Le Palais des Expositions du Kram a vibré, ce samedi, au rythme de la reconnaissance littéraire lors de la cérémonie de remise des prix de la 40ème édition de la Foire internationale du livre de Tunis. Placée sous la présidence de la ministre des Affaires culturelles, Amina Srarfi, cette rencontre a célébré l’excellence de la plume tunisienne et la vitalité de son industrie éditoriale.
Dans son allocution d’ouverture, la ministre a souligné la dimension stratégique de cet événement, le décrivant comme un espace vital dédié à la célébration du livre et de ses artisans. Elle a rappelé que cette foire constitue un pont essentiel entre l’auteur et son public, tout en consolidant le rôle de la Tunisie comme foyer de rayonnement intellectuel. La ministre a également mis en avant la sollicitude particulière du Président de la République, Kaïs Saïed, envers le secteur culturel, réaffirmant que la culture demeure le socle indispensable à l’éveil des consciences et à l’édification de l’humain.
Le moment tant attendu de la révélation du palmarès a mis en lumière des œuvres marquantes publiées entre 2025 et 2026. Le prestigieux prix Béchir Khraïef de la création romanesque a été décerné à Amina Zreig pour son ouvrage intitulé « Sous le pont d’Amsterdam », tandis que Hafidha Kara Bibane a remporté le prix Ali Douagi de la nouvelle avec son recueil « Moi, la tueuse et nos ombres ».
Le domaine des études humaines et littéraires a vu le prix Tahar Haddad attribué ex-aequo à Adel Kheder pour son essai « Dans l’amour et la gu(e)rre » et à Mohamed Haddad pour son analyse sur la « Sécularisation de la réforme religieuse ». La poésie a également été honorée par le prix Mustapha Khraïef, revenu à Mohamed Nasser Mouelhi pour son recueil « Pas de maison pour la fenêtre du petit-fils ». Dans le registre de la traduction, c’est Ahmed Hizem qui s’est distingué avec « D’une oasis à l’autre » sous l’égide du prix Sadok Mazigh.
L’édition jeunesse et le dynamisme éditorial n’ont pas été en reste. Le prix Abdelkader Ben Cheikh a récompensé les éditions « Nahnou » pour le travail de Zeineb Ben Othman, tandis que le prix Noureddine Ben Khedher du meilleur éditeur tunisien a été attribué à la maison « Pop Libris », dirigée par Sami Mokaddem. Seule ombre au tableau, le prix Fatma Haddad pour les écrits philosophiques a dû être déclaré vacant, faute d’une concurrence suffisante.
La cérémonie s’est achevée sur une note solennelle avec une série d’hommages rendus aux grands bâtisseurs de la pensée tunisienne. Des figures illustres telles que l’historien Mohamed Hassine Fantar, le musicologue Mahmoud Guettat, l’homme de théâtre Ezzeddine Madani ou encore le poète Moncef Mezghanni ont été saluées pour leur contribution inestimable au patrimoine national, marquant ainsi cette 40ème édition du sceau de la transmission et de la gratitude.


