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Economie

Des faits et des chiffres

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  • 29 mai 2026
  • 6 min de lecture
Des faits et des chiffres

45,1 %

Le secteur tunisien des assurances a entamé l’année 2026 sur une note positive, porté principalement par la forte progression de l’assurance-vie. Les données publiées à la fin du premier trimestre montrent une accélération remarquable des indemnisations dans cette branche, avec une hausse de 45,1 % par rapport à la même période de 2025. Les montants versés aux assurés ont ainsi atteint 172,3 millions de dinars, illustrant le développement rapide de cette activité au sein du marché.

Cette tendance confirme l’importance croissante de l’assurance-vie dans le paysage assurantiel tunisien. La branche a également enregistré une augmentation significative de ses primes, permettant de renforcer davantage sa présence dans le secteur. Cette évolution traduit un intérêt plus marqué des particuliers pour les solutions liées à l’épargne, à la protection financière et à la préparation à long terme.

De manière générale, l’activité des compagnies d’assurance a continué de progresser durant les trois premiers mois de l’année. Le volume global des primes collectées a dépassé 1,4 milliard de dinars, affichant une croissance supérieure à 10 % en rythme annuel. En parallèle, les indemnisations versées aux assurés ont connu une hausse importante, dépassant 585 millions de dinars.

Malgré la progression rapide de l’assurance-vie, les activités non-vie conservent la plus grande part du marché tunisien. L’assurance automobile demeure le principal moteur du secteur en termes de souscriptions, tandis que l’assurance maladie poursuit également son expansion avec une hausse soutenue des primes et des remboursements.

D’autres branches, notamment l’assurance incendie, le transport et l’assurance agricole, ont également enregistré des évolutions positives au cours du trimestre, témoignant d’une amélioration globale des performances du marché.

L’ensemble de ces indicateurs confirme ainsi la résilience du secteur des assurances en Tunisie et sa capacité à maintenir une dynamique de croissance, dans un contexte marqué par une diversification progressive des activités et une montée en puissance de l’assurance-vie.

90 %

Le climat mondial de l’investissement connaît actuellement de profondes mutations, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques et les recompositions économiques internationales. Selon le consultant en investissement et développement de projets, Khalil Oubeidi, une part importante des intentions d’investissement étranger annoncées ne se concrétise jamais sur le terrain. Près d’un projet sur deux serait finalement abandonné ou redirigé vers d’autres marchés jugés plus attractifs.

Intervenant sur les ondes d’une radio privée, le spécialiste a expliqué que plusieurs facteurs expliquent ce phénomène, notamment l’apparition d’obstacles administratifs, les changements de stratégie des investisseurs ou encore la concurrence accrue entre pays pour attirer les capitaux internationaux.

Dans ce contexte mondial en mutation, certaines régions parviennent toutefois à renforcer leur attractivité. Les pays du Golfe, l’Afrique du Nord, plusieurs économies asiatiques ainsi que les États-Unis figurent aujourd’hui parmi les destinations qui attirent le plus les investisseurs étrangers, profitant des nouveaux équilibres économiques internationaux.

Concernant la Tunisie, Khalil Oubeidi estime que les chiffres des investissements autorisés cachent une réalité plus nuancée. Bien que leur volume atteigne 8,3 milliards de dinars, la majorité de ces montants provient d’entreprises déjà présentes dans le pays qui choisissent d’étendre leurs activités. Selon lui, environ 90 % des investissements enregistrés relèvent de projets d’expansion plutôt que de nouvelles implantations.

Cette situation limite, d’après le consultant, la capacité de l’économie tunisienne à générer de nouveaux emplois et à attirer des activités innovantes capables de créer une dynamique économique plus large. Il considère ainsi qu’un équilibre plus favorable serait d’atteindre une répartition de 60 % d’investissements d’expansion contre 40 % de nouveaux projets.

Pour améliorer l’attractivité du pays, Khalil Oubeidi souligne plusieurs défis à relever. Il évoque notamment la perception négative de la Tunisie à l’international, un discours institutionnel qui peine à rassurer les investisseurs étrangers ainsi qu’un déficit de communication autour des opportunités économiques offertes par le pays.

Selon lui, une meilleure valorisation des atouts de la Tunisie, accompagnée d’un environnement plus lisible et plus stable pour les investisseurs, pourrait contribuer à transformer davantage d’intentions d’investissement en projets réels et durables.

65 %

Le secteur énergétique tunisien continue de faire face à un déséquilibre structurel marqué, caractérisé par une dépendance élevée aux importations pour couvrir la demande nationale. En 2025, le déficit énergétique est estimé à environ 6,3 millions de tonnes équivalent pétrole, soit près de 65 % des besoins du pays, traduisant l’écart important entre ressources disponibles et consommation.

Cette situation s’explique par la baisse continue des ressources énergétiques locales, passées de 8,3 Mtep en 2010 à environ 3,4 Mtep en 2025, alors que la consommation reste soutenue à près de 9,7 Mtep. Ce déséquilibre structurel pèse lourdement sur la balance énergétique nationale, qui enregistre un déficit dépassant les 11 milliards de dinars.

Dans ce contexte, les énergies renouvelables progressent mais demeurent encore marginales dans le mix électrique. Leur part globale est passée de 4,4 % en 2024 à 4,03 % en 2025. Cette légère baisse est liée notamment au recul de l’énergie solaire, dont la contribution s’établit à 2,52 %, ainsi qu’à celle de l’éolien, qui recule à 1,5 %. L’hydroélectricité reste très limitée avec seulement 0,04 % de la production.

Malgré ce recul conjoncturel, les capacités installées dans les énergies renouvelables ont été multipliées par plus de deux et demie sur la dernière décennie. Le solaire domine largement cette dynamique avec une puissance atteignant 895 mégawatts, tandis que l’éolien stagne autour de 245 mégawatts depuis 2018.

Pour réduire sa dépendance au gaz naturel, la Tunisie mise sur le développement de projets solaires, notamment via des accords de concession. Plusieurs projets photovoltaïques ont d’ailleurs été approuvés récemment dans différents gouvernorats, illustrant la volonté de renforcer la transition énergétique.

Enfin, la pression financière reste importante, avec des subventions énergétiques dépassant les 7 milliards de dinars, ce qui accentue le poids du secteur sur les finances publiques.

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Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

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