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Palais de Carthage : Priorité aux examens nationaux et aux réformes de l’enseignement

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  • 13 mai 2026
  • 7 min de lecture
Palais de Carthage : Priorité aux examens nationaux et aux réformes de l’enseignement

La préparation des examens nationaux et la réforme de l’éducation par le biais du  Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement ont été au menu des discussions du Président de la République avec les ministres de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, ainsi que des Technologies de la communication.

La Presse — Dans le souci de garantir les meilleures conditions de réussite aux examens nationaux de cette fin d’année et d’assurer l’égalité des chances pour tous, sans distinction aucune, le Président de la République, Kaïs Saïed, a reçu, lundi au palais de Carthage, les ministres de l’Éducation, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, ainsi que des Technologies de la communication.

Cette rencontre a été consacrée aux réformes envisagées dans le secteur de l’éducation à travers le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, que le Chef de l’État considère comme un pilier essentiel du développement national et de la stabilité du pays. Ce conseil a été créé, rappelons-le selon le Décret-loi n° 2024-2 du 16 septembre 2024. Il est appelé à établir un cadre consultatif pour la coordination entre les différents systèmes éducatifs et joue un rôle primordial dans l’amélioration du système éducatif.

Conférer plus de crédibilité au système éducatif

A ce propos, Kaïs Saïed a donné ses instructions afin d’assurer une préparation optimale des examens à tous les niveaux. Il va sans dire que celle-ci passe inévitablement par le renforcement des dispositifs de lutte contre la fraude aux examens, ce qui explique notamment la présence du ministre des Technologies de la communication lors de cette réunion.

Ce phénomène continue, en effet, de susciter l’inquiétude des autorités de tutelle, qui alertent sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle et de prévention, tout en adaptant les moyens techniques et organisationnels aux nouvelles méthodes de fraude électronique.

D’ailleurs, un exemple récent illustre cette vigilance accrue des autorités. À la suite de rumeurs faisant état d’une possible fuite de l’épreuve d’informatique du baccalauréat blanc dans le gouvernorat de l’Ariana, le ministère de l’Éducation a décidé, il y a quelques jours, de remplacer le sujet initial la veille de l’examen afin de préserver l’égalité des chances entre les candidats.

Intervenant sur les ondes d’une radio privée, Zakaria Dassi, directeur général du Centre international de formation des formateurs et d’innovation pédagogique, a confirmé, lundi 11 mai, que les autorités avaient pris ces soupçons au sérieux dès les premières alertes, insistant sur la nécessité de garantir la transparence et la crédibilité du système éducatif, particulièrement à l’approche des examens nationaux.

Toujours dans ce même registre, le ministre de l’Intérieur, Khaled Nouri, avait annoncé en avril dernier, devant l’Assemblée des représentants du peuple, le démantèlement de plusieurs réseaux spécialisés dans la fraude au baccalauréat. Selon lui, ces réseaux utilisaient des moyens technologiques sophistiqués, notamment des stylos munis d’écouteurs et de dispositifs Bluetooth, pour faciliter la triche lors des examens. Cette opération s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les autorités pour lutter contre la fraude électronique et préserver l’intégrité des examens nationaux.

Pour rappel, le ministère de l’Éducation avait également annoncé, le 22 juin 2025, l’enregistrement de 647 cas de fraude et de comportements inappropriés lors de la session principale du baccalauréat. Ces cas se répartissaient entre 433 dans les établissements publics, 143 dans les établissements privés et 71 parmi les candidats libres. À titre de comparaison, et lors de la session principale du baccalauréat de 2024, 821 cas de fraude avaient été recensés selon les chiffres du ministère.

C’est dans ce contexte que le Chef de l’État a mis en avant la nécessité d’assurer une préparation rigoureuse des examens à tous les niveaux. Les tentatives de fraude ou de fuite des sujets sont, en effet, de nature à porter atteinte à la crédibilité du système éducatif et à alimenter les tensions, au regard de l’importance particulière qu’accordent les familles tunisiennes aux examens nationaux, notamment au baccalauréat.

L’éducation, un levier de cohésion sociale

Lors de cette rencontre, le Chef de l’Etat a également souligné que l’avenir du pays demeure étroitement tributaire de l’instauration d’un système éducatif national accessible à tous «sur un pied d’égalité», non seulement dans les textes, mais surtout dans leur application effective

À travers cette déclaration, il met l’accent sur la nécessité de garantir une véritable égalité des chances entre les différentes catégories sociales et entre les régions du pays, dans un contexte où les disparités en matière d’infrastructures éducatives, d’encadrement pédagogique et d’accès aux moyens technologiques pourraient alimenter les inégalités scolaires.

Cette approche traduit également la volonté de faire de l’éducation un levier de cohésion et de garantir le rôle de l’école comme ascenseur social, en considérant que la réforme du système éducatif ne peut se limiter à des dispositions législatives ou à des annonces de principe, mais doit se concrétiser par des mécanismes d’application efficaces et des politiques publiques capables de garantir les mêmes opportunités de réussite à tous les apprenants.

La sécurité nationale éducative

Lors de cette rencontre, le Chef de l’État a aussi souligné que la création du Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement, institution inscrite dans le texte de la Constitution, «ne relève pas du hasard», mais émane de la profonde conviction de l’importance stratégique que revêt ce secteur en tant qu’élément clé de la sécurité nationale. Et là, on passe au concept de la «sécurité nationale éducative» sur fond de lutte contre les divers crimes commis à l’intérieur ou à proximité des établissements éducatifs ou même à travers les plateformes numériques liées à la vie scolaire.

Il est bien utile de souligner à cet effet qu’une proposition de loi relative à la «sécurité nationale éducative» a été déposée à l’Assemblée des représentants du peuple au mois de février 2026. Le texte prévoit un durcissement significatif des sanctions pour plusieurs crimes commis en milieu scolaire, notamment le trafic de drogue et les agressions sexuelles visant des mineurs. La proposition considère l’établissement éducatif comme un espace bénéficiant d’une protection spécifique.
Le texte prévoit également la création d’une direction spécialisée au sein du ministère de l’Intérieur chargée du suivi des crimes liés aux établissements scolaires ainsi que la mise en place d’une stratégie nationale comprenant accompagnement psychologique et programmes de prévention.

A cet égard, le Chef de l’Etat a affirmé que les travaux se poursuivent sans relâche afin que le Conseil supérieur de l’éducation et de l’enseignement puisse entamer au plus vite ses activités et engager ainsi des réformes nécessaires à tous les niveaux du système éducatif, conformément aux attentes du peuple tunisien.

«L’ignorance n’est pas synonyme d’analphabétisme au sens communément admis. C’est plutôt l’expression d’un manque de la libre pensée, voire d’une aliénation intellectuelle», a-t-il encore conclu.
C’est que le véritable enjeu de l’éducation ne réside pas uniquement dans l’acquisition de connaissances, mais aussi dans la capacité des individus à réfléchir de manière autonome et à se prémunir contre toute forme de manipulation ou d’aliénation intellectuelle. 

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Auteur

Samir DRIDI

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