Cinéma : Deux courts à Cannes
Deux films courts tunisiens « Somewhere I Belong » de Youssef Handouse, visible dans la section Ciné, cinéma de demain et « Sous l’eau » de Hamdi Jouini, retenu au Short film Corner, le marché du film, brillent différemment. Entre sensibilité à l’environnement, quête identitaire et visions filmiques émergeantes, les deux réalisateurs montants font résonner leurs créations.
La Presse — Chacun dans une section parallèle différente certes, mais porteur de visions inédites, les deux voix ambitionnent d’ancrer leur film dans des réalités contemporaines, ouvertes sur le monde.
Présenté au Short Film Corner du Marché du Film du festival de Cannes, « Sous l’eau » s’impose comme un drame social de 30 minutes qui interroge avec lucidité les conséquences d’une crise climatique. Le film suit Tarek, père d’une fillette atteinte d’une maladie chronique provoquée par la pollution de l’air.
Dans l’espoir d’offrir un avenir plus sain à sa famille, il décide de quitter la ville pour s’installer sur une terre côtière. Mais cette tentative de reconstruction se confond rapidement avec désillusions et douleurs.
À travers cet aspect intime, le réalisateur aborde des problématiques majeures : justice climatique, inégalités environnementales et incapacité des institutions à lutter contre bouleversements environnementaux actuels. Le film met l’humain au centre des préoccupations et donne vie à des réalités trop souvent perdues dans le théorique, les chiffres, dénuées de toute action concrète.
Le casting réunit Badis Galaoui, Mariem Ben Hssan, Kmar Jouini, Jamel Madani et Abdelmoneem Chwayet. Hamdi Jouini signe à la fois la réalisation et le scénario, entouré de Tarak Lazhari à la direction de production, Mouheb Bouden à la photographie, Amal Rouissi au montage et Karim Thlibi à la musique originale.
Cette sélection au Short Film Corner offre au film et à son équipe une belle visibilité auprès des professionnels du milieu à l’échelle internationale. Cet espace parallèle du Festival de Cannes est devenu, au fil des années, un véritable carrefour international où se rencontrent producteurs, distributeurs et jeunes cinéastes venus du monde entier.
Autre présence tunisienne remarquée cette année : « Somewhere I Belong » de Youssef Handouse, retenu dans la prestigieuse section de La Cinef, dédiée aux films d’écoles et aux écritures cinématographiques émergeantes.
Entouré d’une équipe jeune et engagée, Youssef Handouse a dirigé un casting composé de Nizar Ben Belgacem, Mounir Mabrouk, Abdellatif Boualleg et Elyes Ghazouani.
La présence à La Cinef de ce film valorise l’école de l’Isamm tunisienne. Cette réalisation témoigne d’un regard cinématographique nouveau et d’une volonté d’explorer de nouvelles formes narratives, appartenant à une jeune génération avide de créations.
Le film de 21 minutes explore les thèmes de l’identité, de la mémoire et du déracinement. Son synopsis officiel cite le retour d’un homme confronté à une vérité douloureuse : le foyer qu’il croyait retrouver n’existe plus vraiment, et son sentiment d’appartenance ne peut plus être défini ni par le sang ni par les souvenirs.
Il doit alors choisir entre renouer avec un passé idéalisé ou accepter définitivement sa perte. Sur plus de 2 700 films soumis par des écoles de cinéma du monde entier, seuls 19 ont été retenus dont « Somewhere I Belong ».
Entre engagement social, préoccupations environnementales et affirmation de nouvelles sensibilités artistiques, ces jeunes réalisateurs démontrent que le court métrage demeure un espace de liberté et d’expérimentation essentiel pour raconter le monde d’aujourd’hui.






