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Société

12 mai, fête de l’évacuation agricole : Des défis stratégiques, au-delà d’une célébration

  • 11 mai 2026
  • 4 min de lecture
12 mai, fête de l’évacuation agricole : Des défis stratégiques, au-delà d’une célébration

La Tunisie célèbre, ce 12 mai, le 62e anniversaire de l’évacuation agricole, une étape marquante dans la récupération de ses terres et la consolidation de sa souveraineté nationale. Mais au-delà de la dimension historique de cette date, les enjeux actuels portent désormais sur la sécurité alimentaire, l’autonomie semencière et l’adaptation d’un secteur agricole confronté aux effets du changement climatique et aux mutations des marchés internationaux.

La Presse — La Tunisie célèbre ce mardi 12 mai le 62e anniversaire de l’évacuation agricole, déclaré en 1964, avec la reprise de ses terres agricoles des colons français.

Cette indépendance foncière demeure pour autant confrontée au double défi de l’autosuffisance alimentaire réalisée dans certains secteurs, adossé lui-même à celui des semences, dominé à l’échelle internationale par des groupes influents et jusque-là incontournables.

Le défi stratégique des semences et de la recherche scientifique

À cela s’ajoute, évidemment, le défi climatique de plus en plus instable et, tout récemment, les perturbations et les incertitudes sur les marchés internationaux dues aux guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, non sans conséquences sur les prix, la sécurité de l’approvisionnement et la disponibilité des engrais.

Ce sont-là des éléments à caractère structurel qui, malgré les importantes précipitations hivernales permettant, cette année, de remplir les barrages à près de 70 % de leur capacité et de favoriser une récolte céréalière qui s’annonce relativement bonne, impliquent une attention plus rapprochée aux défis de la sécurité alimentaire et à l’indépendance totale de la production y compris le volet stratégique des semences.

À ce niveau précis, une réalisation majeure a été  récemment annoncée, consistant à « séquencer et à publier les génomes complets de deux variétés locales emblématiques de blé dur tunisien : Mahmoudi et Chili », une performance ouvrant « des perspectives concrètes intéressantes pour la sélection de nouvelles variétés de blé dur plus résistantes au changement climatique, au stress hydrique, aux maladies, tout en améliorant la qualité technologique de la semoule », selon l’expert Ridha Bergaoui, réagissant sur le site de l’Onagri.

« Dans un pays où le blé dur touche à la fois à l’alimentation, à l’économie rurale et à la stabilité sociale, cette avancée pourrait constituer une étape importante vers une plus grande sécurité alimentaire et une meilleure autonomie semencière », ajoute l’expert.

Un secteur encore sous-financé

Dans le domaine des grandes cultures, la Tunisie, bon an mal an, est, en effet, quasiment proche de l’autosuffisance, notamment en matière de blé dur. Toutefois, pour de nombreuses variétés, surtout légumineuses, la production locale dépend sérieusement des semences importées qui, quoique résistant à la volatilité du climat et présentant une productivité supérieure, ne sont pas reproductibles localement, d’où l’importance d’investir davantage dans la recherche scientifique pour trouver des solutions adaptées au climat et aux conditions de production locales. Ainsi, de nombreuses incitations ont permis d’augmenter les investissements agricoles d’une année à l’autre : 15,9 % en 2025 par rapport à 2024 et 37,6 % au premier trimestre 2026, par rapport à la même période de l’année dernière.

Toutefois, malgré cette performance, le secteur agricole demeure en troisième position, selon les données de la « Tunisian investment autority  » avec 18 % des investissements en Tunisie, derrière le secteur industriel et celui des services.

Le secteur emploie pourtant plus de 15 % de la main- d’œuvre active, contribue à hauteur de 13 % au PIB et représente 10 % des exportations.

De nombreux défis structurels demeurent toutefois non résolus, notamment l’absence de données statistiques exhaustives, en particulier dans le domaine de la production animale, la fragmentation des exploitations ainsi que la persistance de méthodes de production traditionnelles dans de nombreuses filières agricoles.

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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