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Tunisie : l’inflation progresse plus vite que les salaires, alerte d’économistes

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  • 4 mai 2026
  • 3 min de lecture
Tunisie : l’inflation progresse plus vite que les salaires, alerte d’économistes

Des décrets gouvernementaux relatifs à la revalorisation des salaires dans la fonction publique et le secteur public ont été publiés jeudi dernier au Journal officiel de la République tunisienne. Ces mesures concernent les années 2026, 2027 et 2028 et touchent les agents de l’État, les collectivités locales, les établissements publics, ainsi que les agents des entreprises publiques, les magistrats et les institutions régies par des conventions collectives. Elles s’inscrivent dans le cadre de l’application de la loi de finances 2026.
Selon les textes officiels, les augmentations mensuelles ont été fixées en fonction des catégories professionnelles. Une hausse de 120 dinars est prévue pour les catégories A1 et A2 à compter du 1er janvier 2026. Les augmentations varient entre 100 et 105 dinars pour la catégorie A3 et la catégorie B, tandis qu’elles s’élèvent à environ 90 dinars pour les autres catégories. Certaines revalorisations seront appliquées de manière progressive sur les années 2027 et 2028.

Des hausses jugées insuffisantes face à l’inflation

Ces revalorisations interviennent dans un contexte marqué par une inflation persistante et une hausse continue des prix. Invité lundi 4 avril 2026 sur les ondes d’Express, l’économiste Ridha Chkandali a estimé que ces augmentations restent limitées au regard de la progression rapide du coût de la vie, notamment pour les produits de première nécessité.
Selon lui, le rythme de l’inflation dépasse celui de la progression des salaires, ce qui entraîne une érosion progressive du pouvoir d’achat et une détérioration du niveau de vie de plusieurs ménages.
Il a également rappelé que l’inflation est un phénomène cumulatif. Les chiffres publiés par l’Institut national de la statistique (INS) correspondent à des variations annuelles des prix et ne traduisent pas une baisse des prix, mais seulement un ralentissement de leur hausse.
L’économiste a cité les projections du Fonds monétaire international (FMI), selon lesquelles le taux d’inflation en Tunisie pourrait atteindre 7 % en 2026 si les tensions géopolitiques au Moyen-Orient s’apaisent à mi-année. Ce taux pourrait grimper à 8 % en cas de prolongation des tensions, voire atteindre 10 % si la situation s’aggrave, notamment en cas d’atteintes aux infrastructures pétrolières.

Une érosion continue du pouvoir d’achat

Ridha Chkandali a par ailleurs souligné que les prix ont augmenté d’environ 95 % en Tunisie depuis 2015, soit une moyenne annuelle de 8,6 %. Il a illustré cette évolution par la dégradation du pouvoir d’achat du salaire minimum, qui permettait d’acheter 31 kg de viande rouge en 1985, 20 kg en 2005, 19 kg en 2015, et seulement environ 8 kg en 2025.
Selon lui, l’absence d’un mécanisme d’indexation des salaires sur l’inflation a contribué à l’érosion du pouvoir d’achat et au recul de la classe moyenne.
Il a enfin estimé que le renforcement du rôle social de l’État passe par l’amélioration de la qualité des services publics, afin de soutenir durablement le pouvoir d’achat des citoyens.

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Auteur

La Presse

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