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Sport

Au bout du suspense…

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  • 13 mai 2026
  • 5 min de lecture
Au bout du suspense…

Dans un derby de la capitale au scénario complètement renversant, le CA a arraché un succès historique face à l’EST grâce à un but assassin de Gaïth Zaâlouni dans les ultimes secondes du temps additionnel. Portés par une discipline tactique remarquable, un mental d’acier et un réalisme implacable, les Clubistes mettent fin à onze années de disette.

La Presse — Un sprint époustouflant de Gaïth Zaâlouni dans les ultimes secondes du temps additionnel de la rencontre, suivi d’un but qui restera gravé de manière indélébile dans la mémoire des supporters clubistes.

Le Club Africain vient de remporter un derby de la capitale complètement fou, synonyme d’un titre de champion attendu depuis onze longues années de disette devant environ 27 mille supporters espérantistes. Le football est parfois cruel, mais il récompense souvent les équipes les plus disciplinées, les plus lucides et surtout celles qui savent saisir l’instant décisif.

Un scénario renversant qui n’a livré son verdict qu’au bout du temps additionnel, au moment où tout semblait pourtant sourire à l’Espérance Sportive de Tunis.

Portés par leur supériorité numérique après l’expulsion de Philippe Kinzumbi à la 102e minute, les joueurs « sang et or » s’étaient rués à l’attaque, multipliant les offensives dans l’espoir d’arracher le but salvateur. Mais cette pression désordonnée s’est finalement transformée en erreur tactique monumentale.

Profitant des espaces béants laissés derrière par la défense espérantiste, les joueurs du Club Africain ont lancé une contre-attaque fulgurante. Ils étaient trois contre un. À l’issue de cette transition éclair, le défenseur Gaïth Zaâlouni a décoché un tir puissant et parfaitement cadré qui n’a laissé aucune chance au jeune gardien Amanallah Memmiche. En une fraction de seconde, le rêve des supporters espérantistes s’est effondré, tandis qu’une minorité de supporters clubistes exultaient dans les tribunes du stade Hamadi-Agrebi de Radès.   

Ce derby restera comme l’un des plus spectaculaires, mais aussi des plus cruels de ces dernières années.

Plus de 27.000 supporters avaient fait le déplacement pour soutenir l’équipe de Bab Souika et rien ne laissait présager une telle issue. Mais le football est ainsi fait. Il consacre parfois les plus réalistes et punit les moindres erreurs de concentration. Et justement, tout s’est joué en quelques secondes de flottement et d’inattention de la défense espérantiste.

Le jeune gardien espérantiste ne pouvait pratiquement rien faire face à la frappe chirurgicale de Zaâlouni, devenu en quelques secondes le héros de tout un club. Ironie du sort, ce même joueur avait été, il n’y a pas si longtemps, sévèrement critiqué par une partie des supporters clubistes. Certains avaient même remis en cause son potentiel et sa capacité à s’imposer dans les grands rendez-vous. Mais le travail, la persévérance et le sérieux finissent souvent par payer.

Zaâlouni n’a jamais cédé à la pression, comme tant d’autres au sein du club de Bab Jedid, grâce au soutien de l’entraîneur Faouzi Benzarti. Il a continué à travailler dans l’ombre, progressant match après match, jusqu’à monter en puissance lors des dernières semaines décisives de la saison.

Sa fraîcheur physique dans le temps additionnel tout comme celle de plusieurs joueurs clubistes mettent également en lumière l’excellent travail effectué par le staff technique et les préparateurs physiques du Club Africain.

Malgré l’intensité du derby et l’infériorité numérique, les joueurs de Bab Jedid n’ont pratiquement jamais flanché dans le dernier quart d’heure. Au contraire, ils semblaient préparés mentalement et physiquement à gérer un scénario extrême.

Une victoire de la rigueur et du mental

En observant cette contre-attaque victorieuse, on perçoit clairement la patte tactique de Faouzi Benzarti. L’entraîneur clubiste semblait avoir préparé ses joueurs à exploiter la moindre faille adverse dans les moments décisifs. Très actif au bord du terrain, multipliant les consignes et les ajustements, Benzarti a, une nouvelle fois, démontré toute son expérience des grands rendez-vous. À l’inverse, l’Espérance a parfois donné l’impression de manquer de lucidité dans les dernières minutes, malgré la domination territoriale et l’avantage numérique.

La rage de vaincre était d’ailleurs beaucoup plus perceptible du côté clubiste. Plus disciplinés défensivement, mieux organisés au milieu du terrain, les joueurs du Club Africain ont particulièrement maîtrisé la seconde période. Leur bloc compact et leur solidarité ont considérablement gêné les offensives espérantistes. Certes, l’Espérance a eu la possession et a tenté de pousser, portée par un public entièrement acquis à sa cause, mais cette domination est longtemps restée stérile. Les occasions réellement dangereuses furent rares, tant la défense clubiste s’est montrée hermétique et rigoureuse.

L’Espérance Sportive de Tunis demeure néanmoins, en dépit de cette désillusion, une très grande équipe du continent africain, riche de son histoire, de son palmarès et de son expérience. Les « Sang et Or » ont simplement manqué ce grand rendez-vous, peut-être par excès de confiance dans les derniers instants ou par manque de lucidité. Car dans les grands derbys, tout se joue parfois sur un détail. Et cette fois, le football a choisi son camp au terme d’un scénario aussi cruel pour les Espérantistes qu’historique pour les Clubistes.

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Auteur

Samir DRIDI

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