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Cancer : un médicament expérimental pourrait changer la donne

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  • 4 mai 2026
  • 3 min de lecture
Cancer : un médicament expérimental pourrait changer la donne

Un médicament expérimental, le Setidegrasib, a montré des résultats prometteurs dans le traitement de certains cancers avancés, selon une étude clinique récente menée sur des patients.
Publiée dans la revue médicale The New England Journal of Medicine, cette recherche internationale met en évidence la capacité du traitement à ralentir la progression tumorale et à réduire la taille des tumeurs chez une partie des patients.
L’étude s’est concentrée sur des cas avancés de cancer du poumon et de cancer du pancréas, deux pathologies particulièrement difficiles à traiter, notamment en l’absence d’options thérapeutiques efficaces à un stade avancé.
Le médicament cible une mutation génétique spécifique, KRAS G12D, connue pour jouer un rôle clé dans le développement et la survie des cellules cancéreuses. Cette mutation concerne environ 40 % des cancers du pancréas et près de 5 % des cancers du poumon non à petites cellules, mais elle est restée longtemps difficile à cibler.
Contrairement aux approches classiques qui consistent à bloquer les protéines responsables du cancer, le setidegrasib agit en les détruisant directement au sein des cellules tumorales, une stratégie qui pourrait améliorer son efficacité.
La première phase des essais cliniques a impliqué 203 patients répartis dans 28 centres à travers cinq pays, tous ayant déjà reçu des traitements sans résultats satisfaisants. Les chercheurs ont identifié une dose optimale de 600 mg administrée par voie intraveineuse une fois par semaine.
Les résultats montrent que 36 % des patients atteints de cancer du poumon ayant reçu cette dose ont observé une réduction de la taille de leurs tumeurs, avec une durée moyenne de réponse de 8,3 mois. Chez les patients atteints de cancer du pancréas, 24 % ont présenté une amélioration, avec une survie moyenne de 10,3 mois pour ceux déjà lourdement traités.
Les analyses biologiques ont également confirmé une diminution des niveaux de la protéine ciblée dans les tumeurs ainsi qu’une baisse des marqueurs tumoraux dans le sang.

Effets secondaires maîtrisés

Le traitement a été globalement bien toléré. Les effets secondaires observés, tels que des éruptions cutanées, des démangeaisons et des nausées, étaient le plus souvent légers à modérés et contrôlables médicalement.
Pour Jonathan Goldman, l’un des principaux auteurs de l’étude, ces résultats, bien que préliminaires, sont significatifs : « Nous travaillons sur des cancers pour lesquels les options thérapeutiques ciblées étaient jusqu’ici limitées ».
Il estime que si ces résultats se confirment, ils pourraient ouvrir la voie à une nouvelle approche thérapeutique visant non plus seulement à bloquer les protéines cancérigènes, mais à les éliminer complètement.
Des essais complémentaires sont en cours afin de comparer ce traitement aux thérapies existantes et d’élargir cette stratégie à d’autres types de cancer.

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Auteur

La Presse

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