L’arrivée de l’été est toujours annonciatrice d’un certain nombre de dégâts que la nature, la chaleur extrême, l’imprudence imposent. En effet, nous avons eu droit à la première noyade. D’autres ont suivi. La cause ? L’imprudence de ceux qui n’ont pas encore compris que savoir flotter n’est pas savoir nager et se comporter dans l’eau.
C’est tout un autre genre de réactions que le danger impose à l’improviste, sans avertir ni tenir compte d’un certain nombre de contingences. Même des adultes se laissent piéger par un dénivellement de terrain, un tourbillon qu’il est toujours difficile de prévoir, une hydrocution qui pourrait intervenir au moment où on s’y attend le moins.
La Presse — Nabeul (restaurant) et Sfax (confiserie) ont été le théâtre de problèmes d’intoxication provoqués par de la nourriture achetée dans un établissement où les mesures de sécurité n’ont visiblement pas été prises. C’est ce que confirment les premiers éléments de l’enquête. Durant les mois chauds de juin à août (cela a commencé assez tôt cette année), les intoxications alimentaires sont principalement liées aux conditions climatiques extrêmes et à certains risques naturels ou sanitaires.
Nous avons signalé à maintes reprises la rupture de la chaîne du froid au niveau des moyens de livraison ou de rangement. Les services sanitaires, qui opèrent des descentes de contrôle, relèvent une absence totale de précautions, tant au niveau du rangement de la nourriture cuite qu’à celui des produits encore crus.
Ne parlons pas des mélanges que l’on imagine pour éviter de jeter de la nourriture préparée et que l’on transforme pour la servir sous des noms pompeux et ….à des prix inimaginables. La décoration, la présentation font le reste. La clientèle est heureuse de rentrer chez elle avec un repas que l’on se propose de consommer face à la TV, mais qui finit aux urgences.
Cela n’a rien de surprenant. Tout d’abord, le fait d’éviter de mélanger de la nourriture restante n’est en rien une exception. Les plus grands restaurateurs le font. Mais — et il y a un mais —, il faudrait savoir le faire et veiller à ce que le goût et la présentation n’aient rien de ragoûtant. C’est un art. Il obéit à des contraintes culinaires de base, confirmées par l’expérience et la nature des produits à mélanger.
On ne mélange jamais par exemple des produits cuits à d’autres qui sont crus, donc qui n’ont pas été cuits, qui sont dans leur état naturel tels que légumes, viande, poisson, etc.
Le rangement, qui suit l’étape du transport devant s’effectuer dans des véhicules spécialement aménagés, est une des plus grandes négligences. Presque personne ne respecte les consignes de préservation. Alors que par temps chaud, se munir d’une glacière pour aller faire son marché est nécessaire dans un pays comme le nôtre.
Ce rangement dans les métiers de bouche, s’effectue de manière marginale. Sur une table à l’air libre, dans un frigo que l’on ouvre fréquemment et dont la température ne répond nullement aux impératifs assurant une bonne conservation. Nous ne parlons pas des grandes unités hôtelières (où on relève de temps à autre des maladresses), mais des fast-foods qui pullulent surtout en été. Les familles sortent et mangent dehors, le rythme est, soutenu, les moyens matériels de bonne conservation, le respect de la chaîne du froid, etc., ne sont pas toujours respectés.
La consommation de produits laitiers mal conservés dans des vitrines réfrigérées dont l’électricité est coupée la nuit par mesure d’économie est un sport national, notamment au niveau des épiceries.
Même ces livreurs en vélomoteur ne possèdent pas un moyen sûr de livraison isotherme. Lorsqu’il fait 45 ou 50 degrés, ces caissons en plastique doublés d’isolant, n’isolent aucunement la nourriture déposée.
Les plats préparés à l’avance en général, le lait caillé « lben ou raeb » et les produits de pâtisserie non conservés au frais sont à consommer avec le maximum de précautions.
Il ne s’agit pas de multiplier les exigences, mais on se doit d’être prudents et…. méfiants. La chaleur fausse bien des idées préconçues.
Ces obligations sont régies par la réglementation en vigueur dans ce secteur. Il s’agit de les faire appliquer. Non pas par des mesures insignifiantes, mais par des sanctions de nature à faire rentrer dans les rangs, ceux qui mettent en danger la vie d’autrui. Un adulte peut résister à des douleurs abdominales, à la fièvre, survenant quelques heures après l’ingestion. Qu’en est-il d’un enfant ?
Autre fléau estival: le feu. Nous avons suivi avec attention les réunions et les dispositions prises pour préserver nos récoltes et nos forêts. Toutes les précautions du monde ne valent pas le recours au simple citoyen, que l’on doit prévenir et motiver pour veiller à son comportement et à celui de ses voisins, amis, enfants et proches. Prévenir l’enclenchement d’un feu tient à si peu. Une cigarette jetée par la portière d’un véhicule, une voiture au moteur mal entretenu qui crache des étincelles, un feu allumé proche des broussailles, sont des menaces pour bien des biens communautaires.
Les médias ont leur rôle à jouer pour assurer un qui vive permanent. Des spots à la télévision et au sein des différentes stations radios, sont nécessaires durant cette saison estivale. Ceux qui ont mis au point un plan d’action pour prévenir ces fléaux estivaux devraient y penser. L’image et le message direct sensibilisent et établissent les bonnes traditions.



