les réseaux de trafic de migrants.
Côté européen, le chef de la Délégation de l’UE en Tunisie, a mis l’accent sur la volonté de renforcer le partenariat avec la Tunisie, sachant que les projets financés par l’Union européenne dans notre pays ont atteint 1,35 milliard d’euros (l’équivalent de près 5 milliards de dinars).
La Tunisie et l’Union européenne sont ainsi en faveur de la poursuite de la coopération dans le sens, à la fois, du renforcement et du rééquilibrage, donc dans un esprit gagnant/gagnant.


