Deux poétesses tunisiennes ont été récompensées lors de l’édition 2026 du Prix international de poésie Léopold Sédar Senghor, organisée le 9 mai à Milan. Hanen Marouani a remporté le premier prix dans la catégorie « Poésie inédite » grâce à son texte Ce qui nous reste de lumière, tandis qu’Imèn Moussa a obtenu le deuxième prix dans la catégorie « Environnement et migrations » pour son poème On aimerait y vivre.
La cérémonie de remise des prix s’est tenue à la Bibliothèque Sormani de Milan, sous l’égide de l’Ambassade de France en Italie et de l’Académie internationale Léopold Sédar Senghor. Diplomates, universitaires et acteurs du monde culturel y ont célébré la création poétique ainsi que les échanges littéraires entre les espaces méditerranéen, africain et européen.
Le jury a salué l’œuvre de Hanen Marouani pour sa force symbolique et son écriture traversée par plusieurs univers linguistiques. Son texte mêle le français à des expressions arabes dans une démarche littéraire explorant les identités plurielles, les migrations, les aspirations à la liberté et les fragilités du monde contemporain.
À travers Ce qui nous reste de lumière, l’autrice fait dialoguer francophonie, arabophonie et italophonie, plaçant la langue arabe au cœur d’une construction poétique pensée comme un espace de rencontre entre cultures et imaginaires.
La distinction obtenue par Imèn Moussa dans la catégorie « Environnement et migrations » confirme également la présence tunisienne parmi les voix marquantes de cette édition 2026.
La poésie d’Imèn Moussa se distingue par une écriture engagée, directe et profondément incarnée, où chaque vers refuse le silence et la complaisance. Dans On aimerait y vivre, récompensé par le Prix Léopold Sédar Senghor, la poétesse développe une écopoésie engagée qui dénonce avec lucidité les crises écologiques contemporaines et interroge la responsabilité collective des citoyens et des gouvernants face à la dégradation du monde vivant.
Sans détour, ses mots frappent par la force et la lucidité des images.
Docteures en langue et littérature françaises et francophones, Hanen Marouani et Imèn Moussa inscrivent leurs parcours dans une même exigence académique et littéraire. Toutes deux évoluent à la croisée de la recherche scientifique, de la création poétique et de la transmission du savoir et de la culture.
La cérémonie était présidée par Cheikh Tidiane Gaye, figure engagée du dialogue culturel au sein de l’espace africain et francophone à travers l’Académie internationale Léopold Sédar Senghor, fondée dans l’héritage du poète et ancien président sénégalais Léopold Sédar Senghor.
Cette consécration intervient quelques jours après une autre distinction attribuée à Hanen Marouani : le 1er mai 2026, l’Académie Claudine de Tencin, à Grenoble, lui a décerné le Prix international de poésie 2026 pour son recueil Tout ira bien…, publié aux éditions Le Lys Bleu.
S.M


